
Judith Suminwa est aujourd’hui une femme en danger. Il y a eu certes mort d’homme, celle d’un agent PCR, le brigadier de 1ère classe Fiston Kabeya, après l’interpellation brutale et violente par la garde rapprochée de la Première ministre dont le cortège s’est faufilé dans le sens contraire. Mais l’intention de nuire, de salir et d’écorcher l’image de la première femme cheffe du gouvernement a tout gâché et révélé la stratégie des snipers: cette vieille vidéo manipulée, tirée dans les poubelles et sortie de son contexte pour mêler, coûte que coûte, le décès de l’agent Kabeya -paix à son âme- à la Première ministre, dans un contexte sensible. Triste fin pour Fiston Kabeya.
L’agent PCR a été retrouvé mort dans les geôles de l’Auditorat militaire, où sa hiérarchie l’avait conduit quatre jours plus tôt, à l’insu de la Première ministre, certainement après s’être rendu compte de la série de bavures et fautes commises depuis son interpellation et son incarcération. Les faits se produisent au moment où le gouvernement d’Union nationale est en préparation. La Police nationale dont dépend l’Unité spéciale de protection des VIP a beau produire une mise au point et mettre en garde contre la manipulation, les réseaux sociaux étaient déjà dans la sauce.
Les détracteurs de la Première ministre ont vite trouvé l’opportunité d’exploiter cet incident malheureux pour vraisemblablement pousser le chef de l’État à écarter Judith Suminwa, dont les réformes courageuses -comme le doublement de la solde des militaires et policiers- ont renforcé le moral des troupes et dérangent les ennemis de la République. Pour ce faire, ils s’accrochent sur une vidéo, où une personne se réclamant agent PCR allègue qu’un membre de la sécurité de la Première ministre aurait appréhendé le brigadier Fiston Kabeya Senda, qui serait décédé des suites de tortures.
Puis, apparemment les mêmes officines ont remis en circulation une vieille vidéo montrant un homme en civil en train de se faire rouer des coups par une dizaine de policiers. Après fact checking, ces dernières images s’avèrent étrangères au prétendu passage à tabac et à la mort de Fiston Kabeya. Toutes ces allégations, bien que choquantes, sont instrumentalisées dans un contexte de cabale politique. Qui a donc recueilli le témoignage de ce policier sans l’autorisation de sa hiérarchie? Une main noire? Une main invisible? De quelle obédience?
La PM pas directement incriminée par le témoignage et la vidéo
Voici que le témoignage et la vidéo elle-même ne dit pas que Judith Suminwa était pas sur place et qu’elle aurait donné l’ordre d’appréhender et de brutaliser le policier. L’incident est clairement détourné pour salir l’image de la PM, étrangère aux faits.
Incroyable et pitoyable scène médiatique. Les pourfendeurs de la Cheffe du gouvernement et les médias relais seraient incapables de voir les faits, les analyser et tirer une conclusion objective? Pourquoi refusé de voir l’évidence ci-après. La garde de la Première ministre est assurée par l’Unité de Protection des Institutions et Hautes Personnalités, l’UPI-HP de la Police Nationale Congolaise. La PM ne choisit pas ses agents, encore moins leurs actions individuelles. Ces policiers ne sont pas sous ses ordres. Ils sont sous les ordres de la hiérarchie de la police. Cela n’explique-t-il pas pourquoi la PNC a été la première instance à faire un communiqué sur l’incident?
La Police nationale n’a-t-elle pas opté pour la transparence en saisissant la justice militaire, qui a aussitôt ouvert des enquêtes? N’est-ce pas là la preuve que l’État veut et fait respecter la procédure, contrairement aux accusations précipitées des détracteurs, des juges des réseaux sociaux?
Voici que les connaisseurs font part des conflits internes récurrents entre unités de la Police, évoquant les altercations souvent et malheureusement régulières entre policiers UPI-HP le PCR dans le trafic routier. En quoi ces couacs fréquents familiers des usagers de la route devraient engager les personnalités protégées? Judith Suminwa ne parait-elle pas dans ce cas précis victime d’un dysfonctionnement qu’on cherche à lui imputer?
Ne devrait-on pas finalement penser, opiner que la PM serait devenue une autre cible politique privilégiée après avoir pris la courageuse décision de doubler les soldes des forces de défense -une première depuis Lumumba à en croire les historiens-? Pour avoir montré un tel engagement pour la stabilité du pays qui fait face à une agression extérieure, les adversaires de la Première ministre n’ont-ils pas cru le moment venu pour l’affaiblir?
Pourquoi ne pas attendre l’aboutissement des enquêtes et un éventuel verdict de la justice? Pourquoi a-t-on choisi le raccourci en violant la présomption d’innocence de la Première ministre?
Le bons sens veut que tout le monde attende l’issue des enquêtes et des poursuites ordonnées par le ministère de la Justice. Si la culpabilité des policiers poursuivis est établie, ils subiront la rigueur de la loi, conformément à l’Art. 48 du statut de la police, interdisant torture et traitements inhumains.
À en croire le chroniqueur judiciaire Smeth Kusolika, cette affaire, bien que tout le monde déplore la mort de l’agent PCR Kabeya, se rapproche l’affaire dite de la Contrescarpe, en France, où Alexandre Benalla, ex-chargé de mission, ex-coordinateur de différents services lors des déplacements officiels et privés du président Emmanuel Macron, lors de son premier mandat, en 2017 et 2018. Benalla était accusé d’avoir usurpé la fonction de policier, interpellé et violenté un couple de personnes qui a lancé des projectiles sur des CRS lors d’une des manifestations du 1er mai 2018 à Paris.
La scène, filmée par plusieurs témoins et diffusée sur les réseaux sociaux, n’était médiatisée que le 18 juillet 2018, lorsque le quotidien Le Monde a publié un article identifiant Alexandre Benalla. L’Élysée est informée dès le 2 mai de son identité et a sanctionné Benalla par une mise à pied pendant quinze jours en mai, avec rétrogradation de ses fonctions. Il lui était également reproché, par des vidéos dévoilées au mois de juillet de la même année, d’avoir participé le même jour à une autre interpellation au Jardin des plantes.
