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RDC: Sakombi planifie une puissance énergétique et hydraulique

Aimé Sakombi Molendo se révèle technocrate et homme d’action après douze mois passés à la tête du ministère des Ressources hydrauliques et de l’électricité. Nommé en août 2025 lors du réaménagement du gouvernement Suminwa, le ministre revendique une politique de rupture. En 12 mois, il a posé les fondations: Politique nationale, ARSPE opérationnelle, Fonds Mwinda et ouverture aux privés. Face au paradoxe congolais -52% de l’eau douce d’Afrique et 167 000 MW de potentiel pour moins de 20% d’électrifiés- il trace désormais la trajectoire: 62% d’accès en 2030, relance de Kakobola, Katende et Pioka-Tombi, et diplomatie énergétique pour faire de la République Démocratique du Congo une puissance régionale. Août 2025 – Août 2026. Douze mois se sont écoulés depuis le réaménagement technique du gouvernement Suminwa qui a consacré la mutation d’Aimé Sakombi Molendo du ministère des Hydrocarbures à celui des Ressources hydrauliques et de l’électricité. Un an après cette nomination, le patron du secteur énergétique congolais a dressé son bilan d’étape. Dans une interview accordée au journal «Le Soft International», il défend un bilan placé sous le signe des réformes, de la relance des infrastructures et de la mobilisation des investissements.

Les chantiers amorcés dès la prise de fonctions de Sakombi se résument en un paradoxe entre le potentiel en eau et en électricité du pays et la réalité des populations. Avec 52% des ressources en eau douce du continent africain, en plus d’un potentiel hydroélectrique estimé à 167 000 MW, la République Démocratique du Congo peine pourtant à s’éclairer. «Moins d’un Congolais sur cinq a accès à l’électricité», a déploré le ministre qui a initié une politique de rupture avec la gestion au coup par coup. Politique nationale de l’eau, Politique nationale de l’électricité, opérationnalisation de l’Autorité de Régulation du Secteur de l’Eau Potable et de l’Énergie [ARSPE], réforme de la régulation, Fonds Mwinda, Guichet unique pour les investisseurs, modernisation de la Régideso et de la Snel-SA… Sakombi mise désormais sur du structurel. En 12 mois, il estime avoir «posé les fondations» d’une transformation en profondeur des deux secteurs. Le ministre revient également sur les grands projets énergétiques du pays, notamment la relance de Kakobola et Katende. Autre grosse réalisation, l’avancement du projet Pioka-Tombi, destiné à appuyer Inga. Les douze derniers mois ont également permis d’actionner une véritable diplomatie énergétique, marquée par des négociations avec l’Angola et la République du Congo.

Derrière cette forte activité, Sakombi affirme vouloir remonter le taux d’accès à l’électricité à 62% d’ici 2030, puis à l’universalité en 2040. Dans le secteur de l’eau, il vise un «tarif économiquement viable» pour permettre à la Régideso de financer durablement ses infrastructures, tout en promettant une meilleure protection des usagers. Mais pour atteindre ces objectifs, le patron du secteur énergétique veut maximiser le rendement en récupérant les projets abandonnés et en remettant sur les rails toutes les infrastructures qui tournent à vide. Il envisage également de convaincre les investisseurs privés. «Notre budget national ne saurait seul porter un tel effort», prévient-il. Réaliste, il estime tout de même qu’il faut «un cadre prévisible, la régulation crédible et les contrats respectés» puisque l’investisseur privé «n’est pas un philanthrope». Entre réalisations revendiquées, chantiers encore à consolider et promesses qui devront désormais être confrontées aux résultats sur le terrain, Sakombi Molendo porte l’ambition de faire de la République Démocratique du Congo une puissance énergétique régionale et transformer son potentiel hydraulique en levier d’industrialisation. «Cette richesse ne se contemple plus, elle se contractualise», affirme-t-il aux investisseurs, tout en lançant à ceux qui doutent encore un message de patience et de responsabilité. Entretien.

Un an après votre nomination à la tête du Ministère des Ressources Hydrauliques et de l’Électricité sous le Gouvernement Suminwa II, qu’est-ce qui vous a le plus frappé en arrivant à ce ministère?

Permettez-moi, avant tout, d’exprimer ma profonde gratitude à Son Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, pour son sens élevé de leadership, pour la confiance qu’il m’accorde et pour la vision qu’il porte sur la transformation de ces secteurs stratégiques. Je remercie également Son Excellence Madame la Première Ministre, Cheffe du Gouvernement, Judith Suminwa Tuluka, pour son management, son accompagnement constant et l’impulsion qu’elle donne à la réalisation du Programme d’Action du Gouvernement, tel qu’elle l’a présenté lors de son investiture devant l’Assemblée nationale. Pour répondre à votre question: deux chiffres mis côte à côte. Moins d’un Congolais sur cinq a accès à l’électricité, et une proportion comparable seulement bénéficie d’un accès à l’eau potable. Ces chiffres résument à eux seuls le paradoxe qui caractérise notre pays depuis des décennies: la République démocratique du Congo concentre 52 % des ressources en eau douce du continent africain, dispose d’un potentiel hydroélectrique estimé à 167 000 mégawatts – le deuxième au monde après le Brésil – et pourtant, des millions de Congolais vivent sans électricité et consomment une eau impropre.

