
Le député Eric Tshikuma a déposé, le lundi 16 mars 2026, à l’ouverture de la session parlementaire, deux propositions de loi jumelles visant à réformer l’encadrement juridique des libertés publiques en République Démocratique du Congo. L’objectif déclaré est double: protéger la liberté de conscience et d’association des Congolais tout en prévenant les dérives susceptibles de troubler l’ordre public et la cohésion sociale.
S’appuyant sur les articles 22 et 37 de la Constitution du 18 février 2006, la première proposition précise les modalités d’exercice de la liberté de pensée, de conscience et de religion. Le texte garantit le droit individuel de croire ou de ne pas croire, distingue clairement pratiques privées et manifestations collectives, prohibe la discrimination religieuse et instaure la responsabilité personnelle en cas d’atteinte aux droits d’autrui. Il prévoit également des mesures de protection pour les minorités et un encadrement particulier concernant l’expression religieuse des mineurs, en privilégiant le dialogue comme moyen de résolution des conflits interconfessionnels.
La seconde proposition vise à renforcer la réglementation des associations, après les dysfonctionnements observés sur le terrain. La création d’une association devra désormais s’appuyer sur un dossier complet -statuts, règlement intérieur, manuel de procédures-; la réception de dons et de legs sera strictement encadrée; et des exigences de transparence financière, de gouvernance, de respect des normes comptables, d’obligations fiscales et de reporting périodique seront imposées. Le projet distingue par ailleurs les formes particulières d’organisations, encadre la représentation d’entités étrangères et institue un régime de sanctions en cas de manquements.
Selon Tshikuma, ces deux textes complémentaires cherchent à concilier liberté et responsabilité pour construire une société plus inclusive et pacifique. Député de la circonscription de la Funa à Kinshasa, il a appelé les parlementaires à examiner rapidement ces propositions et à engager des débats substantiels: «J’espère que ces lois seront débattues au cours de cette session et qu’elles répondront aux attentes de notre peuple», a-t-il déclaré, plaidant pour des mesures concrètes favorisant le bien-être collectif et la cohésion nationale.


