
Candidat à sa propre succession, Félix Tshisekedi a interrompu sa campagne en cours dans la province du Kongo Central et dont l’étape suivante prévoyait un déplacement à Kisangani pour participer au 23e sommet ordinaire des chefs d’Etat membres de la Communauté de l’Afrique de l’Est -EAC-, prévu les 23 et 24 novembre à Arusha en Tanzanie. Le président burundais, Evariste Ndayishimiye, qui a échangé lundi à Bujumbura avec le secrétaire général de l’EAC, Peter Mathuki, a confirmé la tenue de ces assises.
Outre la situation sécuritaire dans l’est de la République Démocratique du Congo, l’adhésion de la Somalie à l’EAC et les finances au sein de la communauté, le sommet d’Arusha se penchera également sur «les préparatifs vers une fédération politique», a annoncé le cabinet du chef de l’État burundais qui assure la présidence de l’organisation régionale.
Ces travaux coïncident avec la publication du compte-rendu du voyage de la Directrice du renseignement national américain, Avril Haines en République Démocratique du Congo et au Rwanda.
Selon cette responsable américaine, «les présidents Kagame et Tshisekedi prévoient de prendre des mesures spécifiques pour réduire les tensions actuelles en répondant aux préoccupations sécuritaires respectives des deux pays. Ces mesures s’inspirent d’accords antérieurs conclus avec le soutien des pays voisins dans le cadre des processus de Luanda et de Nairobi».
Le gouvernement américain a dit se féliciter de ces mesures de désescalade prises par Kinshasa et Kigali, qu’il entend suivre, et prévoit de soutenir les engagements diplomatiques et de renseignement entre les deux pays afin de favoriser une sécurité et une prospérité accrues pour les peuples de ces deux pays.
La directrice du renseignement national -DNI- Avril Haines a rencontré lundi les présidents rwandais Kagame et RD-congolais Tshisekedi afin d’obtenir des engagements de la part des deux dirigeants pour désamorcer les tensions dans l’est de la République Démocratique du Congo.
Cette pression américaine risque de mettre Tshisekedi un genou à terre, estiment bon nombre d’analystes. Porté par la coalition Union sacrée, Thisekedi a fait du nom de Paul Kagame, présenté par lui pour le principal acteur de la déstabilisation du pays, une des stratégies de sa campagne électorale lancée dimanche à Kinshasa, au cours de laquelle il s’est attaqué à certains de ses concurrents, présentés comme les candidats de l’étranger, faisant allusion à Moïse Katumbi et Denis Mukwege. Le premier a réagi énergiquement lundi depuis Kisangani, s’étonnant comment celui qui a recruté les mercenaires étrangers bien payés au détriment des soldats de l’armée nationale, pouvait se permettre de le traiter de candidat de l’étranger.
