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Trafigo fait ses preuves à Kasumbalesa, la DGDA et le PNHF/Haut-Katanga saluent son apport dans le renforcement du contrôle douanier et la lutte contre la fraude!

Les recettes issues de la gestion des parkings, de la carte d’entrée et du minipéage ont respectivement augmenté de 100%, 700% et 900% en deux ans alors que celles générées par la taxe de désinfection des véhicules en provenance de l’étranger ont explosé à plus de 10.000%, grâce à la numérisation conçue et menée par la société de Magalie Raway, une ancienne employée révoltée par l’ampleur de la fraude au poste frontalier situé à 90 km au sud de Lubumbashi…

La Coordination provinciale du Programme national de l’hygiène aux frontières -PNHF- du Haut-Katanga a mobilisé successivement 15,718 milliards de francs congolais en 2018; 39,059 milliards de francs congolais en 2019 et près de 26 milliards de francs congolais fin juillet 2020 sur des prévisions annuelles de 50 milliards de francs congolais. Des ressources en hausse de plus de 10.000% comparées aux 2,688 milliards de francs congolais récoltés en 2017.

« Une performance exemplaire, un apport considérable du partenariat signé en septembre 2018 avec la société Trafigo pour la numérisation d’un seul acte générateur des recettes sur les 11 recensés, notamment la taxe de désinfection des véhicules chargés en provenance de l’étranger », salue samedi 5 septembre dans ses bureaux retapés sentant la chlorophylle Patrick Ilunga Kabuji, coordonnateur provincial du PNHF dans le Haut-Katanga, hôte d’une délégation des députés nationaux venus évaluer le partenariat entre ce service du ministère de la Santé et Trafigo.

Depuis 2018, les recettes collectées par cette administration sont en hausse constante. Aujourd’hui, le PNHF/Haut-Katanga est cité comme modèle de gestion et le poste PNHF le plus performant sur l’ensemble du territoire national.

Pas un prête-nom, Magalie Raway, responsable de Trafigo, a juré d’aider son pays, la RD-Congo, à renforcer le contrôle douanier et lutter efficacement contre la fraude

La taxe due au PNHF récoltée par Trafigo est de 50 dollars. 25 dollars reviennent à l’État via la DGRAD. Dans les 25 dollars qui restent Trafigo a droit à 20%, soit 5 dollars. Le reste revient à la Coordination provinciale du PNHF/Haut-Katanga par le mécanisme de rétrocession.

Les revenus ainsi rétrocédés permettent à cet important service de l’État de réaliser certains projets propres, notamment la réhabilitation et l’équipement des bureaux sur fonds propres, l’achat des intrants ainsi que l’augmentation des salaires des agents. Le dernier employé touche aujourd’hui 800.000 francs congolais avec un sac de farine de maïs le mois contre 7.500 francs jadis!

Renforcer le contrôle douanier et lutter efficacement contre la fraude!

À l’origine de cette révolution, l’accord conclu en 2018 avec Trafigo, une société enregistrée au Registre national de commerce depuis 2015 dont le coordonnateur du PNHF/Haut-Katanga demande la duplication aux 10 autres actes générateurs des recettes du ressort du PNHF. Sa responsable n’est pas la députée nationale Jaynet Kabila, la jumelle du président honoraire Joseph Kabila, comme le prétendent certaines personnes mal informées. Mais une autre Congolaise, une vraie battante, Magalie Raway, ancienne employée au poste frontalier de Kasumbalesa.

Déçue par l’ampleur de la fraude qu’elle a vécue dans sa chair avec un maigre salaire mensuel de 400.000 francs, cette ancienne du bureau dénommé « Zéro corruption » pour son caractère intraitable et sa rigueur s’impose le défi de lancer, avec sa fille Charonne Mutombo, une entreprise de sous-traitance dédiée à la numérisation de différents services à la frontière.

La sous-traitance est une pratique en vogue à travers le monde, martèle-t-elle, faisant part de ses ambitions. « J’ai eu le rêve de créer ce logiciel en vue d’aider mon pays à lutter efficacement contre la fraude à ses frontières et mettre progressivement fin au coulage des recettes. Mon leitmotiv est donc de renforcer le contrôle douanier et lutter efficacement contre la fraude », assure-t-elle.

Son logiciel est 100% congolais. Il est conçu par les petits génies du pays. Evalué à 5 millions de dollars, sa mise au point l’a été même avant celui du COMESA qui a pourtant bénéficié du financement de l’Union européenne!

Mais les débuts sont difficiles. L’offre présentée aux responsables de la DGDA est rejetée dans un premier temps avant d’être acceptée après un lobbying et une recommandation du COMESA, soucieux de voir la République Démocratique du Congo expérimenter un logiciel pilote de lutte antifraude à ses frontières. Chaque pays membre de cette organisation sous-régionale est tenu de faire autant en ce qui le concerne, avec un partenaire de son choix.

