Politique

La CIME sensibilise les femmes des confessions religieuses

La Maison des élections a abrité, mardi 21 février 2017, un atelier d’appropriation de la mission de la Commission d’intégrité et médiation électorales -CIME- et de sensibilisation aux opérations d’identification et d’enrôlement des électeurs à l’intention de 50 membres des Confessions religieuses. Cette activité a spécialement donné plus d’importance aux femmes. Il y en a eu 25. Au milieu de l’assistance, l’on distinguait facilement les femmes musulmanes par leurs tenues orientales, particulièrement le port du voile, et les femmes kimbanguistes par leurs habits verts et blancs.
Quatre thèmes ont été développés dans cet atelier: le cycle électoral et le chronogramme des élections issu des Accords politiques du 18 octobre et du 31 décembre 2016; les enjeux des opérations de l’identification et de l’enrôlement des électeurs; la notion du conflit et les techniques de sa prévention, de sa gestion et de sa résolution; et la vision, les missions et les objectifs de la CIME. Le premier thème a été développé par le rapporteur-adjoint de la CENI, profession Onésime Kukatula.
«Le problème de chronogramme des élections est sensible et il est malaisé de prétendre avoir un chronogramme étant donné qu’il s’agit d’un débat purement politique. La CIME est indiquée à aller participer à la médiation pour qu’on arrive à un consensus», a-t-il souligné d’entrée de jeu. Tout au long de son exposé, on aurait dit que Kukatula s’est attelé à suggérer à la CIME des pistes d’intervention. Tenez. «Parmi les 8 phases du processus électoral, il y a celles qui sont transversales parce qu’il y a des textes légaux qui sont encore en attente de vote alors qu’il y a déroulement normal d’autres phases. La CIME doit demander qu’on aille vite avec l’enrôlement et qu’on arrive à voter la loi sur la répartition des sièges. Elle doit interagir avec la CENI, le gouvernement, le Président de la République, le Parlement, etc.», a-t-il indiqué.
Puis: «la 2ème phase concerne la planification d’abord du budget: voir si le budget est alloué à la CENI et si le décaissement est respecté par le gouvernement. Ensuite, il y a le chronogramme: il est assujetti aux deux accords, notamment celui du 18 octobre et celui du 31 décembre 2016. La CIME doit insister qu’il y ait un chronogramme permettant d’aller aux élections. Et enfin, la 3ème phase concerne l’enrôlement. Les agents électoraux sont des formateurs nationaux et internationaux et tous ceux qui sont commis aux élections. Il y a de la matière sur la médiation des différents conflits tribaux ou ethniques et la sécurisation des électeurs».
Se partager seulement 500 sièges entre provinces
Pour le rapporteur adjoint de la CENI, la phase d’enrôlement des électeurs pose problème, car il s’agit de se partager seulement 500 sièges entre provinces. La province qui n’aura pas suffisamment d’enrôlé manquera des sièges suffisants. Concernant les enjeux et perspectives, l’orateur a rappelé quelques différents sujets ayant convaincu les acteurs politiques à accepter l’idée d’une révision complète du fichier électoral. Il s’agit entre autres, des tensions sur le fichier électoral de 2011, des débats autour de l’enrôlement de nouveaux majeurs et de la diaspora, du passage de 11 à 26 provinces, de l’audit de l’OIF, du choix ou mode de révision du fichier partielle ou totale. Il a également relevé que ce fichier devra répondre au souci de la transparence. «D’où le rôle important que la CIME doit jouer», a-t-il martelé.
Défis des élections
A en croire son exposé, les plus grands enjeux sont ceux d’intégrer les nouveaux majeurs, les RD-Congolais de l’étranger et de réduire le nombre des doublons. Cela devra se faire dans un climat sociopolitique tendu, pendant qu’il y a une tension autour de la tentative de modification de la loi électorale, tension autour du mandat du Chef de l’Etat, méfiance et suspicion envers le pouvoir organisateur des élections, changement d’une partie de l’Organisme de gestion des élections à mi-parcours, et rejet du recensement administratif -ONIP. Or, dans tous les pays, le fichier électoral constitue 30 à 40% du coût total des élections. Ici, le rapporteur adjoint de la CENI a relevé quelques défis qui s’imposent: celui d’organiser l’ensemble des onze scrutins prévus, de s’en tenir à la séquence et à l’option levée par l’accord politique, de l’acquisition du matériel électoral, du déploiement de ceux-ci et du personnel sur l’ensemble du territoire, du financement des élections, de la formation du personnel, du recrutement d’un personnel compétent, de l’amélioration du fichier électoral en respectant les principes de légalité, pérennité, équité, précision, respect des délais constitutionnels, d’organiser les élections vues comme une fête et non comme un drame, etc.
Notion du conflit électoral
Dans l’après-midi, le secrétaire général de la Communauté islamique au Congo, Idryss Kantenga est revenu sur la notion de conflit. Il a défini les conflits, donné leurs typologies, cité leurs différentes sources et leur nature, avant de s’appesantir sur le comportement face aux conflits, les acteurs et agents du conflit électoral, la prévention, gestion et résolution des conflits,… le rôle du médiateur dans la résolution des conflits et le schéma de négociation. Cet exposé a été clôturé par un débat. Et finalement, le Révérend président de la CIME, Delphin Elebe Kapalay s’est appesantit sur la vision, mission et objectifs de la CIME.
Hugo Robert MABIALA

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