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RDC : Tshiyoyo attaque Kazadi devant le Conseil d’État

Didier Tshiyoyo et Nicolas Kazadi vont en découdre devant le Conseil d’État. Le premier, ancien Haut Représentant du Chef de l’État aux IXes Jeux de la francophonie, a attaqué le deuxième, ministre des Finances, pour une «situation d’irrégularité administrative» suite aux non-paiements de certaines factures dans l’organisation, en 2023, de la quinzaine de la jeunesse francophone. Dans sa plainte, Tshiyoyo a dénoncé le «refus en sourdine» de l’argentier national d’apurer ces dettes. En saisissant le Conseil d’État, Didier entend voir cette juridiction «garantir que l’ordre administratif règne au sein des Institutions de l’État et de leurs contreparties».

Dans les faits, Didier Tshiyoyo reproche à Nicolas Kazadi d’user de «mauvaise foi avérée» afin de ne pas honorer une «engagement de la République à -son- égard». Cet engagement découle des «services assidus et loyaux rendus à la Nation» mais aussi des «sacrifices patriotiques consentis». Devant la section consultative du Conseil d’État, il décrie, «avec la dernière énergie, la légèreté avec laquelle la question est abordée», dénotant également une «certaine suffisance des responsables au-devant de la loi et des droits acquis des fonctionnaires et des citoyens en cause».

Pour Tshiyoyo, Kazadi est dans une approche «manifestement dénudée de tout sens de la responsabilité, de la probité, du civisme, de la redevance et même de l’humanisme le plus élémentaire».

Pourtant, dans une note datant du 28 février dernier, le Premier ministre Sama Lukonde avait demandé au ministre des Finances «de procéder, après examen, à l’ordonnancement desdites dépenses, selon les disponibilités de la Trésorerie et de -lui- en faire rapport». Cette instruction du chef du gouvernement est intervenue après un travail de «mise à jour de ces différents arriérés» à la Primature avec les représentants de deux Comités, en l’occurrence Didier Tshiyoyo et Jacques Mundayi.

Revêtant pourtant un caractère «urgent» vu la «nécessité de procéder apurement des arriérés des factures en souffrance dans le cadre de l’organisation des IXes Jeux de la Francophonie de Kinshasa», cet ordre du Premier ministre n’a toujours pas été exécuté, plus d’un mois après. Pendant ce temps, les bénéficiaires ont multiplié en vain efforts et requêtes «en vue d’obtenir la régularisation de -leurs- créances, arriérés de primes, avantages sociaux et émoluments de sorties dans le respect des prévisions telles que coulées dans le document d’ordre intérieur du CNJF et approuvé par le Haut Conseil».

Dans sa plainte, Didier Tshiyoyo rappelle en outre que «des sommes colossales ont depuis été déboursées pour l’organisation des IXes Jeux de la FSrancophonie, sans qu’à aucun moment -leurs- droits les plus élémentaires eussent été pris en compte». Avant de saisir le Conseil d’État, Didier Tshiyoyo était en sit-in, le jeudi 4 avril, au cabinet du ministre des Finances pour réclamer ses droits. Sa visite avait donné lieu à un clash entre lui et les gardes rapprochés de Nicolas Kazadi. Dans une mise au point publiée deux jours plus tard, le cabinet de Nicolas Kazadi avait nié toute implication dans ce dossier, rejetant «vigoureusement toutes les allégations fallacieuses faites par l’ancien gestionnaire des jeux de la Francophonie» et indexant plutôt la Primature et le ministère du Budget.

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