Mais un potentiel naturel, aussi remarquable soit-il, ne génère ni développement ni prospérité par lui-même. Seules des institutions solides, des politiques publiques cohérentes et une gouvernance efficace permettent de transformer les ressources en progrès tangible. C’est cette conviction qui guide mon action depuis ma prise de fonctions, le 13 août 2025.

Q: Il y a un an, vous étiez ministre des Hydrocarbures après avoir conduit les Affaires foncières. Sous le Gouvernement Suminwa II, vous êtes ministre des Ressources Hydrauliques et Électricité. Quelles expériences vous avez à partager?

Que les secteurs liés aux ressources naturelles ne peuvent être administrés de manière isolée. La sécurité foncière constitue un préalable essentiel à l’investissement. La politique énergétique et pétrolière relève d’abord de la souveraineté de l’État, avant d’être une question technique. Les ressources hydrauliques et l’électricité s’inscrivent dans cette continuité: il s’agit de convertir un immense potentiel en produit fini, au service d’un développement durable. La volonté politique de l’État existe: le Gouvernement travaille à créer les conditions de cette transformation.

Vous avez pourtant commencé par ce qui se voit le moins: les textes, le cadre, les politiques…

En effet. Dès le début de mon mandat, j’ai choisi d’intervenir sur deux horizons simultanément, car gouverner consiste à concilier les impératifs du présent et les exigences de l’avenir. Un État qui se limite aux réformes sans produire de résultats visibles perd la confiance de ses citoyens. À l’inverse, un État qui ne traite que les urgences immédiates, sans préparer l’avenir, compromet les perspectives des générations futures. Le premier horizon est celui des résultats concrets et immédiats. Un État responsable ne recommence pas tout à zéro: il valorise les acquis, lève les obstacles, accélère les projets engagés et mène à terme les initiatives utiles à la Nation. Reprendre des dossiers hérités, en comprendre les contraintes et leur insuffler une dynamique nouvelle, sans renier leur histoire. Voilà l’un des exercices les plus exigeants de l’action publique. Le second horizon est celui des réformes structurelles. Plus discrètes, moins visibles, elles n’en sont pas moins déterminantes: les fondations d’un barrage demeurent invisibles, mais ce sont elles qui soutiennent l’ouvrage entier. Il en va de même des politiques publiques. Dans tous les cas, l’énergie exige une planification rigoureuse, qui part de l’existant pour projeter l’avenir de manière durable. «Les fondations», c’est aussi l’argument de ceux qui n’ont rien à montrer au bout d’un an… Je prends cette objection au sérieux. Notre méthode, précisément, consiste à ne pas choisir. Plutôt que de traiter séparément l’eau et l’électricité, nous les abordons comme deux composantes complémentaires d’un même défi: le Congolais privé d’électricité est, le plus souvent, celui-là même qui manque d’eau potable. Vous voulez savoir ce qu’on peut accomplir en une année dans des secteurs aussi complexes? Bien davantage qu’on ne l’imagine, à condition d’identifier les bons leviers. Prenons-les un par un, si vous le voulez.

Par quoi fallait-il commencer?

Par l’eau, un secteur longtemps relégué au second plan. Le secteur de l’eau potable évoluait sans orientation stratégique nationale unifiée: chaque acteur, opérateur, province, partenaire technique et financier, intervenait selon ses propres priorités. La première réforme structurante a donc consisté à doter le pays d’un cadre commun. La Politique nationale du service public de l’eau a été finalisée, puis approuvée par le Gouvernement le 26 décembre 2025. Pour la première fois, l’ensemble des parties prenantes dispose d’un référentiel partagé, condition indispensable d’une coordination durable et efficace.

Un référentiel ne fait pas couler l’eau au robinet. Et le régulateur, l’ARSPE, on l’annonce depuis des mois…

Le processus de recrutement des dirigeants de l’Autorité de Régulation du Service Public de l’Eau a été engagé grâce au financement du projet AGREE de la Banque mondiale. Les candidatures ont été réceptionnées, la commission d’évaluation mise en place. Dès la nomination de ses mandataires, l’ARSPE sera pleinement opérationnelle. Cette institution est un levier essentiel, non seulement pour attirer les investissements privés dans le secteur de l’eau, mais aussi pour les sécuriser. Un cadre de régulation crédible inspire confiance. Sans cette confiance, les capitaux privés ne viendront pas. Sans capitaux privés, l’extension significative de la desserte restera limitée. C’est aussi simple et implacable que cela. Car l’eau est un produit économique à portée sociale.

