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Scission du M23: Une fable signée Kagame et Museveni!

Paul Kagame, le parrain de la rébellion du M23
Paul Kagame, le parrain de la rébellion du M23
Jusqu’ici secrétaire permanent de ce mouvement rebelle défait
militairement par les FARDC, il affirme bénéficier du soutien de la
majorité des membres de l’ex-rébellion et annonce son intention de
signer les conclusions des pourparlers de Kampala avec Kinshasa
Lors d’un point de presse à Kampala, le mercredi 13 novembre 2013,
Serge Kambasu Ngeve, a indiqué que son aile était prête à signer les
conclusions des pourparlers de  Kampala, comme souhaité par la
délégation du gouvernement RD-congolais. L’histoire se répète. Et les
pièces de rechange ne manquent pas dans les magasins des présidents
rwandais et Ougandais. Le scénario est le même. Le Rassemblement
congolais pour la démocratie -RCD- a éclaté en plusieurs ailes
notamment RCD/Goma, RDC/KM et RCD/N. La différence s’est montrée. Le
RDC/Goma appartient aux rwandophones et les deux autres ailes aux
RD-Congolais, à savoir Antipas Mbussa Nyamwisi et Roger Lumbala. Le
RCD/Goma a engendré le CNDP et ce dernier à son tour a enfanté le M23.
Il y a des similitudes. Kampala et Kigali cherchent toujours à trouver
un pion qu’ils manipuleraient à la tête du mouvement rebelle pour
déstabiliser la RD-Congo. L’affaire remonte en 2004 lorsque Laurent
Nkundabatware, général issu du RDC/Goma refuse d’intégrer les rangs
des FARDC à Kinshasa. Il soutient le colonel Jules Mutebusi qui a
envahi la ville de Bukavu avant d’y être délogé par le général Mbuza
Mabe. Nkunda crée le CNDP. Il est rejoint par Bosco Ntaganda. Coincé
par la justice RD-congolaise et internationale, Nkunda se réfugie au
Rwanda et est remplacé par Bosco Ntaganda. Ce dernier, à son tour est
mis hors-jeu par ses parrains avec son bras droit Jean-Marie Runiga au
profit de Sultani Makenga. Aujourd’hui que les crimes pèsent sur
Makenga, voici que Kigali et Kampala trouvent une pièce de rechange, à
savoir Serge Kambasu Ngeve pour occuper la place de Bertrand Bisimwa.
Du coup, le mouvement rebelle éclate pour la seconde fois en deux
ailes différentes, à savoir l’aile Kambasu et celle de Bisimwa. C’est
le jeu de Museveni et Kagame. L’information de la scission du M23
vaincu militairement est relayée par Jeuneafrique.com. Ce que les deux
pays n’ont pas su gagner militairement, ils espèrent le gagner par le
dialogue qu’ils veulent imposer à Kinshasa en tenant à tout prix à la
signature d’un accord entre la RD-Congo et le M23.
Changement de stratégie et remplacement imminent. Voilà qui
caractérise le climat qui prévaut actuellement au sein de
l’ex-mouvement rebelle du M23. Vaincu militairement par l’armée
régulière RD-congolaise, le M23 n’existerait plus, du moins sous sa
forme la plus nuisible. Dans l’entretemps, des pressions sont exercées
sur Kinshasa par Mary Robinson, représentant spécial du Secrétaire
général de l’ONU dans les Grands Lacs et le duo Kagame-Museveni pour
qu’un accord de paix soit signé entre le gouvernement et le mouvement
rebelle. Kinshasa, fort de sa victoire militaire a refusé de tomber
dans le piège de Kampala. Il préfère signer une déclaration de fin des
pourparlers que de signer un accord de paix avec l’ex-rébellion. Les
choses se sont compliquées et la délégation gouvernementale à regagné
Kinshasa sans pour autant signer aucun papier. La médiation est dans
la tourmente. La position de la RD-Congo est claire : «le document à
signer doit refléter la réalité du terrain car il y a le gouvernement
légitime d’une part et une rébellion défaite d’autre part», a déclaré
Raymond Tshibanda, chef de la délégation gouvernementale à Kampala à
son retour dans la capitale le mardi dernier. Les autorités
ougandaises ont indiqué que le dialogue allait se poursuivre pour
obtenir la signature avortée,  menaçant même Kinshasa de ne pas lui
remettre les rebelles réfugiés sur le sol ougandais.
