
Le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a décidé de frapper un grand coup. Le lundi 27 octobre, il a formellement sollicité l’intervention du procureur de la République près le tribunal de grande instance de Kinshasa-Gombe pour ouvrir une enquête judiciaire approfondie sur l’entrée illégale de cargaisons de ciment de marque Dangote dans la zone de Maluku, à Kinshasa.
Une fraude organisée dévoilée par une alerte ministérielle
L’affaire a été déclenchée par une alerte émanant des services techniques du ministère, signalant des importations clandestines de ciment par les ports de Linda et Bouming -Scibois SPL. Ces opérations se dérouleraient en violation des lois en vigueur et des directives gouvernementales interdisant l’importation de ciment dans les régions Ouest et Sud-Est du pays. Une restriction instaurée depuis plusieurs mois pour protéger la production nationale, sauvegarder les emplois locaux et prévenir une concurrence déloyale au détriment des cimenteries RD-congolaises implantées, notamment dans le Kongo Central et le Haut-Katanga.
Une menace à la souveraineté économique du pays
Pour Julien Paluku, cette manœuvre illicite dépasse le cadre d’une simple infraction commerciale: elle matérialise une attaque directe contre la souveraineté économique nationale et les efforts du gouvernement pour renforcer l’industrie locale. Dans sa correspondance au procureur, il déclare: «L’introduction clandestine de ciment Dangote sur notre territoire constitue un acte préjudiciable aux politiques de promotion de la production nationale et à la stabilité du marché».
En outre, le ministre a donné instruction au directeur général du Guichet unique intégral du commerce extérieur -SEGUCE- de renforcer les contrôles aux points d’entrée maritimes et terrestres de Kinshasa, en ciblant spécifiquement la zone portuaire de Maluku, afin de colmater les brèches exploitées par les réseaux de contrebande et d’éradiquer toute forme de fraude commerciale. Il insiste également sur la nécessité d’une traçabilité rigoureuse des cargaisons importées pour restaurer l’ordre dans la chaîne d’approvisionnement.
Un message clair aux fraudeurs
La saisine de la justice envoie un message sans équivoque: le temps de la tolérance et de l’indifférence est révolu. Les acteurs économiques tentés par la fraude doivent désormais en mesurer les conséquences. Paluku appelle à des sanctions exemplaires à l’encontre des auteurs et complices de cette importation illicite pour dissuader toute récurrence et restaurer la confiance dans les institutions régulatrices du commerce extérieur.
Protéger l’industrie locale, un combat permanent
Cette affaire se déroule dans un contexte où le Gouvernement de la République multiplie les initiatives pour dynamiser la production nationale et diminuer la dépendance envers les produits importés. Sous la conduite de Julien Paluku, plusieurs mesures restrictives ont été mises en place ces derniers mois pour inciter les investisseurs locaux à développer leurs capacités de production. Le ministre souligne que «chaque cargaison frauduleuse qui pénètre sur notre territoire fragilise des milliers d’emplois congolais» et compromet la compétitivité des entreprises nationales respectueuses de la légalité.
Avec cette riposte judiciaire, Julien Paluku formule un message politique fort: le commerce extérieur de la République Démocratique du Congo ne sera plus le terrain de jeux de pratiques illicites au service d’intérêts personnels. Cette démarche s’inscrit dans la volonté du Gouvernement Suminwa de promouvoir une économie structurée, équitable et conforme aux lois nationales.
Au-delà de la problématique du ciment Dangote, cette affaire pourrait devenir un exemple à suivre pour d’autres secteurs touchés par des dérives similaires. Le ministre assure poursuivre la traque des fraudeurs tout en renforçant les systèmes de transparence et de contrôle du commerce extérieur. En agissant ainsi, Julien Paluku réaffirme son rôle de gardien de l’économie et la détermination du Gouvernement à défendre la production locale, la légalité commerciale et la souveraineté économique.
Au cœur de cette controverse, la marque Dangote, propriété du milliardaire nigérian Aliko Dangote, qui possède des usines à travers le continent africain. L’entreprise continue d’étendre sa présence, comme en témoignent de nouveaux projets en Côte d’Ivoire et en Éthiopie. En 2017, des cimentiers togolais avaient déjà évoqué des plaintes à l’encontre de Dangote pour des pratiques de contrebande et de concurrence déloyale.
Tino MABADA