La facture de cette politique à un an est estimée à 9,40 milliards de dollars sur dix ans. C’est tenable?

Une part significative est déjà en cours de mobilisation à travers les partenariats engagés: la Banque mondiale via le projet AGREE, la BAD, des agences bilatérales. Neuf milliards d’ici dix ans, c’est ambitieux mais pas irréaliste, à condition que la régulation soit crédible. Et elle le sera.

Côté électricité, le pays a vécu soixante ans sans politique énergétique. Pourquoi maintenant?

Notre pays est une anomalie: la République démocratique du Congo ne disposait pas d’une doctrine énergétique clairement écrite, opportune et cohérente. Chaque acteur travaillait avec sa propre boussole. La Politique Nationale de l’Énergie met un terme à cette dispersion. Ses innovations tiennent en trois engagements majeurs. Premièrement, elle affirme que l’énergie est un bien public stratégique, mais un bien public qui doit s’ouvrir résolument à l’investissement privé, dans un cadre réglé. Deuxièmement, elle consacre la planification intégrée, faisant de l’hydroélectricité notre colonne vertébrale, en complémentarité avec le solaire, la biomasse et les mini-réseaux ruraux. Troisièmement, elle place la régulation au cœur du système: une ARE renforcée et l’ANSER comme bras armé de l’électrification rurale.

Un engagement à 37 milliards de dollars avant l’Assemblée nationale. Vous les prenez où?

Notre budget national ne saurait seul porter un tel effort. Il faut réunir trois niveaux d’investissement exigés par ce secteur. Et l’investisseur privé n’est pas un philanthrope: il entend un retour sur investissement. Pour cela, il faut un cadre prévisible, la régulation crédible et les contrats respectés. Notre méthode repose sur cinq leviers: la sécurisation juridique, avec des décrets d’application, des contrats-types de concession et des procédures d’attribution transparentes; la réduction des délais administratifs pour la délivrance des licences et concessions, véritable talon d’Achille du secteur; la bancabilité des projets, à travers des garanties publiques, des crédits et des mécanismes de partage des risques avec la Banque mondiale, la BAD et l’IFC; la crédibilité des acheteurs publics, SNEL et Régideso: sans acheteurs d’énergie solides, il n’y a pas d’investissement; et enfin, la mise en place du Fonds Mwinda comme véhicule de mobilisation dédié.

Ce Fonds Mwinda, c’est un établissement public de plus, avec un directeur général et une administration?

Non. Le Fonds Mwinda est une structure logée à l’ANSER, destinée à recueillir tout financement et toute contribution en faveur de l’augmentation du taux d’accès à l’électricité.Ressources: trois principes: la mixité des ressources, contribution de l’État, quote-part sur certains revenus du secteur, contributions des partenaires techniques et financiers et, à terme, produits obligatoires dédiés; l’autonomie de gestion sous supervision indépendante, pour éviter le double écueil de la lenteur et de l’opacité; et la traçabilité intégrale: chaque franc congolais sorti, chaque projet financé fera l’objet de rapports. Les textes sur la forme juridique et la gouvernance opérationnelle sont en phase finale d’élaboration. Le Fonds ne sera efficace que si sa seule performance sera mesurée en kilowatt-heures livrés et en foyers raccordés. Par ailleurs, un protocole d’accord a été signé entre le Secrétariat général, la DGRAD, l’ANSER et la Snel-SA pour maximiser la mobilisation des recettes. Il s’agit de faire de l’accès à l’énergie un objectif de solidarité, pour financer l’électrification des zones rurales encore privées de lumière.

Les investisseurs privés, eux, disent que l’État ne les écoute qu’au moment de signer.

C’est précisément ce que nous avons voulu corriger. Le Gouvernement, avec le soutien de la Banque mondiale, a instauré les bases d’un cadre permanent de dialogue public-privé dans le secteur de l’énergie. La première session, tenue en juillet 2026, a réuni les principaux acteurs autour de deux réformes majeures:

1. L’optimisation du cadre juridique à travers la création d’un Guichet unique sectoriel. Cette initiative vise à renforcer la confiance des investisseurs, à améliorer le climat des affaires et à sécuriser le développement durable du secteur électrique. Un Guichet unique, dans un secteur où un développeur doit aujourd’hui lui frapper à sept portes différentes, ce n’est pas un détail administratif: c’est souvent la différence entre un projet qui se finance et un projet qui meurt en salle d’attente.

Q: Vous avez par ailleurs identifié 65 projets photovoltaïques et 25 sites hydroélectriques. Le pays est déjà un cimetière de projets abandonnés.

