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Violation du moratoire forestier: Liyota exhibe une lettre de Matata

Un rapport général au gouvernement avec la proposition de réattribution et la lettre du Premier ministre n°CAB/PM/CSE/PKB/2014/014429 du 15 septembre 2014 ont ouvert la voie à l’examen des demandes des concessions octroyées aux sociétés SOMIFOR et SODECO, soutient l’ancien ministre de l’Environnement en réaction aux accusations des ventes secrètes évoquées par Greenpeace Afrique
Ça passe à la défensive.
Pas d’accord avec le communiqué de Greenpeace Afrique du 12 juillet 2016, qui l’accuse de violation du moratoire forestier instauré en RD-Congo depuis 2002 par l’octroi de trois concessions forestières aux sociétés SOMIFOR dans la province de l’Equateur et FODECO dans la province de la Tshopo, Bienvenu Liyota Ndjoli, ministre honoraire de l’Environnement et Développement durable, est monté au créneau, décidé de rétablir la vérité déformée, selon lui.
A la faveur d’un point de presse, tenu mercredi 13 juillet dernier, le député national PDC a balayé d’un revers les accusations des ventes secrètes faites par Greenpeace, exhibant le rapport général adressé au gouvernement avec proposition de réattribution et la lettre du Premier ministre Matata Ponyo n°CAB/PM/CSE/PKB/2014/014429 du 15 septembre 2014 à l’origine de ces ventes. «Il n’y a jamais eu violation du moratoire étant donné que les titres de trois concessions dont parle Greenpeace ont été déclarés convertibles.
Les trois concessions visées par Greenpeace se trouvaient dans la catégorie de celles qui ont été retournées au domaine privé de l’Etat et qui, de ce fait, pouvaient être réattribuées», a rétabli Bienvenu Liyota.
Si l’actuel ministre de l’Environnement, Conservation de la nature et Développement durable, Robert Bopolo, soutient le récent rapport de l’ONG Greenpeace accusant la RD-Congo d’avoir accordé en 2015 trois concessions forestières d’une surface totale de 650.000 ha à la Société la Millénaire Forestière SARL -SOMIFOR- dans les provinces de l’Equateur et de la Tshuapa, ainsi qu’à la société Forestière pour le développement du Congo SARL -FODECO-, en violation du moratoire mis en place depuis 2002 sur l’attribution de nouveaux titres d’exploitation forestière, son prédécesseur, Bienvenu Liyota, donne un autre son de cloche.
Dans un exposé général sur le moratoire dont il est question, il indique que la RD-Congo n’a pas violé le moratoire forestier et la réattribution de ces concessions s’est faite en toute transparence.
Comment? A la clôture de la revue légale des titres d’exploitation forestière, seuls 81 titres ont été admis pour être convertis en contrats de concession forestière. «Les concessions forestières couvertes par ces anciens titres échappaient donc au moratoire et sont restés ouvertes à l’exploitation. A ce sujet, j’affirme que les titres de trois concessions ont été bel et bien déclarés convertibles», a répondu Liyota.
Dans le même registre, il a indiqué que les trois concessions visées par Greenpeace se trouvaient dans la catégorie de celles qui ont été retournées au domaine privé de l’Etat et qui, de ce fait, pouvaient être réattribuées.
Concernant l’accusation de la clandestinité de l’attribution de ces concessions, Liyota a rappelé que lors de la clôture du processus de conversion, un rapport général avait été adressé au gouvernement avec la proposition de réattribution de ces concessions.
En réaction, le Premier ministre avait, par sa lettre n°CAB/PM/CSE/PKB/2014/014429 du 15 septembre 2014, marqué son accord de principe, ouvrant ainsi la voie à l’examen des demandes de ces concessions. «C’est ainsi que les sociétés SOMIFOR et FODECO ont introduit leurs demandes qui ont été examinées.
D’ailleurs, même après mon départ, les dossiers ont suivi leur cours normal, du fait que mon successeur a continué le dossier par l’envoi en mission des agents pour clôturer les dossiers des négociations ou de mise à niveau des clauses sociales conclues avec les communautés locales riveraines», a-t-il souligné.
Tout en estimant que cette affaire est médiatisée à outrance, Liyota a fait savoir: «beaucoup ne maîtrisent pas les méandres de la gestion forestière, ce qui les pousse à considérer les apparences comme des vérités absolues, oubliant que leur action dans des cas comme celui-ci sont de nature à causer un préjudice énorme au pays».
Il a en outre confié qu’il apprécie à sa juste valeur le travail bénéfique que réalisent les ONG du secteur des forêts dont Greenpeace et c’est de bonne guerre.
Il appartenait au ministre Bopolo de rétablir la vérité mais il est, hélas, tombé dans ce qui frise le sensationnel. Liyota a dénoncé ce qui apparait comme un acharnement sur sa personne et la légèreté avec laquelle son successeur traite ce dossier d’état sans l’avoir bien cerné.
Guylain LUZAMBA

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