
En compagnie de son collègue de la Communication et Médias et porte-parole du gouvernement Patrick Muyaya Katembwe, le ministre des Ressources Hydrauliques et Électricité, Teddy Lwamba a dévoilé le jeudi 18 juillet les grandes lignes de la politique gouvernementale en matière de desserte en eau potable et en électricité en RD-Congo pour le deuxième quinquennat qui vient de commencer. C’était lors d’un briefing spécial qu’ils ont coanimé le jeudi 18 juillet dans la salle de presse RTNC 3.
Le ministre a dévoilé sa feuille de route, calquée sur le programme du gouvernement et axée sur quatre points principaux. Il s’agit de la diabolisation du secteur de l’eau; la revitalisation de la croissance économique en partant du secteur d’électricité; l’investissement dans le secteur de l’eau et l’électricité; la réglementation et l’assainissement du cadre légal.
Prié par son collègue de dire comment il va s’y prendre pour ameliorer la desserte en eau et en électricité, Lwamba a eu a cette réponse: «Il faut passer par plusieurs étapes. Le secteur de l’électricité, aujourd’hui en République Démocratique du Congo est en train de s’accroître et de se développer. Si nous devrions rentrer sur son état des lieux. Aujourd’hui, c’est pratiquement 2800 mw de capacité installée, dont nous avons 2100 qui est disponible. Alors, il y a des lacunes pratiquement dans le domaine de la planification. Il nous faut des outils de planification notamment la politique sectorielle qui doit être définie. Et c’est sur base de cela que nous sommes en train de doter le pays des outils de travail».
Dans le lot d’outils de travail, il a cité, par exemple, la définition de la politique sectorielle; la mise en place d’un plan de l’énergie -il s’agit de doter le pays de documents de planification pour pouvoir avancer dans le travail-; la confection d’une feuille de route sectorielle est en cours de téléchargement pour pouvoir déterminer les étapes à suivre et la réforme du cadre légal.
«Avant de poser tous nos actes, nous nous basons sur le socle de la réglementation. Nous sommes en train de nous atteler sur de réformes. La loi sur l’électricité existe depuis 10 ans, mais nous avons constaté certaines lacunes que nous devons combler notamment dans le régime juridique dont la distribution de titres », a indiqué le ministre des Ressources hydrauliques et électricité.
«Le marché public applicable au secteur de l’électricité est parfois contraignant cad même si vous avez des urgences, vous devez suivre de procédure qui prend plus de temps», a-t-il déploré.
Et d’ajouter: «Il faut une strategie agressive cad face au déficit d’environ 2500 mw programmé nous devons mettre en place un plan de 9 sites que nous pouvons développer pour produire 2500 mw».
Il faut noter qu’à ce jour, les miniers consomment 1400 mw et ce qui va dans ce secteur, permet de générer un PIB d’au moins 35 millions USD dont le pays capte près de 7000 USD. «Alors, c’est important de renflouer les mines pour que nous ayons un développement dans ce secteur. Nous avons mis en place le plan de récupération de l’énergie indisponible. Nous faisons une politique de substitution avec l’énergie photovoltaïque par exemple pour venir en appui à la consommation domestique. Avec la consommation domestique, nous comptons récupérer par exemple la puissance des immeubles publics pour les injecter dans le secteur industriel. Cela sera un levier important, car pour 1 mw produit, ça permet de générer 20 millions USD sur le PIB. Donc, nous devons plus autonomiser nos instances et immeubles pour donner plus d’énergies au secteur industriel qui peut faire de la compensation», a-t-il expliqué.
Une autre solution consiste à autonomiser certains sites prioritaires de production d’eau.
Concernant le secteur de l’eau, le ministre a parlé d’un million trois cent m3 disponible alors que le besoin est autour de 3 millions 500 m3 par jour. «Nous avons la consommation en termes d’usine: 80 % qui vient de l’eau de surface et 20% de l’eau de forage», a-t-il déclaré.
Parmi les mesures envisagées pour la sécurisation de sites de captage d’eau, il y a notamment: l’identification des sites parce qu’il y a la pollution et le pays doit avoir une politique pour assainir tous ces milieux; la politique de la chaîne de valeur autour de l’eau et l’électricité c’est à dire que le pays produit l’eau et l’électricité mais manque le service d’apoint cad fournitures de PVC et tout ce qui va avec.
Une fois que toutes ces politiques sont mises en œuvre, la desserte en eau et électricité pourra davantage s’améliorer, a conclu Lwamba, donnant les assurances d’être dans son élément.
Cet échange a permis au patron des Ressources Hydrauliques de faire un certain nombre de révélations qui n’ont pas été faciles à avaler. Comment un pays de la taille de la RD-Congo et qui jadis exportait de l’énergie électrique au profit de ses voisins tels que l’Angola, le Congo-Brazza, arrive à ne plus rien exporter aujourd’hui ? Comment s’est-il fait que ses voisins que sont la Zambie, l’Angola… commencent à amener leur énergie ici? Des questions que d’aucuns se sont posées à entendre ces déclarations de la part de la bouche autorisée.
Mais avant d’en arriver là, Muyaya Katembwe avait planté le décor de cet exercice de redevabilité auquel se prêtait pour la toute première fois son collègue Lwamba.