Le risque existe, et c’est pour l’éviter que nous avons changé de méthode. Un éléphant blanc naît toujours du même défaut d’origine: un projet conçu en dehors de la demande solvable, sans modèle économique, sans plan de maintenance. Notre discipline repose désormais sur deux exigences simples et claires. Aucun projet n’est retenu sans étude de demande crédible et modèle tarifaire soutenable. Et chaque projet est adossé à un opérateur public, privé ou communautaire, qui en assume l’exploitation et la maintenance.

La République démocratique du Congo dispose d’un potentiel énergétique colossal. Mais tant que celui-ci demeure largement sous-exploité. Le taux national d’accès à l’électricité est passé de 9% en 2018 à 21,5% en 2024. Une progression encourageante, mais insuffisante au regard des besoins de la population et des ambitions économiques du pays. Notre feuille de route pour un an a donc été consacrée à accélérer concrètement la transformation du secteur, autour de trois priorités: valoriser les infrastructures existantes, achever les projets structurants et préparer les investissements de demain.

Comment le projet de Kakobola illustre-t-il cette transformation du chantier en véritable service public?

Parmi les projets emblématiques de cette première année figure sans conteste la centrale hydroélectrique de Kakobola. Attendu depuis de nombreuses années, ce projet avait accumulé des retards techniques, contractuels et institutionnels qui avaient progressivement fragilisé la confiance des populations. Notre priorité n’était pas d’organiser une inauguration, mais de mettre effectivement la centrale en exploitation. Grâce à une coordination renforcée entre le Gouvernement, la Snel-SA, le GCK, les entreprises partenaires (Angélique Limited, Mohan Corporation, APSPL) et les équipes techniques, les principaux obstacles ont été levés, permettant la mise en service progressive des installations.

Kakobola représente bien davantage qu’une centrale hydroélectrique: c’est un levier déclencheur du développement de Kikwit, Gungu et Idiofa, où une alimentation électrique stable favorisera l’activité économique, les services publics, l’entrepreneuriat et l’amélioration des conditions de vie. Elle démontre aussi qu’un projet longtemps considéré comme bloqué peut être remis sur les rails dès lors que la volonté politique s’accompagne d’une gouvernance rigoureuse et d’un suivi permanent.

Katende. Les Indiens sont-ils partis?

Katende a été relancé grâce à un dispositif de sécurisation institutionnelle et financière permettant la reprise progressive des travaux sur fonds propres. Une partie significative des financements provenant de l’Eurobond sera consacrée à cet objectif. Les paramètres techniques ont été révisés, le calendrier réaligné, et l’administration remise au service du projet, et non l’inverse. Quant à la relation avec le partenaire historique, les discussions se poursuivent dans un cadre professionnel. L’objectif est clair: produire d’ici un coup de tête, mais de continuer en maîtrisant tous les paramètres.

Et pour l’eau, dans la même ville-capitale du pays?

L’urgence la plus pressante. Un programme d’urgence porté par la Régideso a été approuvé par le Conseil des ministres lors de sa 69ème réunion, le 5 décembre 2025. La mise en service des modules 2 et 3 de l’usine de l’Ozone, associés au module 1 existant, portera la capacité totale à 330.000 mètres cubes par jour et permettra d’améliorer sensiblement l’accès à l’eau de plus de six millions d’habitants, répartis dans dix communes de la capitale. Afin de permettre à la Régideso d’assurer sa modernisation, le principe d’un tarif économiquement viable a été retenu. Aucun opérateur ne peut entretenir ses infrastructures ni financer de nouveaux investissements s’il ne couvre pas ses coûts d’exploitation. Cette réalité économique a trop longtemps été ignorée.

Un tarif «viable», pour un ménage de Kinshasa, est perçu comme une facturation onéreuse. Qu’en dites-vous?

L’eau étant avant tout un bien économique, sa production et sa distribution ont un coût qui ne peut être amorti que par le consommateur. Une facture correspond à la taxation d’un service, conformément au principe consacré par l’arrêté ministériel portant fixation des tarifs. Le vrai scandale, pour un ménage, ce n’est pas de payer l’eau, mais plutôt de ne pas en avoir !

L’eau vous a aussi conduit à Addis-Abeba, puis au Tchad. Qu’allez-vous y chercher?

La RDC partage ses bassins hydrographiques avec neuf États voisins, une situation qui représente à la fois une responsabilité majeure et une opportunité de renforcer la diplomatie de l’eau. C’est dans cet esprit que j’ai porté la voix de notre pays à la Table Ronde ministérielle sur l’eau et l’assainissement en Afrique, organisée en marge du Sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba en février 2026, puis au Forum africain de l’eau coorganisé par le Tchad et la Banque mondiale en juillet 2026. La mobilisation des ressources financières internationales dépend en grande partie de notre présence active dans les espaces où se décident les orientations stratégiques et les priorités de financement du secteur.

Inga III marque-t-il le pas? Vous et le Président de la République, voyez-vous ce dossier de la même manière?

