
«Succès». Ainsi s’est soldée l’intervention chirurgicale sur Salomon Kalonda, conseiller spécial de l’opposant Moïse Katumbi, admis à l’hôpital universitaire Erasme à Bruxelles depuis le 30 mars dernier, peu après sa sortie de prison.
Détenu durant dix mois à la prison militaire de Ndolo, Salomon Kalonda est bénéficiaire d’une mesure de libération provisoire décidée par la Cour militaire de Kinshasa-Gombe sur base des rapports médicaux faisant état d’une dégradation conséquente de sa santé et mettant en jeu son pronostic vital.
Fort de cette liberté provisoire, Kalonda, qui s’est envolé dans la foulée pour Bruxelles afin de bénéficier des soins appropriés, a «bon espoir de parvenir à une guérison rapide». Ainsi s’est-il exprimé, le jeudi 18 avril 2024 via Twitter, dans son tout premier message au public depuis sa libération, témoignant sa gratitude aussi bien envers les autorités politiques et judiciaires qu’envers le personnel médical RD-congolais et belge.
«Je rends grâce à Dieu qui m’a permis de tenir tout au long de cette épreuve. J’exprime ma gratitude à l’endroit des autorités politiques et judiciaires qui ont permis que j’aille me faire soigner dans un cadre approprié», a déclaré celui qui a été élu député provincial du Maniema lors des législatives du 20 décembre dernier malgré son incarcération.
Et d’enchaîner: «Je remercie de tout cœur celles et ceux qui, dans la lumière comme dans l’ombre, se sont mobilisés et m’ont soutenu dans ces moments difficiles: la famille, les amis et connaissances, les confessions religieuses, les activistes des droits de l’Homme, les électeurs qui m’ont accordé leur confiance, mes avocats, ainsi que tout particulièrement, le personnel médical à Kinshasa qui a fait preuve d’une grande compétence, d’un grand dévouement et d’une bienveillance exceptionnelle».
Pour sa première sortie post-libération, Kalonda s’est aussi montré très reconnaissant envers le «chirurgien et l’urgentiste» de l’hôpital universitaire Erasme qui l’ont pris en charge, non sans annoncer ses intentions de «revenir très vite chez nous en RD-Congo». Sans doute, pour y poursuivre, aux côtés de son mentor et président d’Ensemble pour la République, Moïse Katumbi, son combat politique sous la bannière de l’opposition républicaine.
Impossible pour le Spécial du chairman de se lancer dans un tel combat sans entretenir une «pensée spéciale» envers Chérubin Okende, cet opposant retrouvé mort le 13 juillet 2023 à bord de son véhicule, le corps ensanglanté et criblé de balles. En même temps, Kalonda est rongé par le regret de ne pas pouvoir «dire au revoir -à son- ami -et- frère». «Je tiens à assurer toute la famille de mon entière fidélité à sa mémoire», a-t-il dit, alors que la famille Okende, qui a rejeté les conclusions de l’enquête judiciaire faisant état d’un «suicide», a initié une nouvelle plainte contre inconnu. Cette plainte est motivée par des éléments nouveaux, notamment l’audio de l’ancien ministre du Tourisme, Modero Nsimba, dont le contenu met en cause un frère du Président de la République et les renseignements militaires.
Dans un décor marqué par des arrestations irrégulières et intempestives, Salomon Kalonda n’a su s’empêcher de pousser un coup de gueule contre le sort réservé à Mike Mukebayi, cadre d’Ensemble pour la République qui est «détenu sans jugement à Makala». «J’espère la libération très rapide», a-t-il souhaité, avant de remercier Dieu pour la libération du journaliste Stanys Bujakera qui a passé six mois en détention, accusé d’avoir répandu un faux bruit et d’être auteur d’un faux rapport attribué à l’Agence nationale des renseignements mettant en cause le rôle des renseignements militaires dans la mort de l’opposant Chérubin Okende.
Dans son message, Salomon Kalonda a en outre rassuré qu’il «n’oublie pas» tous ceux qui «ont vécu ou vivent l’expérience douloureuse de la prison». Entre les quatre murs, il a été écroué depuis son arrestation, fin mai 2023, sous le nez de Moïse Katumbi, sur le tarmac de l’aéroport de N’Djili alors qu’il s’apprêtait à prendre son vol pour Lubumbashi. Kalonda est accusé d’être de collusion avec les rebelles du M23 qui contrôlent plusieurs localités RD-congolaises du Nord-Kivu. Ces rebelles, selon le gouvernement RD-congolais, des experts des Nations-Unies et des chancelleries occidentales, bénéficient du soutien de l’armée rwandaise pour commettre des exactions contre les civils dans les localités sous leur contrôle.
