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Vodacom, Orange, Airtel…, ces opérateurs nous arnaquent avec Internet

La connexion internet en RD-Congo est de plus en plus un casse-tête. Déjà confrontés à des prix au-dessus de toute moyenne, les abonnés contraints désormais de subir la mauvaise qualité du service
 
Ces jours, télécharger un petit fichier de 12 mégabytes relève d’un parcours du combattant. L’opération peut prendre jusqu’à 10 minutes…tout comme elle peut carrément ne pas aboutir. Et cela, peut importe le fournisseur du service. Mais au regard des plaintes, Vodacom Congo bat tous les records. Alors que le réseau a viré aux couleurs rouge et blanc, sa qualité de connexion Internet et du service voice a aussi viré au rouge. Plus rien ne va! Si Africell, considéré comme le poucet du marché, arrive à sortir la tête de l’eau en offrant un service -bien que limité parce que ne couvrant même pas toute la ville de Kinshasa- à la hauteur de ses abonnés, cela n’est pas du tout le cas pour les 3 majors qui détiennent le gros des parts du marché.
Avec Vodacom en tête, les majors des télécommunications en RD-Congo peinent à offrir un service internet de qualité à leurs abonnés. Si la qualité du service offert était à la hauteur de la tapageuse publicité diffusée non stop sur les médias, AfricaNews aurait certainement consacré cette page à autre chose, certainement pas à dénoncer cette situation qui a largement dépassé le seuil de l’acceptable.
 
Depuis un temps, plus aucun abonné des sociétés des télécommunications précitées n’est fier de son internet. Les services clients enregistrent des plaintes chaque jour mais rien ne change. Les prix restent toujours élevés et la qualité de service aussi médiocre. Le régulateur censé surveiller la qualité et protéger les consommateurs ne dit mot. Même attitude du côté du ministère de tutelle, pourtant police du secteur. Seuls face à leurs arnaqueurs, les abonnés tentent de faire entendre leur voix, mais pas suffisant pour faire fléchir ces multinationales qui semblent n’avoir que du mépris. La preuve, aucune d’entre elles ne communiquent sur cette situation. Même pas un petit communiqué d’excuse. «On active des forfaits qu’on arrive pas à utiliser. A quoi ça sert?», se plaint une internaute sur sa page Facebook. Des plaintes comme celle-ci, il y en a tellement. Mais au regard de la situation, le bout du tunnel est encore très loin.
Il était pourtant arrivé un moment où surfer sur son ordinateur, smartphone, tablette…n’était plus du tout un casse tête, plutôt un geste banal. Chaque opérateur se battait pour offrir le meilleur service à ses abonnés. Aujourd’hui, tous se réfugient derrière la fibre optique, accusée d’être à la base du calvaire vécu maintenant dans le secteur des Télécommunications. Curieux, aucun opérateur n’a pu s’exprimer clairement sur ce sujet de mauvaise qualité de la fibre optique visiblement occulté.
 
«Ce que nous vivons maintenant est pire. Par jour, on peut avoir 5 ou 6 coupures dans la journée. De fois, on compte des jours voire des semaines sans connexion», souffle un cadre de Vodacom Congo sous le sceau de l’anonymat. «Quand la fibre coupe, on est obligé de revenir sur satellite. Or, le satellite coûte plus cher et au regard de notre parc d’abonnés Internet, il nous faut une bande passante assez large pour avoir une meilleure connexion. Nous ne pouvons malheureusement nous permettre ce luxe parce que la connexion risquera de coûter encore très cher», confie une autre employée. C’est clair, on brade donc la qualité au nom du coût. Un argument qui ne passe pas au regard des prix appliqués par Africell par exemple, qui fonctionne pourtant à 100% sur satellite.
Contactée, la Société congolaise des postes et télécommunications -SCPT- n’a voulu s’exprimer officiellement. Seul un cadre de la direction technique s’est confié à AfricaNews, avec beaucoup de peines: «la vérité est que ces jours nous connaissons beaucoup de difficultés sur la voie Muanda-Kinshasa. Cela est dû aux travaux de voirie en cours, menés par la société Chinoise CREC7. Mais nous prenons toujours soins d’aviser nos partenaires afin qu’ils prennent des dispositions…Nous avons des équipes d’intervention mobile qui interviennent promptement à chaque fois qu’il y a un problème. Ce n’est pas vraiment de notre faute».
Tous les opérateurs dénoncent la mauvaise qualité de la fibre de la SCPT. Pour bien illustrer la situation et clouer le réseau de référence, ils donnent l’exemple de Lubumbashi et ses environs où la connexion serait meilleure qu’à Kinshasa du fait que la fibre utilisée dans cette partie du pays est distribuée par Liquid Télécom et non par la SCPT.
D’après un expert du secteur des télécommunications, cette fibre vient de la Zambie voisine et est distribuée illégalement par Liquid Télécom, une entreprise non enregistrée sur le sol RD-congolais qui opère sans licence. Clairement, cette entreprise brasse des millions de dollars sans un moindre papier et donc, sans une contrepartie pour l’Etat. De l’ARPTC jusqu’au ministère des Postes et Télécommunications, tout le monde sait, tout le monde voit…mais personne n’ose dire mot. Ça sent la complicité.
Cette aventure rappelle tristement celle de Startimes, cette entreprise chinoise qui faisait de la télédistribution sans titre, rien qu’avec une petite lettre de quelques lignes signée par Oscar Manikunda, président de l’ARPTC. «Ne soyez pas surpris si jamais en lieu et place d’une licence, Liquid Télécom brandissait à son tour une lettre de Manikunda», ironise un expert de l’ARPTC. Ce qui importe ici, c’est le fait que selon les réseaux des télécommunications, cette fibre est de qualité, elle permet une meilleure connexion aux abonnés. A l’Etat de s’occuper du reste!
 
Henry MBUYI
 

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