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Denis Mukwege contre le bain de sang en 2016

En marge des activités du mois de la femme, l’Institut français de Kinshasa/Halle de la Gombe a organisé deux projections des films dédiés au docteur Denis Mukwege, notamment «Congo, un Docteur pour sauver les femmes» de la Sénégalaise Angèle Diabang et «L’homme qui répare les femmes» du Belge Thierry Michel. Bien avant la projection de ces deux films, le chirurgien RD-congolais Denis Mukwege a, au cours d’une conférence de presse, appelé tout RD-Congolais à apporter sa pierre à l’édifice pour le développement de son pays. En plus, Mukwege s’oppose à des troubles et guerres dans son pays, estimant que «le sang des RD-Congolais a trop coulé».
Face à la presse, dans la salle polyvalente de l’Institut français de Kinshasa -IFK-, en présence de Philippe Larrieu, Martin Fayulu et d’Eve Bazaiba, respectivement directeur de l’IFK, président de l’Ecidé et secrétaire générale du MLC, le Dr Denis Mukwege ne pouvait terminer son adresse sans frôler la question politique de l’heure. Le boss de l’Hôpital de Panzi basé à Bukavu au Sud-Kivu a donné des pistes pour le développement de son pays, la RD-Congo, avant d’appeler les RD-Congolais à la conscience pour l’année 2016. «Nous sommes très inquiets par rapport à l’année 2016, une année où nous avons deux possibilités: ça sera un passage de paix où on pourrait avoir une alternance démocratique ou alors malheureusement retourner à un cycle de violences que nous n’espérons pas. Le sang des RD-Congolais a trop coulé et je pense que tout RD-Congolais consciencieux qui aime son pays, doit amener sa pierre. On a tant parlé des violes, destructions et massacres. Il est grand temps que nous puissions parler du développement. On ne pourra pas parler du développement si on est dans la confusion et que la Constitution n’est pas respectée», a tapé Mukwege. Et de poursuivre: «je crois que tout RD-Congolais a la capacité de changer et de transformer tout ce qui se passe autour de lui. Et, on n’a pas tous besoin d’être Président de la République pour changer la RD-Congo. Il n’y a pas que le pouvoir, il y a plein de choses qui ne marchent pas et je pense que si chaque RD-Congolais peut se dire que, dans mon secteur, il faut que je fasse la différence, on verra finalement que la présidence est une fonction qui n’a pas aussi de grande valeur qu’aujourd’hui on est en train d’essayer d’en donner. Chaque RD-Congolais peut être acteur de changement et réformateur de notre pays». S’agissant des violences sexuelles, le Réparateur des femmes n’a pas manqué d’exprimer son inquiétude. «C’est mon inquiétude. Je pense qu’à l’hôpital, on est mieux placé pour le dire. A chaque fois qu’il y a des conflits ou guerres, nous constatons que le nombre des victimes de violences sexuelles augmente. Donc, il faut jouer en amont, il faut être préventif parce que nous savons bien que s’il y aura des violences préélectorales ou postélectorales ça va avoir une conséquence grave sur les femmes et les enfants. Je pense qu’aujourd’hui il faut plutôt prêcher que chaque RD-Congolais prenne ses responsabilités en main et comprenne que notre sang a beaucoup coulé et que ça ne sert à rien de continuer dans ce sens. Mieux vaut prévenir que guérir».
René KANZUKU
 
 
 
 

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