
En pleine effervescence sociale, la capitale de la province de la Tshopo reçoit cette semaine une visite d’importance: Guillaume Ngefa Atondoko, ministre d’État à la Justice et Garde des Sceaux, est arrivé mardi pour une mission de 72 heures dédiée à relancer le dossier sensible des indemnisations liées aux activités illicites de l’Ouganda en République Démocratique du Congo. Au cœur de cette opération: la mise en œuvre du plan de redressement du Fonds de réparation et d’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda en RDC -FRIVAO. Objectif affiché du ministre: donner un nouvel élan à un mécanisme dont l’image a été ternie par l’attente et les tensions croissantes parmi les bénéficiaires.
«Les activités du FRIVAO ont repris», a déclaré Ngefa lors d’une audience avec le gouverneur de la Tshopo. Mais le ministre a immédiatement tempéré l’annonce: avant toute réparation individuelle, «il existe cependant un certain nombre de prérequis». Autrement dit : vérifications, contrôles et fiabilisation des listes de bénéficiaires doivent précéder les paiements. Une précaution qui irrite ceux qui attendent depuis longtemps.
Le gouvernement s’inquiète d’une «forte agitation», a encore averti le ministre, pointant des tentatives de manipulation des victimes qui, selon lui, menacent la crédibilité du mécanisme. Dans ce contexte, les réparations collectives -telles que les infrastructures ou projets financés au titre du fonds -semblent rencontrer moins d’obstacles que le volet individuel, nettement plus délicat à exécuter.
Pour rassurer, Guillaume Ngefa promet transparence et contrôle: «Nous avons posé un certain nombre d’actes pour rendre le processus beaucoup plus crédible, transparent et conforme aux règles de la Cour internationale de justice». Il annonce aussi l’implication de partenaires internationaux dans les vérifications, et programme des rencontres directes avec les victimes durant son séjour. «Nous sommes venus écouter les victimes et les rassurer», a-t-il insisté, soulignant que la reprise effective des indemnisations individuelles dépendra de la fiabilité des données en cours d’examen.
Au-delà des palabres administratives, la visite permettra au ministre d’évaluer sur le terrain l’état des projets déjà réalisés dans le cadre des indemnisations collectives, notamment le mémorial dédié aux victimes et le jardin zoologique et botanique de Kisangani, symboles tangibles d’un processus qui peine encore à convaincre. Dans une région où blessures sociales et revendications économiques se mêlent, la mission de Ngefa apparaît comme un test: redonner confiance aux populations tout en préservant l’intégrité d’un mécanisme susceptible.
Natine K.


