
Après Martin Fayulu, c’est au tour d’Adolphe Muzito de répondre favorablement à l’appel lancé par le président Félix-Antoine Tshisekedi en faveur de l’unité nationale. L’ancien Premier ministre et leader du parti Nouvel Élan s’est dit prêt à participer à la formation d’un gouvernement d’union nationale, dans un contexte marqué par la persistance de la guerre dans l’Est du pays.
Reçu le mercredi 2 juillet 2025 à la Cité de l’Union africaine, Muzito a salué l’initiative du chef de l’État visant à rassembler les forces politiques pour faire front commun contre l’agression rwandaise. «J’ai donné ma position pour dire que j’étais disposé à participer à la formation du gouvernement. Pour moi, il est important que mes idées soient prises en compte dans la mesure du possible», a-t-il déclaré à l’issue de la rencontre.
Un soutien à la fois politique et institutionnel
Au-delà de sa disponibilité à intégrer l’exécutif, Adolphe Muzito a plaidé pour des réformes profondes destinées à restaurer l’autorité de l’État et à accélérer le développement national. Il a également exprimé son appui à l’idée d’un dialogue politique national, tout en insistant sur la nécessité de ne pas éluder les réformes structurelles indispensables au progrès du pays.
Visiblement impressionné par l’évolution de la gouvernance sous Tshisekedi, Muzito n’a pas manqué de reconnaître les avancées réalisées depuis six ans. «Mon parti et moi l’avons d’abord remercié pour les performances enregistrées. On lui reprochait de voyager trop à l’étranger, mais aujourd’hui, les résultats sont là», a-t-il reconnu, saluant notamment les succès diplomatiques récents de la RD-Congo.
Le dossier Washington en toile de fond
La rencontre entre les deux hommes a également été l’occasion d’évoquer l’accord de paix signé à Washington, le 27 juin dernier, entre la RDC et le Rwanda, sous médiation américaine. Muzito y voit une preuve irréfutable de la réussite diplomatique congolaise. «Le chef de l’État a réussi à faire reconnaître par la communauté internationale que le Rwanda est le pays agresseur. L’accord signé sous l’égide des USA contraint désormais le Rwanda et les groupes rebelles à se retirer du territoire congolais», a-t-il affirmé. L’ancien Premier ministre s’est aussi exprimé sur les enjeux économiques liés à cet accord, le qualifiant d’opportunité majeure pour récupérer les ressources jusque-là exploitées illégalement par le Rwanda. Il appelle néanmoins le gouvernement à davantage de transparence et à éclairer l’opinion sur le contenu exact de ce deal stratégique.
Vers une large coalition patriotique?
Cette nouvelle adhésion vient renforcer le projet du chef de l’État de former un front patriotique élargi, capable de répondre efficacement aux défis sécuritaires et de défendre l’intégrité du territoire national. Après Martin Fayulu, la main tendue de Muzito apparaît comme un pas de plus vers la consolidation d’un consensus national en faveur de la paix et de la stabilité.