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Thomas Lokondo appelle la classe politique au respect des textes

«Commémorer la date du 30 juin, jour de l’indépendance, dans la méditation», c’est l’appel lancé, vendredi 30 juin 2017, par le Chef de l’Etat Joseph Kabila à l’ensemble du peuple RD-congolais. A l’Union congolaise pour la liberté -UCL-, sociétaire de la Majorité présidentielle, le message du Chef de l’Etat a été bien compris. Le président de ce parti politique, le député national Thomas Lokondo a, lui, choisi de méditer en relisant les trois discours prononcés le 30 juin 1960 successivement par le Roi Baudouin 1er, le Président Joseph Kasa-Vubu et le Premier ministre Patrice Emery Lumumba. A travers le message adressé aux militants de sa formation politique à cet effet, Thomas Lokondo invite le peuple RD-congolais, plus particulièrement les politiques, au respect des textes. Evoquant ainsi les deux discours diamétralement opposés dans le style comme dans le ton, respectivement prononcés par le Président de la République Joseph Kasa-Vubu et le Premier ministre Patrice Lumumba, dont la conflictualité rédactionnelle avait produit des conséquences désastreuses pour le jeune Etat RD-congolais. Le président de l’UCL démontre que ces faits historiques constituent le péché originel de la RD-Congo dès son enfantement et restent une tare qui se perpétue dans la gestion du pays. A l’en croire, il s’est agi bel et bien du non-respect des textes constitutionnels, légaux et réglementaires, voire des conventions internationales dûment ratifiées par la RD-Congo et qui ont une autorité supérieure au droit positif interne. Ce qui, poursuit-il dans son message, a été depuis le «jour sacré» à l’origine des tensions de tout genre qui ont émaillé l’histoire de la RD-Congo et l’empêchent jusqu’aujourd’hui de fonctionner normalement. Que devrions-nous faire pour respecter les textes qui nous régissent pour le développement intégral de notre pays? A ce questionnement, le député national et président de l’UCL répond: «dès lors, prenons le plus bel élan». Ci-dessous, l’intégralité de son message aux membres de son parti politique.
Olitho KAHUNGU
 
Message de l’honorable Henry-Thomas Lokondo Yoka aux militantes et militants de l’Union congolaise pour la liberté-UCL- à l’occasion de la date du 30 juin 2017
Le Président de la République a demandé au peuple congolais de commémorer la date du 30 juin, jour de l’indépendance dans la méditation.
J’ai médité en relisant les trois discours prononcés le 30 juin 1960 successivement par le Roi des belges Baudouin 1er, par le Président Joseph Kasa-Vubu et le Premier ministre Patrice Emery Lumumba.
Du côté belge, il n’y avait qu’un seul discours prononcé par le Roi Baudouin, Chef de l’Etat, et ce, malgré la présence du Premier ministre Gaston Eyskens chef du gouvernement belge; alors que du côté congolais, il y en avait deux. l’un prononcé par le Président Kasa-Vubu, Chef de l’Etat et l’autre non prévu par le protocole prononcé par le Premier ministre Lumumba, chef du gouvernement.
Deux discours diamétralement opposés, dans le style comme dans le ton, et dont la conflictualité rédactionnelle avait produit des conséquences désastreuses pour le jeune Etat congolais. Ces deux discours étaient aussi la preuve de la non concertation entre les deux institutions à un moment aussi historique et solennel pour notre pays.
Et ce, simplement parce que d’après l’histoire, du côté congolais, il y a eu absence du respect des textes, plus précisément de la loi fondamentale de 1960.
En Belgique, tous les discours prononcés officiellement par le Roi sont rédigés par le gouvernement belge. Car, d’après la Constitution belge qui consacre le régime parlementaire, le Roi règne mais ne gouverne pas.
La loi fondamentale de 1960 calquée sur la Constitution belge faisait malheureusement du Président Kasa-Vubu, un Président qui règne mais qui ne gouverne pas. Par conséquent, comme en Belgique, le discours du Président Kasa-Vubu aurait dû être rédigé par le gouvernement congolais. Ce qui ne fut pas le cas parce que d’après les témoins de l’époque, le Président Kasa-Vubu avait refusé de soumettre son projet de discours à la censure du gouvernement, violant ainsi la Constitution de l’époque dite « loi fondamentale », et ce, malgré les exigences du gouvernement Lumumba.
La suite de l’histoire est connue… Le premier ministre posera un acte non conventionnel à cause du non-respect des textes. Lui-même aussi, en dépit de tout, ne pouvait pas le faire parce qu’il n’était pas Chef de l’Etat.
Ces faits historiques qui constituent le péché originel du Congo dès son enfantement, restent malheureusement une tare qui se perpétue dans la gestion de notre pays.
Le non-respect des textes constitutionnels, légaux et réglementaires, voire des conventions internationales dûment ratifiées par notre pays et qui ont une autorité supérieure au droit positif interne, a été depuis le «jour sacré» à l’origine des tensions de tout genre qui ont émaillé l’histoire de notre nation et l’empêche jusqu’aujourd’hui de fonctionner normalement.
Qu’avons-nous fait, que faisons-nous et que devrions-nous faire pour respecter les textes qui nous régissent pour le développement intégral de notre pays? Pas assez. Dès lors, «Prenons le plus bel élan» quant à ce.
Bonne fête de l’indépendance.
 
Henri-Thomas Lokondo Yoka
Président national de l’Union congolaise pour la liberté-UCL.
Député national

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