Dossier à la UneNationPolitique

Tshisekedi-Banza: les dessous d’une trahison

Certains gestes suffisent à tout révéler. Depuis quelques temps, Dany Banza, ancien puissant ambassadeur itinérant du président de la République, Félix Tshisekedi, laisse transparaître sa stratégie et sa méthodologie pour infliger un coup de poignard à son camp politique et à son ancien protecteur. Avec ses ambitions clairement tournées vers 2028, il semble prêt à ôter les masques. Dans sa dernière interview accordée à Trésor Muntu, Banza se présente à la fois en victime et en acteur clé d’un système qu’il prétend combattre depuis plusieurs mois.

Il accuse ouvertement des membres de l’entourage présidentiel de vouloir l’assassiner, citant notamment le conseiller privé Kao Mandungu et Lisette Kabanga, une des responsables du Conseil national de cyberdéfense. «C’est une manière subtile d’accuser le régime, le système et son chef. Autrement dit, tant que Mandungu et Kabanga restent à leurs postes, le président Tshisekedi cautionnerait leurs supposés plans contre Banza. Pareilles insinuations sont très graves», analyse un diplomate, convaincu qu’une trahison se prépare.

Une rupture de confiance manifeste

Accuser publiquement et gravement des collaborateurs de son mentor laisse peu de doute: la relation de confiance est rompue, ou sur le point de l’être. L’ancien ambassadeur semble avoir choisi une stratégie politique claire: approcher, profiter, puis frapper. Membre actif du G7 de Moïse Katumbi entre 2015 et 2016, Banza avait rencontré Félix Tshisekedi grâce à l’ancien gouverneur du Katanga. Mais il a tourné le dos à son guide en juin 2017 pour regagner le FCC puis rallier Félix Tshisekedi peu après son élection à la présidentielle de 2018. Entre mai 2017 et janvier 2019, Banza aura porté les casquettes de trois écuries politiques différentes. Ça ne peut que faire jaser sur son habileté à finasser. 

Opportunisme et influence

Avant cette époque pourtant, Banza s’était opposé à la candidature de Tshisekedi et de Martin Fayulu, et avait activement soutenu Emmanuel Shadary, le dauphin de Joseph Kabila, mettant en avant son rôle d’allié du PALU. Ce caractère opportuniste explique son rapprochement ultérieur avec Tshisekedi. «Au sein du cercle présidentiel, Banza a su tisser sa propre toile, plaçant ses hommes dans l’appareil d’État, manipulant gouverneurs et opérateurs économiques, et promettant le Grand Katanga au président. Mais les résultats électoraux de 2023 dans cette région ont finalement révélé l’ampleur de ses manœuvres et de sa fourberie, suscitant le scepticisme sur sa loyauté envers l’Union sacrée. Bien que vainqueur de la présidentielle, Félix Tshisekedi est arrivé loin derrière Moise Katumbi dans le Grand Katanga», confie un habitué du Palais. 

Monaco comme camp de base et ambitions pour 2028

Aujourd’hui, ayant pris le contrôle du secteur de la sous-traitance et des millions de dollars empochés, Banza s’oppose en privé à la révision de la Constitution pourtant soutenue par le camp présidentiel. Depuis son exil à Monaco, qu’il n’a pas nié dans sa dernière sortie médiatique, tout en accusant certains membres de l’entourage de Tshisekedi, il dévoile son jeu: victimisation, chantage, corruption et manipulation. Banza dit avoir décidé de brider le silence huit ans après. Il donne la date de son retour au pays, vers le 23 octobre. Il dit qu’il commencera par Kinshasa avant le Katanga, où il fera une tournée dans tous les chefs-lieux et il s’exprimera devant «  ».

Les observateurs politiques y notent son stratagème: «concentrer sa communication sur le Katanga, sa supposée région d’influence, plutôt que de s’adresser à l’ensemble du pays». Une approche qui laisse penser que la province servira de tremplin pour ses ambitions futures. Prêt à défier Tshisekedi et à exposer son allié traditionnel Sama Lukonde et son suppléant Hervé Nkulu. Après avoir trahi Kabila et Katumbi, Banza semble prêt à défier Tshisekedi pour ses propres intérêts politiques, au grand dam de Sama Lukonde, actuel président du Sénat et allié historique, ainsi que son suppléant au Sénat Hervé Nkulu, tous deux contraints de choisir publiquement leur camp.  Les analystes s’interrogent sur la manière dont l’Union sacrée laisse se déployer un tel schéma, alors qu’une nouvelle machine hostile semble déjà lancée.

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page