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Vital Kamerhe, le trône vacille 

Les députés nationaux sont appelés à assister à une séance plénière qui se tiendra ce mercredi 17 septembre à l’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo, ayant pour objectif d’inscrire à l’ordre du jour «la création d’une commission spéciale pour analyser les pétitions visant certains membres du Bureau», comme l’indique un communiqué signé le mardi 16 septembre par Jean-Claude Tshilumbayi, 1er vice-président de la chambre basse du Parlement.

Le texte précise: «Le Bureau de l’Assemblée nationale a reçu des pétitions rédigées par plusieurs honorables députés nationaux à l’encontre de certains membres du Bureau. En conformité avec l’article 12 alinéa 2 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale, nous convions les honorables députés à participer à la plénière prévue ce mercredi 17 septembre 2025 à 14 heures dans la salle de Congrès au Palais du peuple». 

Le groupe favorable au speaker de la chambre basse se laissera-t-elle faire? La plénière de ce mercredi s’annonce donc fatidique et l’accélération de la procédure met en péril la position de Vital Kamerhe. Les députés pétitionnaires reprochent au président du Bureau de l’Assemblée nationale une «gestion opaque des finances» et un «vote hâtif de certaines législations». Ces pétitions ont obtenu environ 262 signatures, dépassant le seuil requis parmi les 500 députés de la Chambre basse.

Pour gérer cette crise au sein de l’institution, Kamerhe, visé en même temps que quatre autres membre du Bureau dont le rapporteur Jacques Djoli, avait exprimé lundi 15 septembre à la rentrée ses excuses aux députés à l’origine de la pétition, les exhortant à reconsidérer leur démarche «à la lumière des progrès significatifs réalisés concernant les préoccupations majeures soulevées, ainsi qu’en raison du contexte particulier que traverse notre pays».

«Vital Kamerhe doit partir. Le pardon prouve qu’il a détourné», avait cependant déclaré Mbindule, ex-député UNC meneur des pétitionnaires. 

Procédure à suivre

Pour qu’une pétition visant le Bureau de l’Assemblée nationale ou ses membres soit examinée, elle doit d’abord être déposée sur une plateforme dédiée, puis analysée par la commission compétente, généralement appelée commission spéciale. Cette commission nomme un rapporteur qui décide si la pétition sera classée ou examinée plus en profondeur, ce qui pourrait mener à un rapport et à un débat en séance publique, surtout si le nombre de signatures est élevé. Dans ce cas, le nombre de signatures est significatif.

Au regard du climat actuel au sein de l’Union sacrée de la nation, ces pétitions pourraient être soumises à un vote en plénière. Il est pertinent de rappeler le cas de Jeannine Mabunda, ancienne Présidente de l’Assemblée nationale, démise de ses fonctions par motion, ainsi que de l’ancien Premier ministre, Ilunga Ilunkamba, forcé à la démission par la même plénière. Cela reflète un jeu de positions au sein de la plateforme politique du chef de l’État. Selon certaines sources, le Président Tshisekedi aurait assuré à Vital Kamerhe qu’il ne s’immiscerait pas dans les affaires parlementaires, conformément à ce qu’il a fait pour l’ancien ministre d’État à la Justice, Constant Mutamba, condamné à trois ans de travaux forcés pour «détournement de 19 millions USD destinés à la construction d’une prison à Kisangani, chef-lieu de la province de la Tshopo».

En 2009, Vital Kamerhe avait déjà été destitué une première fois pour avoir exigé l’interpellation du Premier ministre concernant l’entrée des troupes rwandaises en territoire congolais, notamment dans le Nord-Kivu, pour combattre les Forces démocratiques pour la libération du Rwanda -FDLR. L’histoire semble se répéter. 

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