Sur Inga III comme sur Pioka-Tombé, je suis totalement aligné avec le Président de la République. S’agissant d’Inga III, il s’agit d’un projet du Gouvernement piloté par la Haute Hiérarchie, dans lequel le Ministère des Ressources Hydrauliques et de l’Électricité joue le rôle d’exécutant technique et de coordinateur. Le complexe d’Inga demeure le pilier de notre ambition énergétique de long terme.

Vous avez pourtant lancé, en parallèle, un autre projet: Pioka-Tombé. C’est un aveu qu’Inga n’arrivera pas?

Non. C’est une lecture du temps. Inga est un projet de long terme, et le Gouvernement ne peut se limiter à attendre sa concrétisation. C’est pourquoi nous avons exhumé une étude de 1978 pour lancer le processus de développement de l’hydroélectricité de Pioka-Tombé. Avec une capacité estimée à 6.450 mégawatts au cœur même du Congo, dans la région des Cataractes, Pioka-Tombé dispose de délais de réalisation plus courts et bénéficie d’études historiques confirmant la pertinence du choix du site. Une note a été soumise au Gouvernement afin d’inscrire ce projet parmi les priorités stratégiques du secteur. Pioka-Tombé n’a pas vocation à remplacer Inga. Il est la réponse aux besoins actuels du pays, pendant que se prépare l’avenir incarné par Inga.

Des projets sur le papier, le Congo en a un tiroir plein. Qu’est-ce qui a réellement bougé sur Pioka-Tombé en un an?

Trois choses, et elles sont vérifiables. Premièrement. Après l’adoption du projet en Conseil des ministres, je me suis rendu personnellement à Brazzaville pour présenter cette vision et signer, le 26 février 2026, un protocole d’accord avec mon homologue relatif à la fourniture de 2.000 mégawatts. À l’issue de la signature, j’ai été reçu en audience spéciale par Son Excellence Monsieur le Président de la République du Congo, qui s’est réjoui de cette initiative pour offrir au centre pour renforcer nos relations de bon voisinage.

Dans le même esprit, j’ai effectué une mission en Italie afin de solliciter la société internationale ELC Electroconsult, auteur des premières études du site réalisées en 1978 dans le cadre des projets d’Inga. La même mission a également conduit les études du Grand Barrage de la Renaissance en Éthiopie, pour l’actualisation des études techniques. Enfin, je me réjouis de pouvoir annoncer l’engagement de la Banque Africaine de Développement aux côtés de ce projet structurant: une reconnaissance de sa solidité et de son exceptionnel potentiel. Loin d’être un simple projet inscrit sur le papier, Pioka-Tombé constitue une initiative stratégique et immédiatement mobilisatrice dans le cadre du Compact énergétique.

Vous signez 2.000 mégawatts pour la rive d’en face avant d’avoir éclairé Kinshasa. Comment l’expliquez-vous à un Kinois?

En disant d’abord ce que le projet lui apportera. Grâce à sa capacité exceptionnelle, la future centrale de Pioka-Tombé deviendra, dès son entrée en exploitation, la plus importante centrale hydroélectrique du continent africain. Elle contribuera de manière significative à la réduction du déficit énergétique national et soutiendra l’expansion de l’industrie minière du Grand Katanga, réduira durablement les délestages dans la ville de Kinshasa et favorisera l’émergence d’activités industrielles au Congo Central, grâce à une énergie abondante, propre et compétitive. Ensuite, en lui expliquant que la part destinée aux pays riverains de l’autre rive du fleuve Congo n’est pas une faveur: elle vient en reconnaissance de leur engagement à préserver le potentiel du site, en renonçant à certains aménagements susceptibles de l’affecter. Pioka-Tombé s’affirme ainsi à la fois comme un instrument de développement national et comme un facteur d’intégration régionale.

À l’Est, Ruzizi III et IV avancent dans un contexte de guerre. Qu’en sont les avancées?

Ces projets ont continué de faire l’objet d’un suivi institutionnel soutenu, malgré un contexte sécuritaire particulièrement complexe. Les efforts ont porté sur la préservation des acquis, la continuité des procédures de passation des marchés et le maintien de la coordination avec les institutions régionales et les partenaires financiers. Dans un tel environnement, préserver un projet est déjà un résultat.

Cette coopération régionale a pourtant coûté cher: plus de 100 millions de dollars d’arriérés SINELAC, pour un courant que l’État n’a pas toujours reçu.

Le dossier a été rouvert. Il n’est pas question de payer sans vérification de services effectivement rendus, en particulier pour les périodes durant lesquelles l’État congolais n’a pas eu accès à l’énergie facturée. Un audit contradictoire est en cours. Le principe est simple: la RDC honore ses engagements, mais elle ne paiera que ce qu’elle aura reçu.

Vous négociez par ailleurs l’importation de 2.000 mégawatts depuis l’Angola. Importer du courant quand on est le deuxième réservoir hydroélectrique du monde, cela s’entend mal.

