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Ban Ki-moon s’en tient au respect des échéances électorales

Au cours d’un débat lundi 21 mars au Conseil de sécurité des Nations unies sur la situation prévalant dans la région des Grands lacs, le SG de l’ONU s’est dit préoccupé par l’impasse dans laquelle s’englue l’organisation des prochaines élections en RD-Congo soulignant pourtant que, lors de son récent séjour dans ce pays, il avait invité tous les acteurs de régler leurs différends par le dialogue et de créer des conditions propices pour l’organisation des élections crédibles conformément à la Constitution
La situation qui prévaut dans la région des Grands lacs africains a été au cœur d’un débat lundi 21 mars au Conseil de sécurité de l’ONU à New York, aux Etats-Unis d’Amérique. Le dossier de l’organisation des futures élections RD-Congo a attiré l’attention de plusieurs intervenants. En premier lieu, Ban Ki-moon, patron de l’ONU, a martelé qu’il est préoccupé par l’impasse dans laquelle s’englue encore l’organisation des prochaines élections en RD-Congo. Tout en rappelant les violences qui ont déchiré cette région, il a demandé au Conseil de sécurité de tout mettre en œuvre pour que des crises politiques soient évitées dans les Grands lacs africains. Il sait de quoi il parle quand on considère le génocide rwandais entre Hutu et Tutsi et ses répercutions en RD-Congo via le flux des réfugiés, sans oublier les guerres de libération menées par l’AFDL et d’agression ayant entrainé la mort de plus de six millions de RD-Congolais si l’on s’en tient au chiffre de International rescue committee -IRC -Comité international de secours. Génocide oublié en RD-Congo, selon plusieurs analystes. Intervenant également, Samantha Power, ambassadrice américaine cité par Agence France presse -AFP-, a laissé entendre qu’il n’y avait pas de raison crédible pour que l’élection en RD-Congo ne se déroule pas à la date prévue -NDLR: Novembre 2016 conformément au calendrier global publié par la Commission électorale nationale indépendante -CENI- et contesté par certains dirigeants politiques. Tout ce débat a eu lieu au moment où Corneille Nangaa, président de la CENI, affiche ses intentions de solliciter auprès de la Cour constitutionnelle le report de l’élection présidentielle pour des raisons techniques. Selon Nangaa, la révision du fichier électoral, à elle seule, pourrait prendre dix mois. Ce qui revient à dire que si cette opération aura lieu, la présidentielle serait programmée au premier trimestre de l’année 2017. Ça fait débat.
Le processus électoral en RD-Congo est en panne depuis plusieurs années. Cette question a été portée au niveau de l’ONU. Le lundi 21 mars dernier, lors du débat au Conseil de sécurité des Nations unies sur la situation globale dans la région des Grands lacs africains, Ban Ki-moon a explosé. «Je suis très préoccupé par l’impasse dans laquelle se trouve encore l’organisation des prochaines élections en République démocratique du Congo», s’est-il exprimé. Et d’évoquer son dernier séjour en RD-Congo: «lors de mon récent déplacement dans le pays en février, j’ai prié instamment tous les intervenants de régler leurs différends par le dialogue et de créer des conditions propices à la tenue en temps voulu d’élections crédibles, conformément à la Constitution».
Pour éviter le pire, le SG de l’ONU met le Conseil de sécurité et les dirigeants des Grands lacs africains devant leurs responsabilités en leur demandant de travailler pour préserver la paix et la stabilité politique en RD-Congo en trouvant dans un bref délai une issue au blocage du processus électoral actuel. Il a insisté afin que des dispositions soient prises à temps pour éviter des crises politiques dans cette partie du continent. Ban Ki-moon a évoqué les tristes événements qui se sont déroulés: «Par le passé, a-t-il rappelé, les crises politiques qui ont frappé la région des Grands lacs se sont traduites par des violences généralisées et de graves problèmes de sécurité. Nous devons empêcher ce scénario de se reproduire».
Intervenant également sur le dossier RD-Congo, Samantha Power, ambassadrice américaine cité par Agence France presse -AFP-, a laissé entendre qu’il n’y avait pas de raison crédible pour que l’élection en RD-Congo ne se déroule pas à la date prévue -NDLR: Novembre 2016 conformément au calendrier global publié par la CENI et contesté par certains dirigeants politiques. Et de préciser à l’AFP: «il faut non seulement pouvoir voter mais que les individus soient à même de faire campagne pour leurs candidats favoris et exprimer librement leur opinion».
Le blocage du processus électoral est né du fait qu’il y a des institutions qui fonctionnent illégalement, car n’ayant pas été renouvelées à la fin de leur premier mandat arrivé à terme en 2011. Notamment le Sénat et les institutions provinciales. A la faveur du nouveau découpage territorial consacré à l’article 2 de la Constitution du 18 février 2006, les Assemblées provinciales éclatées ont été installées au début de ce mois de mars en prévision des élections des gouverneurs prévues le 26 mars prochains par la CENI pour diriger les nouvelles provinces. Entre temps, 5 autres gouverneurs issus des provinces non découpées notamment Kinshasa, Kongo Central, Maniema, Nord-Kivu et Sud-Kivu gardent leurs fauteuils. Plusieurs acteurs ont beau crier à la violation de la Constitution. Sans effet immédiat.
Voici que dans cette perspective, la présidentielle et les législatives 2011 sembleraient hypothétiques. Alors que les animateurs de la Présidence de la République -Joseph Kabila- et de l’Assemblée nationale -députés nationaux- élus en 2011 lors de la deuxième mandature arrivent à la fin de leurs mandats en décembre 2012, la CENI est incapable techniquement et financièrement d’organiser des élections dans les délais conformément à la Constitution en vigueur. Corneille Nangaa a même manifesté son désir de saisir la Cour constitutionnelle pour obtenir la rallonge des élections présidentielle et législatives nationales couplées. Selon lui, la révision du fichier électoral, à elle seule, pourrait prendre 10 mois. Le petit calcul fait montre qu’à partir de fin mars, les 10 mois s’accompliront en janvier 2017. Ce qui revient à dire que, selon Nangaa, sa structure serait à mesure d’organiser la présidentielle dans le premier trimestre de la prochaine année. Un dossier qui crée la polémique au sein de la classe politique RD-congolaise. Entretemps, le dialogue reste la seule voie de sortir la RD-Congo de cette impasse politique.
Octave MUKENDI

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