En dehors du PNHF, Trafigo signe finalement un partenariat avec la DGDA. Ses missions ne consistent pas à se substituer à la douane congolaise et faire des déclarations à la place de cette administration. Elles se limitent uniquement à la gestion numérisée des parkings, de la carte d’entrée et du minipéage contre respectivement 40%, 10% et 20% des recettes canalisées avec l’aide d’un scanner hightech, qui fouille même dans les eaux! Grâce à sa part de rémunération, la société objet de différents audits concluants prend en charge les salaires de ses 500 employés, assure l’acquisition et l’entretien du matériel de surveillance et de monitoring, et paie l’impôt dont 16% de la TVA. Trafigo a même posé un geste louable en offrant un Centre Covid19 au poste frontalier de Kasumbalesa, à la grande satisfaction de la Mairie de Lubumbashi alors que d’autres prestataires sous-traitants admis au même poste frontalier ont droit à 70% voire 80% de la part de contrats contre des résultats nuls.

Plus rien n’échappe à la vigilance du « gendarme » Trafigo malgré les menaces et intimidations!

Patrick Ilunga Kabuji, coordonnateur provincial du PNHF dans le Haut-Katanga, affirme que son service est devenu un modèle de gestion et de performance grâce au partenariat avec Trafigo

Les résultats s’avèrent plutôt encourageants. « Il y a eu 100% d’acroissement des recettes coté gestion des parkings.
Pour la carte d’entrée il y a eu 700% d’augmentation et 900% d’augmentation pour le minipéage », témoigne une bouche autorisée, Monsieur Kabote, sous-directeur de la DGDA-Kasumbalesa.

« Trafigo nous aide à enrayer la contrebande. C’est un partenariat bénéfique pour la DGDA », insiste pour sa part l’inspecteur en douane Berly Badibanga Beya, précisant que le dispositif mis en place par leur partenaire permet d’identifier et retracer en temps réel le parcours et le contenu des trucks en provenance de l’étranger, du lieu de chargement au point du déchargement.

Plus rien n’échappe à la vigilance du « gendarme » Trafigo, au grand bonheur de la DGDA et au désavantage des contrebandiers, aujourd’hui lancés dans les menaces et intimidations, en plus de la campagne de sape contre ce deal qui fonctionne à merveille et dont l’évaluation faite il y a six mois a été jugée satisfaisante par les autorités des douanes.

À en croire les responsables de la DGDA à Kasumbalesa, il y a des progrès en termes de fluidité et désengorgement du côté import-export ainsi que de la modernisation des infrastructures. Toutes les taxes sont dorénavant payées au guichet officiel. Ce qui assure la prise en charge efficiente des véhicules et de la marchandise ainsi que la traçabilité totale de toutes les opérations. On est bien loin des opérations manuelles qui coûtaient énormément de temps et d’énergie en plus de favoriser le coulage.
« De 38 milliards de franc congolais, les recettes sont passées mensuellement entre 60 à 80 milliards de franc congolais aujourd’hui », fait savoir l’inspecteur Berly Beya.

Une évolution de bon augure pour l’État et la DGDA, qui vont légitimement revoir à la hausse les exigences de collecte de ressources financières internes pour alimenter le budget national.

À Kasumbalesa, cette cité exceptionnelle, cette richesse de la même valeur que le cobalt et le cuivre étant donné sa position géostratégique qui connecte la République Démocratique du Congo à l’Afrique australe, ce pari passe par l’élargissement des parkings dont les capacités sont passées de 250 camions-remorques à 1250 actuellement et 2500 dans les prochains mois, grâce aux travaux initiés par les parties au contrat.

La hausse vertigineuse des recettes mobilisées en faveur du PNHF/Kasumbalesa suffit pour clouer le bec aux détracteurs de Trafigo!

Pour ce faire, un vaste parking, classé dans le Top 5 africain, selon les informations de Joseph Franc Ilunga Mbaya, coordonnateur des activités et prochain Directeur général RDC de Trafigo, des bureaux modernes et des sanitaires sont aménagés sur le site situé à gauche des batiments administratifs de la Direction générale des migrations -DGM.

Une voie de contournement bétonnée -30 centimètres- longue de 7 kilomètres est également en train d’être construite. « Elle permettra l’évacuation rapide à l’export de 250 camions remorqueurs chargés et de 1000 à l’import vers Lubumbashi et Kolwezi, deux grands centres de production minière et de consommation », se félicite l’inspecteur Berly Badibanga Beya.

La route de contournement en construction. Du béton, 30 cm d’épaisseur!

Membre de la délégation des députés qui ont fait le déplacement de Kasumbalesa, Eliezer Ntambwe ne peut cacher son admiration.
« J’ai fait plusieurs fois Kasumbalesa. Je constate que des progrès sont enregistrés dans la lutte contre la fraude », avoue l’élu de Lukunga.

Le témoignage de ce journaliste d’investigation en dit long sur la qualité du travail abattu par la pionnière Trafigo, fruit de l’entrepreneuriat national, qui mérite l’accompagnement de toute la communauté nationale favorable à la performance.

Achille KADIMA MULAMBA

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