Les études techniques préliminaires, tracé de la ligne à haute tension, points d’injection, conditions d’équilibre du réseau Snel-SA, capacité d’absorption dans le Katanga minier, sont dans une phase avancée, et les négociations financières et contractuelles se poursuivent pour aboutir à un accord qui protège pleinement les intérêts de la RDC. À titre d’information, sachez que le budget de la RDC dépend à 65 % des revenus des minerais, lesquels ne vaillent qu’à 20 % de leur capacité installée. Vous comprendrez donc que chaque kilowattheure offert aux miniers augmente automatiquement le budget national. Aussi n’ai-je aucun état d’âme à créer les conditions pour juguler le déficit des miniers du Katanga qui dépasse 2.000 mégawatts, afin de combler et de stabiliser la production de cobalt et de cuivre, pendant que nous montons en puissance sur Inga et Pioka-Tombé. Les projets d’interconnexion avec l’Angola, avec une ligne de transport de près de 1.500 kilomètres, la plus longue d’Afrique s’inscrivent dans la même vision stratégique de long terme: faire de la RDC une puissance énergétique majeure, un exportateur net d’électricité et le principal pôle énergétique d’une région dont les besoins ne cessent de croître. Ce n’est pas un renoncement, c’est un pont, puisque ces mêmes infrastructures serviront demain à l’exportation de l’électricité du Grand Inga.

Parlons de l’usager. Ce qui l’exaspère, ce n’est pas seulement les délestages, mais les files d’attente, les factures fantaisistes, les réclamations sans réponse.

À juste raison, et c’est l’objet d’une vaste programme de réformes conduit au cours de l’exercice 2025-2026 pour moderniser la gouvernance des secteurs de l’eau et de l’électricité. Il s’inscrit dans le cadre des priorités gouvernementales, du programme de la Banque mondiale, de la Stratégie nationale de transformation numérique et de la modernisation des entreprises publiques. Un accent a été marqué par d’importants progrès dans la numérisation des procédures. La Snel-SA a poursuivi la digitalisation des demandes de paiement liées aux raccordements, ainsi que des mécanismes de réclamation, des plaintes relatives à la qualité du service. De son côté, la Régideso a modernisé son système de facturation, grâce à l’intégration de solutions d’intelligence artificielle, permettant le relevé automatisé des compteurs dans les grandes agglomérations et l’émission plus rapide des factures. Une cartographie numérique des abonnés de la Régideso a par ailleurs été mise en place pour améliorer le suivi du réseau de distribution, la gestion des incidents, le recouvrement des factures et le traitement des réclamations. Le résultat n’est pas théorique: des délais de traitement réduits, des déplacements évités pour les usagers, et une meilleure traçabilité des dossiers au sein de l’administration.

Et la transparence? Le tarif de l’électricité reste une boîte noire pour l’abonné.

Plus maintenant. Dans le cadre du programme B-Ready, les tarifs applicables dans le domaine de l’électricité ont été rendus accessibles au public. Les indicateurs de performance et de durabilité des secteurs de l’eau et de l’électricité sont régulièrement publiés, et les informations relatives aux tarifs diffusées à travers les plateformes numériques du Ministère, de l’Autorité de régulation de l’électricité et de l’ANSER. Nous avons également revu les procédures d’autorisation d’excavation, harmonisé les démarches administratives entre les institutions concernées et clarifié les responsabilités des parties prenantes. Ce sont des sujets arides, mais c’est exactement ce qui décide un investisseur à venir, ou à passer son chemin.

Vous lancez aussi la construction d’une Tour de l’Energie. Un immeuble de treize étages, dans un pays où seul un Congolais sur cinq a accès à l’électricité…

Je l’assume, parce que ce n’est pas un immeuble de prestige: c’est un outil de gouvernance. Le projet était attendu depuis de nombreuses années. Le futur complexe a vocation à regrouper, au sein d’un même espace, le cabinet ministériel, le Secrétariat général et les principales structures et agences placées sous la tutelle du ministère. Actuellement dispersées dans plusieurs bâtiments de la commune de la Gombe, des entités telles que l’UCM, l’IAE, TAN-SER, le CEP-O et l’ARE se retrouveront réunies dans un ensemble moderne aménagé sur le site de la Direction générale de la Snel-SA. La publication du marché constitue à ce stade une étape déterminante. Le bâtiment développera une superficie totale de 24.000 m² répartie sur treize niveaux hors sol et deux niveaux sous-terrains, pour une durée prévisionnelle de travaux de vingt-deux mois. Son financement sera assuré par le Gouvernement avec l’appui de la Banque mondiale, à travers un crédit et un don mobilisés dans le cadre du projet AGREE. Quand un investisseur doit passer trois semaines à courir d’un bureau à l’autre dans la Gombe pour réunir quatre signatures, ce n’est pas seulement l’administration qui perd du temps, c’est le pays qui perd des projets.

