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RDC : Sessanga et Envol contre le changement de Constitution

En République Démocratique du Congo, le débat sur la modification ou le changement de Constitution défraie la chronique au point de s’inviter aussi bien dans les salons huppés que dans les états-majors politiques. A Envol, parti de Delly Sessanga, ce sujet a été abordé au cours la réunion du vendredi 10 mai dernier, sanctionnée par une déclaration qui exprime l’opposition de cette formation de l’Opposition à tout changement de Constitution. «Envol reprouve toute tentative du changement de la Constitution dont le seul bénéfice serait d’accorder un troisième mandat à un Président de la République dans le cadre d’une présidence à vie pérennisant un pouvoir ancré dans les antivaleurs», martèle le parti de Sessanga, convaincu que la RD-Congo n’a pas besoin de changement de Constitution mais d’un changement radical des méthodes de gestion des fonds publics. Ce changement, soutient-il, devrait être le fruit d’un «leadership responsable, conscient du sens de devoir à l’égard de la nation, des enjeux et de l’histoire de notre pays».

Car, explique-t-il, la Constitution n’est pas à la base de différents maux qui gangrènent ce géant pays au cœur de l’Afrique. «Ce n’est pas la Constitution qui empêche la conquête de la paix dans l’Est, où les institutions sont sous l’état de siège depuis mai 2021; ce n’est pas la Constitution qui a établi la rétrocommission soit légale, faisant du détournement des deniers publics le modèle ordinaire de la gestion de l’Etat; ce n’est pas la Constitution qui a organisé le RAM; ce n’est pas la Constitution qui a institué la fraude électorale comme moyen d’accession au pouvoir; ce n’est pas la Constitution qui empêche le respect du respect de séparation des pouvoirs d’Etat; ce n’est pas non plus la Constitution qui éloigne le Commandant suprême du pays pourtant en guerre», enchaîne Envol, tentant ainsi de faire comprendre combien et pourquoi l’actuelle Constitution, en vigueur depuis février 2006, ne mérite pas d’être changée.

Cependant, Sessanga et son parti semblent être favorables à une certaine modification de la Loi fondamentale qui ne toucherait pas aux dispositions verrouillées de l’article 220 de la Constitution. Cet article interdit toute révision constitutionnelle sur entre autres matières: le principe du suffrage universel, la forme représentative du gouvernement, le nombre et la durée des mandats du Président de la République. Pour Sessanga, toute démarche de modification de la Constitution devrait viser le «renforcement de la transparence électorale, la rationalisation de la décentralisation, la modernisation du fonctionnement des institutions». Et ce, dans le but de «préserver l’intangibilité de toutes les dispositions verrouillées».

Or, selon l’opinion publique et même certains autres acteurs politiques de l’Opposition, notamment l’Ecidé de Martin Fayulu, la démarche enclenchée par l’Union sacrée de la nation -USN- n’entend qu’à «maintenir illégalement au pouvoir» Félix Tshisekedi qui est à son dernier mandat constitutionnel. L’initiative, estiment d’autres observateurs, n’a pour seul objectif que de faire sauter des dispositions constitutionnelles susceptibles d’empêcher le successeur de Joseph Kabila de continuer à être président de la République au-delà de 2028. De quoi augurer un duel de haut vol entre la majorité et l’opposition.

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