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Le député Mukeba Mfuta: «Le Kasaï Oriental manque de tout»

Albert-David Mukeba Mfuta est député national, élu de la circonscription électorale de Miabi, dans le Kasaï-Oriental. Il est secrétaire général de Congo espoir -CE-, parti politique de l’autorité morale José Panda, ministre de la Recherche scientifique du gouvernement Ilunkamba, assurant aujourd’hui les affaires courantes. Dans un entretien accordé à la «RTNC» et à «AfricaNews», l’élu de Miabi évoque les difficultés qui freinent le développement de sa province. Il donne également les raisons qui ont poussé à la dissolution de la coalition FCC-CACH ayant entrainé l’éviction du bureau Mabanda à l’Assemblée nationale et la déchéance du gouvernement. Entretien.

Quelle est la situation générale qui prévaut au Kasaï Oriental et dans votre circonscription électorale de Miabi? 

Je dois vous avouer que la situation sociale de notre peuple tout entier à travers toute la RD-Congo n’est pas très bonne, ainsi que de la province du Kasaï Oriental en particulier. Sans parler de mon territoire de Miabi, dans le Kasaï Oriental, comme dans toutes les 26 provinces du pays, nous avons de sérieux problèmes d’infrastructures et de routes. L’agriculture, l’écologie, tout est à refaire.

Depuis le régime passé, le Kasaï Oriental ne bénéficiait pas, comme toutes les autres provinces, de la rétrocession due aux provinces. C’est ainsi que rien n’a été réalisé chez-nous à part quelques kilomètres des routes construits dans la ville de Mbuji-Mayi qui sont déjà dégradés. Lorsque nous allons en provinces, tout est à refaire chez nous sur tous les plans: sanitaire, social, etc.

Tout est à refaire comme vous le dites mais cette législature a déjà consommé deux ans. Qu’est-ce qu’il faut afin que votre province en général et votre territoire de Miabi en particulier puissent décoller?

Deux ans sont déjà passés et le problème est presque global. Nous ne pouvons pas singulariser la situation à ma seule circonscription électorale de Miabi. Je parle plus de la RD-Congo, mon mandat étant national. Nous avons passé 2 ans dans la coalition FCC-CACH au sein de laquelle nous n’avons fait que nous quereller. Le Chef de l’Etat, avec son gouvernement dirigé par Sylvestre Ilunga Ilunkamba, n’a pas pu mettre en exécution son programme tel que nous l’avons voté à l’Assemblée nationale lors de l’investiture du gouvernement.

Les deux ans se sont écoulés dans les chamailleries et querelles politiques. Bref, nous n’avons pas avancé. Cela a fait qu’aujourd’hui le Chef de l’Etat Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo l’a dit lors de son adresse à la nation qu’il n’a pas pu «mettre en exécution le programme du social de son peuple à cause de la coalition FCC-CAH» qu’il a, du reste, dissoute pour se donner des moyens politiques de pouvoir mettre en œuvre le plan de relance de la RD-Congo.

Quelle sera la thérapie pour relancer la province au vu de tous les problèmes que vous venez d’évoquer?

Depuis deux ans, notre province stagne. Il n’y a pas un plan de sa relance sur tous les plans: économique, social, agriculture, santé. Comment voulez-vous que nous parlions du territoire pendant qu’au niveau de l’exécutif provincial il n’y pas un plan de relance? Nous avons pensé mettre d’abord de l’ordre dans la maison. En ce moment, nous allons voir comment mettre ensemble l’exécutif et l’Assemblée provinciale afin que ces deux institutions puissent mettre ensemble leur synergie pour développer la province du Kasaï Oriental et, par ricochet, mon territoire de Miabi.

Comment se porte votre parti Congo espoir et votre regroupement ADRP?

Notre parti se porte très bien. Il est conduit par son autorité morale, le ministre de la Recherche Scientifique José Panda. Nous sommes membre du regroupement politique Alliance des démocrates pour le renouveau et le progrès -ADRP. Notre parti a 7 députés nationaux et l’ADRP a 23 députés qui siègent à l’Assemblée nationale. Nous avons 22 députés provinciaux et un gouverneur de province, deux vice-gouverneurs, un président et un vice-président de l’Assemblée provinciale.

L’ADRP est membre du Front commun pour le Congo -FCC- même si elle a adhéré à la vision du Chef de l’Etat qui est l’Union sacrée de la nation, laquelle vision veut rapprocher le peuple de ses dirigeants et les dirigeants de son peuple pour qu’ensemble, nous prenions en mains le destin de notre pays pour l’amener au développement tant réclamer par notre peuple. Je dois aussi vous affirmer que ce n’était pas seulement la volonté du Chef de l’Etat de mettre fin à la coalition FCC-CACH, mais c’était plus la volonté de notre peuple tout entier.  

Après la dissolution de la coalition FCC-CAH, la déchéance du bureau Mabunda est intervenue rapidement. Vous allez élire et installer le nouveau bureau. Comment avez-vous réagi à ces évènements?

Pour la dissolution de la coalition FCC-CAH, je dois vous dire que c’est un fait normal car les alliances se font et se défont. Le Président de la République sortant Joseph Kabila ainsi que celui entrant Félix-Antoine Tshisekedi n’avaient pas consulté leurs bases respectives sur la constitution de cette coalition. Cette coalition a été faite étant donné que le Président entrant n’avait pas de majorité parlementaire. Et le Président sortant par sa plateforme électorale, le FCC, avait réussi à avoir une certaine majorité. Les deux ont opté pour la coalition, écarter l’idée de la cohabitation afin de permettre au CACH et au FCC de cogérer la chose publique. Malheureusement, il y a eu des embuches en cours de route, les deux sociétaires n’ayant pas la même vision.

Le bureau Mabunda est tombé parce qu’il n’y avait pas l’équilibre entre l’Assemblée nationale, le Sénat et l’Institution Président de la République. Les présidents de deux chambres avaient boycotté la cérémonie de prestation de serment des hauts magistrats de la Cour constitution, estimant que les ordonnances les nommant n’étaient pas contresignées par le Premier ministre, pour eux c’étaient une violation de la Constitution. Il ne revenait pas à eux de le dire au Chef de l’Etat sans saisir la Cour constitutionnelle pour décider si oui ou non le Chef de l’Etat avait violé la Constitution. Cela a provoqué un déséquilibre total des institutions.

Donc, un malaise qui a amené les choses à l’état où nous en sommes maintenant avec l’élection du nouveau bureau de l’Assemblée nationale, la nomination de l’informateur pour identifier la nouvelle majorité, la déchéance du Premier ministre et nous attendons la nomination du nouveau chef du gouvernement. Notre peuple souffre, nous avons besoin de nouveaux animateurs.       

Propos recueillis par Octave MUKENDI

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