Au Maniema, Lutshurukuru et Ambea sont à l’arrêt. La société civile dit attendre des investissements concrets. Elle attend depuis longtemps.

Je veux d’abord saluer la vigilance de la société civile du Maniema: elle joue son rôle, et elle le joue bien. La situation de ces deux centrales est symptomatique d’une réalité plus large: des infrastructures achevées mais inexploitées, ou dégradées faute de maintenance structurelle. C’est précisément le type de dossiers que nous traitons en priorité, parce que réparer coûte toujours moins cher que reconstruire. Et parce que le service rendu est immédiat. Une mission technique conjointe Snel-SA-ANSER a été programmée pour évaluer l’état exact de ces centrales et proposer un plan de remise en service. Le Maniema ne sera pas la province oubliée de la République. Je m’y rendrai personnellement.

À Makutano, vous avez vous-même parlé d’une centrale solaire qui tourne à vide à Tshikapa. Il y aura des poursuites?

Lorsque des fonds publics ont été mobilisés pour un ouvrage qui ne délivre pas le service attendu, la République a le devoir de faire toute la lumière. J’ai saisi les corps de contrôle compétents pour un audit technique et financier de la centrale de Tshikapa. Les résultats détermineront la suite: mise en demeure, exécution des garanties contractuelles, remboursement ou, si les faits le justifient, transmission à la justice. Je ne veux ni acharnement ni impunité. Je veux la vérité, et la restitution du service dû à la population de Mbuji-Mayi.

Des sources Régideso évoquent jusqu’à 60 % de l’eau produite détournée par des entreprises privées, écoles privées, résidences de responsables politiques.

Aucune entreprise ne survit en offrant des prestations non rémunérées… Vous avez raison, et cette question essentielle est de la viabilité de nos opérateurs publics. Aucune entreprise, aussi bien gérée soit-elle, ne peut survivre lorsque 60% de sa production est détournée par un mécanisme opaque et détourné de sa finalité. Nous avons engagé un chantier de vérité en trois volets: audit intégral des bénéficiaires effectifs des Charges communes, à la Régideso comme à la Snel-SA; une remise à plat des protocoles de prise en charge des Charges communes qui ont vocation à couvrir les institutions de la République et les services publics essentiels, pas les entreprises privées ni les résidences personnelles de responsables politiques; l’apurement progressif des arriérés contractuels dus à nos opérateurs, comme nous l’avons initié avec la Snel-SA dans le cadre du plan d’urgence de Kinshasa. La règle est simple et claire, qui touche à des habitudes anciennes. Mais sans cette clarification, il n’y aura ni Régideso viable, ni Snel-SA solvable.

Inga II: la réhabilitation des groupes G23 à G26 est un éternel recommencement. Dès 1982, l’État dénonçait des défaillances sur les turbines livrées par ACEC. Pourquoi n’a-t-on jamais rien réclamé?

Il convient de préciser qu’ACEC a fourni les turbines des groupes G21 à G24, et non celles du groupe G26. Les machines ont une durée de vie de fonctionnement, exprimée en nombre d’heures, au terme de laquelle elles doivent être réhabilitées. Ainsi, les groupes G21 et G22 ont été réhabilités entre 2016 et 2018 par le groupement Andritz-Alstom, réhabilitation qui a résolu tous les problèmes liés aux imperfections d’ACEC. Le groupe G23 a été réhabilité en 2023 par Franco Tosi et nécessite aujourd’hui une réhabilitation. Quant au groupe G24, sa réhabilitation commence cette année. Le groupe G25 a été réhabilité en 2022 par Voith, avec une augmentation de puissance de 10 %. Enfin, les groupes G27 et G28 ont été réhabilités respectivement en 2018 et 2019 par Alstom, sur financement de la BAD. Ces réhabilitations successives s’inscrivent donc dans le cycle normal de fonctionnement des machines, et dans la nécessité de les réhabiliter après un certain nombre d’heures de service.

L’eau reste le secteur le moins ouvert du pays. Qu’est-ce qui bloque vraiment?

Trois obstacles. L’absence d’un cadre réglementaire, d’un régulateur indépendant, ce que corrige l’ARSPE; l’incomplétude du dispositif réglementaire avec l’élaboration des normes techniques et sanitaires qui se poursuit, tandis que les mesures d’application de la loi sur l’eau sont progressivement finalisées. Peu visible du grand public, ce travail constitue l’un des fondements essentiels de la transformation durable du secteur; une culture historique de gestion administrée, qui rend certains acteurs prudents devant l’inconnu de la régulation. Ouvrir l’eau, pour beaucoup de Congolais, cela veut dire privatiser l’eau. C’est un malentendu qu’il faut lever. Il ne s’agit pas de privatiser un bien public, mais d’ouvrir le secteur, de manière ordonnée, à des opérateurs diversifiés, publics, privés, mixtes, communautaires, sous l’arbitrage d’un régulateur crédible. L’ambition claire est de faire du service public de l’eau et de l’électricité un secteur capable d’attirer durablement des investissements privés de qualité. Ce serait, pour la République démocratique du Congo, une étape historique.

