Politique

ARC: cacophonie chez Kamitatu

Un mauvais vent souffle sur l’Alliance pour le renouveau du Congo -ARC-, le parti  politique d’Olivier Kamitatu. Sous la présidence d’Elysée Munembwe et de Gaston Kisanga, membres du présidium, une réunion extraordinaire du collège de fondateurs élargi au comité directeur, aux cadres et mandataires de ce parti, s’est tenue à Kinshasa mardi 13 octobre 2015. A l’issue de cette rencontre, plusieurs grandes décisions ont été prises. Il s’agit en l’occurrence de l’exclusion d’Olivier Kamitatu Etsou, toute une autorité morale, de sa propre formation politique pour récidive caractérisée. Réaction musclée des membres du Comité directeur réunis, jeudi 15 octobre 2015 au siège même du parti.
Conduits par le secrétaire général de l’ARC, Bruno Lapika Dimonfu, ces membres du Comité directeur ont qualifié d’imposture l’acte posé par Elysée Munembwe et Gaston Kisanga. Pour eux, ce sont plutôt ces deux personnalités qui sont suspendues du parti depuis 29 septembre 2015 et n’ont ni qualité, ni mandat pour parler au nom et pour le compte de l’ARC. Véritable cacophonie. Quelle aile croire quand on ignore qui est habilité à suspendre qui? Les fins observateurs ont estimé qu’il faut se rapporter tout simplement aux textes régissant ce parti. 
L’ARC d’Olivier Kamitatu Etsu est fissuré. Deux camps se dessinent au sein de ce parti politique. Une aile, menée par Gaston Kisanga et Elysée Munembwe ainsi que quelques députés, a suspendu Olivier Kamitatu, autorité morale du parti et annulé toutes les décisions prises par Konde Vila-ki-Kanda, président national a.i. Un autre groupe, conduit cette fois-là par le SG Bruno Lapika, a renouvelé sa confiance à l’autorité morale et au président national a.i. La machine ARC se grippe.
«A l’issue de notre réunion, il a été décidé ce qui suit: l’exclusion de l’honorable Olivier Kamitatu de l’ARC pour récidive caractérisée et son interdiction formelle de poser tout acte ou de prendre tout engagement sans qualité, ni titre au nom du parti; la dissolution pure et simple du comité directeur institué en 2006 à titre provisoire et maintes fois irrégulièrement remanié à ce jour», précise un communiqué de presse signé Elysée Munembwe et Gaston Kisanga. Et de renchérir: «l’annulation de tous les actes et décisions prises irrégulièrement et arbitrairement par les honorables Konde Vila-ki-Kanda et Lapika Dimonfu désormais démis, aux termes de la présente décision, de leurs fonctions du président a.i et secrétaire général de l’ARC; le maintien en leurs places, jusqu’à nouvel ordre, de toutes les structures provinciales et locales du parti; la mise sur pied d’un comité directeur provisoire».
Même les noms des membres du présidium, de la vice-présidence et du secrétaire général de ce comité directeur ont été dévoilés avant d’enjoindre: «le nouveau comité directeur provisoire est chargé entre autres, de préparer la tenue du congrès endéans six mois à partir de la signature de la présente décision; la libération, dès réception de la présente, des lieux servant de la permanence du parti ainsi que la remise au comité directeur provisoire de tous les effets, matériels et biens mobiliers appartenant à l’ARC». L’autre camp n’entend pas les choses de cette oreille. Dans un communiqué de presse également, le comité directeur de l’ARC qualifie de vaste blague les déclarations d’Elysée Munembwe et de Gaston Kisanga non sans affirmer qu’ils sont ni membres fondateurs, ni membres co-fondateurs de l’ARC.
«Le comité directeur de l’ARC dénonce avec véhémence l’imposture de ces deux personnes qui n’ont ni qualité, ni mandat pour parler au nom et pour le compte de l’ARC vu qu’elles frappées d’une mesure de suspension depuis le 29 septembre 2015», a tranché ce comité directeur avant de renouveler sa loyauté: «les membres du comité directeur réaffirment leur soutien à l’honorable Konde Vila-ki-Kanda, président national a.i de l’ARC. Ils expriment leur soutien total à l’honorable Olivier Kamitatu Etsu, initiateur de l’ARC. Ils exhortent tous les membres, militants et cadres de l’ARC à lutter pour le respect de la Constitution et des valeurs républicaines, gage d’une paix durable dans notre pays». Au stade actuel, l’ARC se trouve avec deux comités directeurs, une autorité morale déchue et un président national désavoué. Les jours à venir nous en diront plus.
Barick BUEMA

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