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Coup de tonnerre de Wameso: fini le dollar liquide dès le 9 avril 2027

À compter du 9 avril 2027, la Banque Centrale du Congo -BCC- interdit l’usage du cash en devises étrangères dans les transactions courantes. Cette révolution monétaire signée André Wameso contraint désormais à canaliser tous les paiements en dollars, euros ou autres devises par les circuits formels: banques, paiements par carte ou comptes mobile money. Dès lors, la principale nouveauté est limpide: remettre de l’ordre dans la circulation des billets.

Autrement dit, donner 100 dollars en main propre ne sera plus toléré; tout paiement en devises devra transiter par un établissement financier ou un service électronique. Ce basculement rompt avec des habitudes bien ancrées et force à repenser la façon dont se réalisent échanges et règlements quotidiens. Par conséquent, la directive touche autant les particuliers que les professionnels.

En pratique, cela signifie que les commerçants, prestataires de services, petites entreprises et travailleurs informels devront accepter des transferts bancaires, des paiements par carte ou des transferts via mobile money pour tout règlement en devise. Et puisque les banques ne pourront plus importer de billets étrangers, les guichets ne seront plus une source directe de cash en dollars ou en euros.

En outre, la BCC motive sa décision par plusieurs objectifs convergents. Il s’agit d’abord d’améliorer la traçabilité des flux financiers afin de mieux contrôler l’argent qui circule dans l’économie. Ensuite, la mesure vise à renforcer la lutte contre le blanchiment et la fraude et, plus largement, à consolider le rôle du système bancaire national.

Enfin, cette politique entend encourager l’usage du franc congolais et restaurer la souveraineté monétaire. Cependant, la transition soulève des défis concrets. Le pays demeure en grande partie une économie de cash, notamment dans les zones rurales et au sein du secteur informel où l’accès aux banques et à la connectivité mobile reste limité. De fait, sans déploiement rapide et massif d’infrastructures et de services d’inclusion financière, une part importante de la population risque d’être marginalisée dans ses échanges quotidiens.

De surcroît, les acteurs du secteur financier seront mis à l’épreuve. Les banques et les plateformes de mobile money devront absorber un flux accru de comptes et de transactions électroniques, renforcer leurs systèmes de conformité et accroître leur capacité opérationnelle. Par ricochet, les prestataires de transfert internationaux devront adapter leurs canaux pour garantir l’acheminement des fonds vers des comptes formels en République Démocratique du Congo.

Pour éviter une casse sociale, des mesures d’accompagnement paraissent indispensables. Ainsi, il faudra accélérer l’ouverture de comptes simplifiés, étendre la couverture du réseau mobile et former utilisateurs et commerçants aux nouveaux modes de paiement. Les autorités et le secteur privé doivent aussi clarifier les procédures de dépôt et conversion des billets détenus aujourd’hui par les ménages.

En pratique, que faire dès maintenant? «Si vous détenez des devises en liquide, renseignez‑vous auprès de votre banque sur les modalités de dépôt et de conversion. Si ce n’est pas déjà fait, ouvrez un compte bancaire ou un compte mobile money capable de recevoir des paiements en devises. Enfin, demandez à vos partenaires commerciaux d’accepter des règlements électroniques et conservez systématiquement les justificatifs de vos opérations», explique un banquier.

Finalement, cette décision de la BCC constitue un tournant pour la gestion monétaire en République Démocratique du Congo: elle peut moderniser le système financier et réduire les pratiques opaques, mais son succès dépendra de la capacité des autorités et des acteurs économiques à accompagner la transition. Sans dispositifs d’inclusion et sans communication claire, l’interdiction du cash en devises pourrait transformer une avancée structurelle en source de tensions pour l’économie réelle.

Natine K.

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