Le ministre des Finances porte une centrale de 64 mégawatts au Kasaï via l’Eurobond. Celui des Mines développe un projet pour la MIBA. Vous laissez faire?

Le principe est clair: tout projet de production, de transport ou de distribution d’énergie électrique relève, sur le plan sectoriel, du Ministère des Ressources Hydrauliques et de l’Électricité. Cela n’exclut pas, bien au contraire, que d’autres ministères portent des financements ou des partenariats; c’est même le cas, et Katende en est l’illustration. Ce qui compte, c’est que ces initiatives s’inscrivent dans le cadre de la Politique nationale de l’énergie, respectent les procédures d’octroi des concessions et se conforment aux exigences de coordination. Des approches sont engagées avec mes collègues des Finances et des Mines. Chaque mégawatt supplémentaire est bon à prendre, à condition qu’il s’insère dans une architecture cohérente.

62 % d’accès en 2030, l’universel en 2040. Qu’est-ce qui nous dit que ce ne sont pas des châteaux en Espagne?

Je comprends la question, et je la respecte. Il est normal qu’un peuple attende beaucoup de ses gouvernants. Nos chiffres, eux, sont documentés. Le Compact énergétique, formalisé par décret, est un cadre partagé avec la Banque mondiale, la BAD et nos partenaires bilatéraux: ce n’est pas un engagement unilatéral, c’est un engagement multilatéral suivi et évalué. Et nous ne misons pas sur un seul grand projet, mais sur un portefeuille: Inga III, Pioka-Tombé, les projets en cours, les réseaux de l’ANSER, le solaire photovoltaïque, les projets des opérateurs privés déjà titulaires d’autorisations pour produire l’énergie qui desservira l’industrie minière et les populations locales, ainsi que les mini-réseaux et solaires. Les taux d’accès projetés contenus dans votre question relèvent bien de la planification des projets inscrits dans le Compact énergétique, qui s’appuie à son tour sur ce qui est déjà en cours d’implémentation par le truchement du programme AGREE, soutenu par les partenaires techniques et financiers que sont la Banque mondiale, la BAD, et d’autres.

Un exemple, à l’inverse: à Mbuji-Mayi, vous voulez donner à la Régideso sa propre centrale. Pourquoi la ville doit produire son courant pour avoir de l’eau?

Mbuji-Mayi illustre à elle seule le cercle vicieux que nous voulons briser: sans électricité fiable, la Régideso ne peut ni pomper ni traiter l’eau; sans eau, la ville étouffe. Notre réponse est pragmatique: doter la Régideso d’une capacité propre de production, dimensionnée pour ses installations, afin de garantir la continuité du service quel que soit l’état du réseau général.

Avez-vous un mot à adresser aux 120 millions de Congolais et aux investisseurs qui attendent de vous des résultats et de l’eau courante?

À mes compatriotes, je veux dire ceci, avec l’humilité qui commande le sujet: je connais votre lassitude, et je respecte votre méfiance. Mais je veux que vous sachiez qu’un village électrifié, l’eau qui coule de nouveau dans un quartier de Kinshasa, un hôpital dont le générateur ne prend plus la relève parce que le courant est là: voilà nos indicateurs. Ils sont concrets, vérifiables, opposables. Aux investisseurs, congolais comme étrangers, j’adresse un message de clarté: Cette richesse ne se contemple plus: elle se contractualise. Nous renforçons la régulation, les procédures, le Guichet unique, les garanties. La RDC n’offre pas le fonds d’un projet un actif bancable. Venez, mais venez sérieusement: la RDC ne recherche pas de simples partenaires, elle recherche des partenaires de développement.

Et à ceux qui doutent encore?

C’est leur droit. Cette première année n’a jamais eu vocation à constituer un aboutissement, et elle ne saurait davantage être réduite à une promesse : elle représente le point de départ d’un cycle nouveau. Les générations futures ne nous évalueront pas uniquement a travers les infrastructures que nous aurons inaugurées ou les ouvrages que nous aurons achevés. Elles apprécieront surtout la qualité des institutions que nous aurons consolidées, la profondeur des réformes que nous aurons osé conduire, et la robustesse des fondations que nous aurons posées pour les décennies à venir. Ce sont ces fondations, souvent discrètes, parfois invisibles, mais essentielles, qui permettront à la République Démocratique du Congo de réaliser pleinement son destin de grande puissance hydraulique et énergétique, capable de mettre ses ressources exceptionnelles au service de sa population, de son industrialisation et de l’intégration du continent africain.

POLD L. MAWEJA

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