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Véron Mosengo-Omba dans de sales draps: le Secrétaire général de la CAF mis en examen après des accusations de paiement suspect sur des comptes bancaires suisses

Le secrétaire général de la Confédération africaine de football -CAF-, Véron Mosengo, est dans de sales draps après l’annonce, mercredi 2 octobre par le Tribunal pénal fédéral -TPF- suisse, de l’ouverture d’une enquête pour gestion déloyale, escroquerie et faux dans les titres. Si le document du TPF est caviardé, le média suisse Gotham est convaincu que les enquêtes portent sur Veron Mosengo, devenu homme fort du football africain avec l’arrivée de Motsepe aux affaires. D’origine RD-congolaise, Mosengo est surtout réputé proche de Gianni Infantino, président de la Fédération internationale de football association -FIFA. In fine, le parquet de Fribourg, qui instruit le dossier, investigue sur des versements suspects effectués sur les comptes bancaires suisses du puissant patron de la Confédération africaine de football, Patrice Motsepe.

Le parquet de Fribourg est en œuvre depuis le 20 février 2024, après un signalement d’une banque au Bureau de communication en matière de blanchiment d’argent. L’alerte faisait alors état du paiement des bonus exagérés à Mosengo, bien au-delà du maximum prévu dans son contrat de travail avec la CAF. Ces fonds ont été ensuite retirés en espèces pour entraver «toute possibilité de retracer [leur] utilisation».

Pour le service suisse anti-blanchiment, cette démarche exhale le parfum d’un «faisceau d’indices fondant des soupçons d’actes de gestion déloyale au profit de Mosengo-Omba». «Les soupçons quant à l’utilisation, par l’intéressé, de sa relation bancaire auprès de la banque C. pour déposer les liquidités résultant de l’infraction de corruption privée, entacheraient fortement, dans l’hypothèse où ils venaient à être confirmés, la réputation de la Suisse au vu de l’important procès médiatique qui s’ensuivrait», a justifié le parquet de Fribourg.

Ce «dossier explosif», qui pourrait compromettre la «réputation suisse», a été transmis, sans succès, au Ministère public de la Confédération -MPC-depuis le 12 mars dernier. Ce dernier avait alors estimé que les faits ne relevaient pas de sa compétence. Toutefois, le parquet de Fribourg a entrepris «d’obtenir suffisamment d’éléments pour pouvoir ensuite éventuellement revenir sur la question de la compétence fédérale ou cantonale».

Une ingérence et une influence qui s’accroit

Bien au-delà de la Suisse, cette affaire vient exhumer de vielles accusations portées contre Mosengo, notamment en RD-Congo où il est présenté comme celui qui aura pesé de tout son poids pour l’imposition d’un comité de normalisation à la Fédération congolaise de football association -FECOFA. Ironie du sort, Dieudonné Sambi, un de ses proches a été désigné pour diriger ce comité. Plus d’une année après, le Conor de la FECOFA peine à normaliser réellement le football en RD-Congo, démontrant des lacunes inexplicables.

A la CAF, il n’est pas non plus exempté de critiques. Fin juillet, le COMEX s’était réuni en urgence pour tabler sur un scandale financier dont serait auteur le SG Mosengo. Ce dernier avait alors évoqué, via ses réseaux sociaux, une «tentative de sabotage» de ses efforts «pour redresser et régulariser cette institution [la CAF]». S’il comptait sur une «enquête indépendante» pour démontrer la «fausseté» du rapport qui l’incriminait «sans preuves documentées», Mosengo a été pris de court le 20 septembre quand la Commission d’audit et de conformité de la CAF a demandé sa suspension pour avoir recruté une consultante externe sans l’accord préalable de la Commission d’audit qui a, dans la foulée, rejeté les états financier de la CAF arrêtés au 30 juin 2023.

Mosengo-Omba tire son influence d’Infantino. Les deux hommes se sont rencontrés pour la première fois à l’Université de Fribourg. En 2021, Mosengo-Omba est nommé secrétaire général de la CAF par Patrice Motsepe, alors fraîchement élu. Infantino, son mentor, n’est nullement étranger à cette nomination, lui qui a mouillé le maillot en faveur du candidat Motsepe. La complicité entre les deux hommes est un secret de polichinelle.«Depuis que j’ai été nommé secrétaire général de la CAF, qui est basée au Caire, il n’est pas encore venu. Je lui répète pourtant: ‘Tu dois venir voir ton pote’. On travaille ensemble, bien sûr, mais le reste, ce sont des fantasmes», avait cependant tenté de relativiser Mosengo-Omba dans les colonnes du Tempsen février dernier.

DL

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