
Dans un contexte international en constante recomposition, la République Démocratique du Congo vient de signer une avancée diplomatique majeure. Le mardi 3 juin 2025, le pays a été élu membre non permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies pour la période 2026-2027, avec 183 voix sur 187 votants. Cette élection marque son retour au sein de l’organe exécutif de l’ONU plus de trente ans après sa dernière présence. La veille, Kinshasa avait déjà été portée à la vice-présidence de la 80e session de l’Assemblée générale de l’ONU, dont l’ouverture est prévue le 9 septembre 2025. Ces deux succès diplomatiques, salués sur le plan national et international, témoignent d’un retour en force de la RDC sur la scène mondiale. À travers une diplomatie offensive et structurée, les autorités congolaises ambitionnent de repositionner le pays au cœur des débats internationaux.
Un retour attendu au Conseil de sécurité
La RDC n’est pas novice au sein du Conseil de sécurité. Elle y a siégé pour la première fois en 1982-1983, sous le régime du maréchal Mobutu Sese Seko, puis en 1990-1991. Ce retour attendu dans l’arène onusienne intervient à un moment stratégique, dans un monde confronté à des crises sécuritaires multiples et à des défis de gouvernance mondiale.
Lors de la clôture de la campagne pour cette candidature, le Président Félix-Antoine Tshisekedi avait plaidé en faveur d’un renforcement de la voix africaine au sein des institutions multilatérales. «Nous savons d’où nous venons, et c’est avec cette mémoire vive que nous voulons porter la voix d’une Afrique actrice de son destin», avait-il déclaré à Kinshasa.
La diplomatie comme priorité stratégique
Le gouvernement congolais avait lancé cette campagne dès décembre 2024, articulée autour d’un programme ambitieux : promotion de la paix en Afrique, lutte contre le terrorisme, respect du droit international humanitaire et renforcement du multilatéralisme. La ministre d’État en charge des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, a salué une «victoire de l’ensemble du peuple congolais», soulignant la détermination du président Tshisekedi et le rôle décisif de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka. Cette dernière a fait de la diplomatie l’un des piliers de son Programme d’actions gouvernementales -PAG- 2024-2028, misant sur la position géostratégique centrale du pays en Afrique.
Une vice-présidence de l’Assemblée générale comme tremplin
Autre réussite notable : l’élection de la RDC à la vice-présidence de la 80e session de l’Assemblée générale de l’ONU. Cette désignation, issue du Groupe africain, permettra au pays de participer à la coordination des travaux de l’Assemblée, de suppléer le président en cas d’absence, et de jouer un rôle clé dans la conduite des débats pléniers. Cette position renforce la visibilité diplomatique de Kinshasa à l’heure où l’Afrique revendique une place accrue dans les grandes instances de gouvernance mondiale.
Un nouvel élan pour l’Afrique
Avec ces nominations, la République Démocratique du Congo rejoint la Colombie, Bahreïn, la Lettonie et le Libéria parmi les cinq nouveaux membres non permanents élus au Conseil de sécurité. Pour Kinshasa, il s’agit d’un symbole fort : celui d’un pays résolument tourné vers l’avenir, prêt à contribuer activement aux enjeux de paix, de sécurité et de développement durable. À travers cette dynamique, le pays aspire à devenir une voix influente pour une Afrique plus présente, plus affirmée et pleinement actrice de son destin sur l’échiquier international.