Pour ne pas se sentir humiliés, les deux parrains de la rébellion
vaincue chercheraient une issue qui les protégerait. Cette issue,
c’est de procéder au changement de la direction de l’ex-mouvement
rebelle. A la place de ceux qui sont poursuivis par la justice à cause
des crimes de guerre et crimes contre l’humanité sur le sol
RD-congolais, Museveni et Kagame rééditent leur exploit de changer la
tête de l’ex-mouvement, comme ils avaient réussi à le faire avec
Nkunda, Bosco Ntaganda et Runiga. «Nous pouvons faire le même jeu pour
Sultani Makenga en proposant Kambasu comme négociateur et nous allons
convaincre Kinshasa à signer l’accord», se sont-ils dits. Mais ils
oublient que la donne politique et militaire a fondamentalement
changé.
C’est dans cette optique que le Mouvement du 23-Mars -M23- a été
désormais poussé par ses parrains à éclater en deux branches
distinctes. Selon jeuneafrique.com, son secrétaire permanent, Serge
Kambasu Ngeve, affirme bénéficier du soutien de la majorité des
membres de l’ex-rébellion et annonce son intention de signer les
conclusions des pourparlers de Kampala avec le gouvernement
RD-congolais. Une démarche qui s’éloigne de la position prise
initialement par le bureau politique du groupe armé, aujourd’hui
défait. L’aile Kambasu se veut réaliste et espère arriver à la
signature d’un accord avec Kinshasa peu importe la dénomination
-déclaration finale ou accord-. «Nous refusons d’être pris en otage
par une minorité de personnes qui bloquent l’aboutissement du
processus de paix», dit Kambasu en faisant allusion à certains de ses
camarades hantés par le terme «accord de paix» comme intitulé du
document qui doit sanctionner les pourparlers entre le gouvernement
congolais et le M23. Pourtant, Kinshasa ne veut pas entendre ce mot.
Fort de sa victoire militaire sur le terrain, il préfère les termes
déclaration ou conclusions.
Qu’allons-nous devenir?, se demande Kambasu
Dans un point de presse à Kampala, le mercredi 13 novembre 2013, Serge
Kambasu Ngeve, a indiqué que son aile était prête à signer les
conclusions de Kampala, un des termes souhaités par Kinshasa, avec la
délégation du gouvernement RD-congolais. « Ce jeu de vocabulaire,
certes avec des implications politiques, ne peut, en aucun cas,
conduire à un suicide collectif pour notre organisation et des
milliers des membres qui la composent», a-t-il souligné.
Selon Jeune Afrique, celui qui se considère comme le «négociateur
principal du M23» s’interroge sur la «capacité visionnaire» de ceux
qui sont à la tête de leur groupe armé défait. Il pose une question à
Bertrand Bisimwa, chef politique du M23 et à Réné Abandi, le chef de
la délégation de l’ex-rébellion à Kampala : «Si nous ne concluons pas
les pourparlers de Kampala avec le gouvernement, qu’allons-nous
devenir ? Que vont devenir les ex-combattants rebelles». Il appartient
aux intéressés d’y répondre.
Pour le moment, l’ex-rébellion vit un tournant décisif et tente de se
survivre.
De toute évidence, l’aile Kambasu eut obtenir en échange
«l’amnistie et le cantonnement ou la réinsertion à la vie civile de
nos troupes »,  précise celui qui passe pour le nouveau chef du M23.
Quitte à la médiation ougandaise de savoir ménager car on ne sait pas
si le gouvernement RD-congolais accepterait de signer une déclaration
avec une nouvelle aile du M23 mise en place par Kigali et Kampala.
Mais Kinshasa n’est pas dupe, estime un observateur.
Octave MUKENDI

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