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Révision de la Constitution: la position officielle de Mende

Lambert Mende, porte-parole du gouvernement
Lambert Mende, porte-parole du gouvernement
Sachant que la Majorité à laquelle elle appartient a la main pour conduire les réformes destinées à amener le pays vers l’émergence, la CCU s’est prononcée pour un recours au constituant originaire
Ça bouge fort à la Majorité présidentielle -MP. Peu après la sortie du PPRD Evariste Boshab, du CNC Pius Muabilu et du PA Tryphon Kin-kiey, Lambert Mende Omalanga vient lui aussi de donner la position officielle de son parti, la Convention des Congolais unis -CCU- sur la révision constitutionnelle. La révision, c’est une affaire congolo-congolaise. Un débat de la population, a-t-il asséné en estimant que seul le référendum va trancher. 
«La révision de la Constitution, c’est une pratique légale. Ce n’est pas une affaire des étrangers mais une affaire congolo-congolaise», a déclaré samedi 2 août, peu avant son départ pour les Etats-Unis où il devra prendre part à un débat public sur la question avec d’autres cadres de la Majorité présidentielle et de l’Opposition, l’autorité morale de la Convention des congolais unis -CCU-, Lambert Mende Omalanga, donnant ainsi pour la première fois la position officielle de son parti sur un point qui focalise l’attention de l’opinion depuis bientôt une année. «La Constitution de 2006 a elle-même prévu les mécanismes de sa révision.
La modifier est donc une démarche légale et c’est ce que la Majorité présidentielle compte faire en recourant au constituant originaire, la population, par voie de référendum», a poursuivi Mende devant les cadres de la CCU réunis dans la salle des banquets de l’Hôtel Africana Palace, à Kinshasa. A la MP, le débat sur la constitution a donc cessé d’être un tabou. Après le PPRD, le CNC et l’autorité morale du Parti pour l’Action, Tryphon Kin-kiey, c’est le tour de la CCU de dire ce qu’elle en pense.
Le souhait de Mende est que la Constitution de 2006, élaborée et votée dans un contexte de guerre et pour mettre fin à la situation de belligérance, s’adapte aux défis actuels du pays: la stabilité et l’émergence. Le patron de la CCU a donné l’exemple de la France qui a révisé sa Constitution sept fois durant les huit dernières années. Et d’interroger si c’est un péché pour la RD-Congo que de retoucher la sienne pour la deuxième fois en l’espace de huit ans. Rien de nouveau sous le soleil. A Kinshasa ou ailleurs, il n’y a donc pas de droit à l’injustice ni à l’ingérence. Mende a invité la population à ne pas suivre les appels étranges de l’Opposition et de l’Eglise dont les princes étaient, selon lui, les premiers à dénoncer la Constitution de 2006.
Au-delà de cette polémique, Mende a fait savoir que la CCU soutient le calendrier publié par la CENI, expliquant qu’il est juste de vider les arriérés électoraux, notamment les locales, jamais organisées depuis 2006, et les législatives provinciales, non tenues en 2011. Il a ajouté que faute des moyens, la RD-Congo ne peut pas se payer le luxe d’organiser au même moment les élections générales alors que le pays a aussi d’autres priorités.
Répondant à l’argumentaire des radicaux selon lequel la CENI roule pour la chapelle Majorité en évoquant le coût élevé des élections générales pour éviter la présidentielle de 2016-, Mende a eu cette réponse: «organiser le référendum en même temps que les élections locales, municipales et urbaines ne nécessiteraient pas des frais supplémentaires. Le référendum coûterait 0 dollar dans ce cas».
Une manière d’inviter l’Opposition d’avoir le courage de dire la vérité à la population sur le coût des élections, la fragilité du tissu sociopolitique du pays et le bien fondé de la révision de la Constitution pour sa consolidation. Mende a également dit que l’Opposition doit avouer qu’elle aurait fait la même chose si elle avait reçu mandat de la population. Pour l’heure, seule la Majorité présidentielle, victorieuse à l’issue des élections de 2011, a la main et l’initiative d’entreprendre les réformes souhaitées par le peuple et personne ne lui en fera reproche.
Tino MABADA
 
 

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