
À l’occasion de la Journée nationale de l’anesthésie, célébrée le 16 octobre, le Conseil national des techniciens anesthésistes-réanimateurs -CNTAR- appelle les autorités nationales et provinciales, les responsables des établissements de santé ainsi que les partenaires techniques et financiers à renforcer les services d’anesthésie-réanimation en RD-Congo. Son président national, Justin Marius Kimbien, plaide notamment pour l’amélioration des conditions de travail, la disponibilité des équipements essentiels et l’intégration des professionnels qualifiés sans emploi. Cet appel concerne particulièrement les hôpitaux généraux de référence et les structures sanitaires situées dans les zones éloignées ou disposant de ressources limitées.
Le CNTAR souhaite également que les techniciens anesthésistes-réanimateurs -TAR- participent davantage aux formations et aux exercices de simulation des équipes de riposte, alors que les besoins en personnel restent importants. Placée sous le thème international: «Avant, pendant et après l’intervention chirurgicale», cette journée rappelle que la sécurité du patient repose sur une prise en charge anesthésique complète, depuis l’évaluation pré-anesthésique jusqu’à la surveillance après l’intervention. «Chaque patient mérite une anesthésie sûre», souligne Justin Marius Kimbien, rappelant qu’aucune chirurgie ne peut être considérée comme sûre sans une anesthésie répondant aux exigences de sécurité.
Cette célébration intervient dans un contexte sanitaire préoccupant, marqué par une nouvelle épidémie de maladie à virus Ebola. Le CNTAR souligne le rôle des TAR dans la prise en charge des patients en détresse respiratoire, en état de choc ou présentant des troubles de la conscience.
Dans les structures autorisées et conformément aux protocoles nationaux, ces professionnels peuvent contribuer à la surveillance clinique, à l’assistance respiratoire, à la préparation des unités de soins et à la formation du personnel. Le président du CNTAR met toutefois en garde contre les risques liés à certaines interventions. Les gestes susceptibles de générer des aérosols, notamment ceux portant sur les voies aériennes, nécessitent une évaluation rigoureuse des risques, des équipements de protection adaptés et un personnel formé. «Protéger le patient ne doit jamais signifier exposer inutilement le soignant», insiste-t-il.
Sur le terrain, les conditions de travail demeurent difficiles. Dans de nombreux établissements de santé, les TAR font face à l’insuffisance des équipements de surveillance, à un accès limité à l’oxygène, à la disponibilité réduite des médicaments anesthésiques et au manque de personnel. À ces difficultés s’ajoute le chômage de plusieurs professionnels qualifiés, alors que les besoins persistent.
Face à cette situation, le CNTAR plaide pour des mesures concrètes: l’amélioration des conditions de travail et de sécurité, la disponibilité des médicaments, des consommables et des équipements essentiels, le renforcement de la formation continue, l’organisation de stages de perfectionnement ainsi que l’intégration des TAR qualifiés dans les structures sanitaires publiques et privées. Il réclame également une meilleure reconnaissance de leur rôle dans les plans d’urgence sanitaire et les équipes de riposte. «Investir dans les TAR, c’est investir dans la sécurité chirurgicale, la préparation aux épidémies et la résilience de notre système de santé», affirme Justin Marius Kimbien, qui invite ses collègues à renouveler leur engagement envers la vie, la compétence et l’éthique professionnelle, dans le respect des protocoles, même dans les environnements les plus difficiles.
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