Politique

Les chefs des Confessions religieuses rendent hommage à la lutte d’Etienne Tshisekedi

Des mots qui se passent de tout commentaire: «Les chefs des Confessions religieuses reconnaissent sincèrement que la lutte pour la démocratie et l’Etat de droit menée par Etienne Tshisekedi Wa Mulumba, président national de l’Union pour la démocratie et le progrès social -UDPS-, président du Conseil des sages du Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement, est une lutte noble…».
On est en pleine matinée du samedi 18 février 2017. Sur leurs têtes, le ciel est ombrageux. Les chefs des Confessions religieuses -les 7 restées actives dans la plateforme- se rejoignent, un à un, au siège de la présidence de l’Eglise du Christ au Congo -ECC- sur l’avenue Justice, dans la commune de la Gombe, à près de 50 mètres de Roméo golf, avant d’aller signer le livre des condoléances en mémoire du Lider Maximo. Avant de mettre leur cortège en branle, les chefs -ou leurs représentants- s’accordent d’abord sur le contenu du message de condoléances à coucher. Une fois la chose est faite, la délégation, conduite par le Révérend Delphin Elebe Kapalay, représentant légal premier suppléant de l’Eglise Kimbanguiste et le président de la Commission d’intégrité et médiation électorales -CIME-, se rend directement à la 11ème rue Limete, à la permanence de l’Union pour la démocratie et le progrès social -UDPS. Là, sur le petit boulevard jouxtant le boulevard Lumumba, en dessous d’un petit manguier, quelques dizaines de combattants du parti surveillent de près les allers et venus des visiteurs qui viennent partager ce moment de douleur avec l’UDPS. Tension dans l’air!
UDPS, un parti laïc
A côté de deux hommes vendant l’un des portraits de Tshisekedi, et l’autre sa biographie imprimée sur des feuillets, le protocole habillé en gilet vert fluorescent indique le chemin aux chefs des Confessions religieuses avant que des hôtesses en jupes noires, chemise blanche et nœuds rouges leur montrent où s’asseoir dans la tribune d’honneur établie sous une chapelle tout en face d’un podium en structure métallique érigé pour la circonstance et inondé des banderoles dont celui du parti de François Muamba, ADR. L’organisation est relativement bonne. Très rapidement, le protocole identifie ces saints hôtes et les programme pour la signature du livre des condoléances. La file n’est pas encore très longue. Avant les religieux, il y a une association des Rasta et quelques structures interfédérales de l’UDPS. Sur le podium, le maitre de cérémonie rappelle que l’UDPS est un parti laïc. «Etienne Tshisekedi écoutait tous les hommes de Dieu, que ce soit les Catholiques, Protestants, Salutistes, Musulmans, Orthodoxes, les Eglises du réveil,…», martèle-t-il. Ce dernier annonce l’arrivée prochaine du secrétaire national de l’UDPS, Jean-Marc Kabund. Mais celui-ci n’arrivera pas avant le départ des bonzes.
Une lutte noble
Une trentaine de minutes s’écoulent. Finalement, les religieux sont invités à se prêter à l’exercice de la signature du livre des condoléances. Ils sont conduits à l’intérieur de la vieille bâtisse, où est aménagée une sorte de sanctuaire à la mémoire du chef de la fille ainée de l’Opposition politique. La salle est pleine des bougies délicatement alignées. Suivant le corridor monté, Elebe marche sur le tapis rouge qui donne sur le bureau où est posé le livre. Il se met derrière celui-ci et écrit ce message conjoint: «Les chefs des Confessions religieuses reconnaissent sincèrement que la lutte pour la démocratie et l’Etat de droit menée par Etienne Tshisekedi Wa Mulumba, président national de l’Union pour la démocratie et le progrès social -UDPS-, président du Conseil des sages du Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement, est une lutte noble. Pour cette raison, les chefs des Confessions religieuses saluent la mémoire de cet illustre disparu, qui vient de nous quitter à l’âge de 84 ans et présentent leurs condoléances les plus attristées à sa famille biologique, à son parti l’UDPS ainsi qu’au Rassemblement». Il le signe. Puis, il est invité à s’incliner devant la photo du Sphinx placée à côté d’un Tshipoyi -Fauteuil traditionnel réservé aux chefs dans le Kasaï- et d’un masque Luba. Le président de la CIME s’y soumet. Ses collègues font également pareil. Ils signent tous le livre et s’inclinent avant de prendre la porte de sortie. Ici, les journalistes les attendent. Répondant à une question, le Révérend Elebe rappelle que c’est un moment de tristesse. Mais, insiste Elebe, il faut savoir que le plus important est que Tshisekedi a mené son combat et qu’il revient à ceux qui restent de poursuivre dans la non violence cette lutte pour la démocratie. «C’est la seule façon d’honorer sa mémoire», souligne-t-il. Le président de la CIME appelle aussi les combattants à la paix, la dignité et surtout à la cohésion nationale. Interview terminée, le protocole raccompagne calmement les chefs des Confessions à leurs jeeps. Ces derniers repartent de Limete en achetant des portraits et des exemplaires de la biographie de Ya Tshitshi.
Hugo Robert MABIALA

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