
Le tout premier Dialogue public-privé -DPP- sur l’électricité en RDC a eu lieu le vendredi 26 juin à Kinshasa, sous le thème: «Amélioration du climat des investissements dans le secteur de l’électricité en RDC: mise en place du Guichet unique et optimisation de l’environnement fiscal». En ouvrant ces assises, le ministre des Ressources hydrauliques et de l’Électricité, Aimé Sakombi Molendo, a placé la fiscalité, la simplification administrative et la gouvernance au cœur d’une stratégie destinée à attirer davantage de capitaux privés. L’objectif poursuivi est l’assainissement du climat des investissements dans le secteur de l’électricité, mais aussi la mise en place d’un cadre de concertation entre les acteurs publics et privés. Cette plateforme doit, entre autres, identifier les contraintes liées aux procédures administratives et au cadre fiscal du secteur de l’électricité, et formuler des recommandations consensuelles pour améliorer l’attractivité des investissements et accélérer le développement du secteur énergétique en RDC. Une manière pour le gouvernement congolais de convaincre le secteur privé.
Cet atelier a réuni les principaux acteurs des secteurs public et privé impliqués dans le domaine de l’électricité. Organisée en partenariat avec la Fédération des entreprises du Congo -FEC-, avec l’appui de la Société financière internationale -IFC-, cette rencontre est arrivée à point nommé, alors que la République démocratique du Congo cherche à accélérer son électrification et à mobiliser les investissements nécessaires pour répondre à une demande énergétique en constante progression.
Pour le ministre Sakombi, l’ambition dépasse largement le cadre d’une simple rencontre entre l’administration et les opérateurs économiques. L’objectif est d’institutionnaliser un dialogue capable d’accompagner durablement les réformes. «La tenue de ces assises procède d’une volonté claire, celle d’installer, dans la durée, un cadre de concertation structuré entre les pouvoirs publics et les acteurs privés», a-t-il déclaré en liminaire. Dans l’entendement du patron des Énergies en RDC, le dialogue, l’écoute mutuelle et la responsabilité partagée devraient constituer les fondements d’une action publique voulue plus efficace.
Faire sauter les verrous de l’investissement
Les participants ont notamment réfléchi aux préalables d’un environnement suffisamment attractif pour que le secteur privé investisse massivement dans l’électricité. Pour le gouvernement, la réponse passe par l’élimination progressive des contraintes qui freinent encore les initiatives privées, qu’elles soient fiscales, administratives ou réglementaires. «Comment accélérer la participation du secteur privé afin d’accroître, de manière significative, le taux d’accès à l’électricité en République démocratique du Congo?», a interrogé le ministre devant les représentants des entreprises et des partenaires techniques.
Cette réflexion s’inscrit dans le prolongement des engagements pris par la RDC dans le cadre du Compact énergétique national, de la Mission 300 et de l’Africa Energy Forum, où la question de la mobilisation des investissements privés s’est imposée comme une priorité.
Le premier chantier ouvert concerne la fiscalité du secteur électrique. Depuis plusieurs années, les investisseurs dénoncent la multiplicité des taxes, la superposition des prélèvements et la complexité des procédures administratives. Autant de facteurs qui alourdissent le coût des projets et ralentissent leur réalisation. Le ministre a reconnu la pertinence de ces préoccupations et a promis que celles-ci seront examinées avec rigueur et traitées «avec responsabilité». L’exécutif entend désormais travailler avec les administrations concernées afin d’identifier les ajustements susceptibles d’améliorer la compétitivité du secteur, sans compromettre les impératifs de mobilisation des recettes publiques.
Le pari du guichet unique
Autre priorité affichée: la création d’un guichet unique du secteur de l’électricité destiné à simplifier les démarches administratives des investisseurs. Aujourd’hui, la multiplication des interlocuteurs publics et des procédures est régulièrement pointée comme un frein au développement des projets énergétiques. Demain, les principaux services pourront travailler en synergie. Il s’agit notamment de l’Autorité de régulation du secteur de l’électricité -ARE-, de l’Agence nationale de l’électrification et des services énergétiques en milieux rural et périurbain -ANSER-, de l’Unité de coordination et de management -UCM- ainsi que du Secrétariat général du ministère.
Pour Aimé Sakombi Molendo, cette réforme constitue l’un des leviers les plus attendus. « Le Guichet unique n’est pas un simple outil administratif. Il constitue un instrument de bonne gouvernance, un levier de facilitation et un facteur de sécurisation de l’action publique», a-t-il expliqué. À terme, ce mécanisme devrait permettre de centraliser les procédures, de réduire les délais de traitement des dossiers et d’offrir davantage de visibilité aux investisseurs.
À travers ce Dialogue public-privé, le gouvernement cherche également à instaurer une relation de confiance avec les opérateurs économiques. Sakombi est convaincu que le développement du secteur électrique ne pourra se faire sans une collaboration étroite entre les pouvoirs publics, les investisseurs et les partenaires techniques. «L’objectif du gouvernement est clair: garantir à nos populations un accès à une énergie fiable, abordable et durable, tout en créant les conditions d’un environnement attractif pour l’investissement privé», a-t-il martelé. Cette volonté de renforcer le climat des affaires marque, selon lui, une évolution de la méthode gouvernementale, en privilégiant davantage la concertation plutôt que des réformes conçues sans les principaux acteurs du secteur.
Des réformes attendues sur le terrain
Au-delà des annonces, Aimé Sakombi Molendo a insisté sur la nécessité de traduire rapidement les recommandations en décisions concrètes. «Les recommandations issues de ces assises ne devront pas rester sans suite. Elles devront être pragmatiques, réalistes et orientées vers l’exécution. Le temps est venu de faire prévaloir une culture de résultat, de suivi et de responsabilité», a-t-il exhorté. Le ministre a ainsi invité les participants à privilégier des échanges orientés vers des solutions applicables à court terme, afin que cette première édition du Dialogue public-privé débouche sur des réformes perceptibles par les investisseurs.
En misant sur une fiscalité plus lisible, un guichet unique et un dialogue institutionnalisé avec le secteur privé, le gouvernement espère créer les conditions d’une relance durable des investissements dans l’électricité. Un pari jugé indispensable pour accélérer l’électrification du pays et soutenir ses ambitions de développement économique.
WIDAL

