
L’Opposition et la Société civile unies pour dire «non au changement de la Constitution et à un troisième mandat du Président Félix Tshisekedi». Samedi 9 novembre 2024 en l’une des salles de conférence de Notre-Dame de Fatima, dans la commune de la Gombe à Kinshasa, ce mouvement, composé de figures telles que Delly Sesanga, Ados Ndombasi, Bernadette Tokwaulu Aena, Jean-Claude Katende, Jaël Ngalula, Jacky Ndala et autres, a sensibilisé et organisé la population afin d’empêcher ce qu’il qualifie de «forfaiture» et les a également appelé à protéger la Constitution pour la paix, l’unité et la cohésion nationales.
«RD-Congolaises et RD-Congolais, si vous en avez assez de voir la mère patrie, déjà meurtrie par la guerre dans l’Est avec son lot de désolations humaine et la perte de la souveraineté nationale; si vous en avez assez des injustices et de la dégradation des conditions sociales du peuple RD-congolais; si vous en avez assez de voir ainsi notre peuple réduit à la misère quotidienne, par l’anarchie et l’incurie du régime Tshisekedi: un pouvoir impotent, incompétent et corrompu. Alors, cet appel s’adresse à vous! Dépassé par l’ampleur de la charge et les exigences de sa mission, Félix Tshisekedi préfère s’affairer dans la devise: Nous d’abord: restons, pillons, volons, détournons…. Il faut absolument y mettre fin!», ont-ils lancé dans leur déclaration commune intitulée «Appel au sursaut patriotique contre le changement de la Constitution et un troisième mandat du Chef de l’État Félix Tshisekedi» lue par Ados Ndombasi, président de l’Alternative 2028.
Et de poursuivre: «c’est contre la perpétuation de ces pratiques que nous adressons cet appel au sursaut patriotique à tous les RD-Congolais patriotes: Majorité comme Opposition, de toutes les Confessions religieuses, des structures de la Société civile, des mouvements citoyens, des organisations des femmes ainsi que des jeunes à se rassembler pour mener ensemble des actions pacifiques et démocratiques qui s’imposent contre le changement de la Constitution. Protéger la Constitution du 18 février 2006 est en ce moment la première tâche essentielle pour mettre fin au calvaire infligé à notre peuple par Félix Tshisekedi et ses comparses».
Plaçant l’article 64 au-dessus de tout, ces membres de ce nouveau mouvement ont mobilisé la population à créer des comités de résistance et de sursaut patriotique contre le changement de la Constitution et un troisième mandat du Président Félix Tshisekedi à la tête du pays. Ce mouvement a fait savoir que l’actuel Président de la RD-Congo a manqué à son devoir et montré son mépris de l’intérêt général dans la conduite des affaires de l’État depuis le jour où il avait annoncé sa volonté de changer la Constitution.
A les en croire, le Président Félix Tshisekedi cherche à briser le pacte de la stabilité républicaine pour s’octroyer un troisième mandat à la tête du pays et se maintenir au pouvoir à vie. Pour eux, c’est une initiative «hasardeuse», dont l’unique bénéfice est personnel. «Rappeler à Félix Tshisekedi son devoir de respecter et de protéger la RD-Constitution, sur la base de laquelle les RD-Congolais, lassés de l’affairisme de son régime, n’attendent de lui qu’une chose: quitter le pouvoir en 2028, au terme de son deuxième et dernier mandat. Ce calendrier constitutionnel, fondé sur la tenue impérative des élections de 2028, ne peut souffrir de ses caprices. Rappeler Félix Tshisekedi qu’à cet effet, il doit s’acquitter de l’obligation constitutionnelle de procéder à la passation pacifique du pouvoir en 2028 avec son successeur. Le calendrier constitutionnel, basé sur la tenue impérative des élections démocratiques 2028, ne saurait souffrir de ses caprices de vouloir s’éterniser au pouvoir par des subterfuges d’un coup d’Etat constitutionnel», ont déclaré les membres de ce mouvement initié contre le changement de la Constitution.
Ils ont invité les députés, sénateurs, membres du gouvernement et autres personnalités politiques à prendre publiquement leurs distances avec cette initiative de révision constitutionnelle. «Nous demandons à chaque député national et provincial, sénateur, membre du gouvernement, et à toutes les personnalités politiques et sociales, au nom du sursaut patriotique auquel ils sont tenus, de se désolidariser publiquement de cette funeste initiative de Félix Tshisekedi», ont-ils exhorté.
Au cours de la conférence, ce mouvement a annoncé une série d’actions de mobilisation d’envergure, à l’échelle nationale et dans la diaspora. Un calendrier d’actions sera publié pour coordonner la lutte contre cette réforme, qui, d’après ses animateurs, met en péril la liberté et la continuité du processus démocratique. Par ailleurs, ils ont, à travers leur déclaration commune, annoncé qu’ils vont organiser un meeting le 16 décembre prochain, dont le nom du lieu n’est pas encore révélé à la presse, en mémoire du référendum constitutionnel tenu du 18 au 19 décembre 2005.
Pour eux, c’est une façon de réaffirmer leur attachement à la Constitution du 18 février 2006, dont l’adoption a favorisé la réunification du pays et la normalisation progressive du système politique RD-congolais. «Evitons la confusion et disons la vérité aux Congolais. Quand l’article 218 de la Constitution parle de l’initiative de réviser la Constitution par 100.000 signatures, il ne s’agit pas de changer la Constitution ou de toucher à l’article 220. Il s’agit de réviser d’autres dispositions, sans toucher à la durée et au nombre de mandats du Président de la République. Voler, ce n’est pas bien. Mentir aussi, ce n’est pas bien», a posté Jean-Claude Katende, dans son compte X, dimanche 10 novembre.
Hénoc AKANO
