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Rapport The Sentry: un fatras de contrevérités sur Afriland Bank!

Global Witness et PPLAAF se trouvent encore dans les cordes, depuis la contre-attaque d’Afriland First Bank et l’homme d’affaires Dan Gertler ayant réagi à leur rapport controversé publié début juillet…

Ces dernières heures, une autre ONG, The Sentry, vient de s’illustrer avec une enquête orientée contre la même banque, Afriland First Bank, accusée cette fois-ci d’avoir soit disant, aidé deux entrepreneurs nord-coréens à enfreindre les sanctions financières internationales dont ils sont l’objet en acceptant d’ouvrir au profit de leur entreprise un compte libellé en dollars américains. Problème: à part la vérité, du reste tronquée, de l’existence de ce «compte, ouvert en 2018 et dans lequel les entrepreneurs indexés ont logé pas plus de 200.000 dollars uniquement mouvementés à ce jour localement, avec les acteurs locaux», le Rapport The Sentry a tout faux. «C’est un fatras de contrevérités sur les activités d’Afriland First Bank. C’est encore, et c’est bien malheureux, une enquête entachée par le sensationnel et l’idée de faire passer Afriland First Bank comme instrument de blanchiment de capitaux et plaque tournante de personnes et entreprises sanctionnées financièrement», se convainc un analyste financier bien introduit dans le circuit bancaire de la RD-Congo. Selon The Sentry, «en 2018, deux hommes d’affaires nord-coréens ont créé une entreprise de construction en RD-Congo. Ils ont participé à des opérations qui iraient à l’encontre des sanctions de l’Union européenne, de l’Organisation des Nations unies -ONU-, et des États-Unis. Malgré de strictes interdictions internationales, ces personnes ont réussi à ouvrir un compte bancaire pour leur société, Congo Aconde, et ont mené des travaux dans le pays.

The Sentry ajoute: «Parmi ces projets, Congo Aconde a décroché un contrat pour ériger des statues dans une capitale de province isolée, une activité interdite de manière explicite par des sanctions onusiennes adoptées en 2016. Des fonds publics RD-congolais auraient financé les statues, ce qui est également contraire aux sanctions onusiennes. L’activité de Congo Aconde a notamment attiré l’attention de plusieurs éminents hommes politiques RD-congolais membres du parti politique de l’ancien Président Joseph Kabila, et certains d’entre eux se sont même entretenus avec les hommes d’affaires nord-coréens».

Au travers de son enquête, The Sentry soulève des questions concernant l’application des sanctions sur la Corée du Nord, tout en démontrant, à sa manière, comment de nombreux niveaux du gouvernement RD-congolais et plusieurs banques ont manqué à leur devoir de vigilance en ce qui concerne Congo Aconde. «Ces mêmes erreurs ont permis à l’entreprise de mener des opérations interdites en RD-Congo et ont exposé le système financier international à des risques importants. En termes spécifiques, Congo Aconde a obtenu un compte libellé en dollars américains auprès de la filiale RD-congolaise d’Afriland First Bank, une institution siégeant elle-même au Cameroun.

Le compte a permis à l’entreprise de déplacer ses fonds au plan international par le biais de la BMCE Bank International, identifiée dans des documents consultés par The Sentry comme le partenaire bancaire désigné pour traiter des transactions en dollars et en euros pour le compte de Congo Aconde en RD-Congo». L’accès aux services bancaires obtenu par Congo Aconde pourrait donc constituer une menace à la paix et à la sécurité internationales plutôt qu’une simple inattention, conclut l’investigation. Une journaliste bien connue, Sonia Rolley, se charge de résumer et assurer le relai sur Twitter. «Affaires risquées, le dernier rapport @TheSentry_Org, ou comment deux Nord-coréens ont pu, malgré les sanctions internationales, ouvrir un compte en dollar @AfrilandCd et décrocher des marchés publics en RDC… », balance-t-elle.

Les 4 faiblesses du rapport!

Tollé dans les milieux des Twittos, où un posting d’un journaliste congolais, Litsani Choukran, attire l’attention de tous. «Du vrai n’importe quoi comme rapport. La Corée du Nord est un ennemi des États-Unis, n’en faites pas un ennemi pour tout le monde. Pour le reste, on y joint le nom du diable Kabila + la banque du moment. Où sont les autres banques? Pourquoi ne pas les nommer?», assène le fondateur du site en ligne Politico.cd. Et de dire, dans un autre tweet: «Puisque les USA estiment que la Corée du Nord est le diable incarné, nous tous devrions vous suivre? Sommes-nous une colonie? Ensuite, on fait semblant de ne pas comprendre que @TheSentry_Org cible spécifiquement Kabila et @AfrilandCd. Cette escroquerie a trop duré». Pertinent Litsani.

Comme le journaliste, d’autres analystes présentent les quatre faiblesses du travail de The Sentry. La première: le rapport affirme que des entrepreneurs nord-coréens ont des comptes dans plusieurs banques locales mais ne cite qu’une seule: Afriland. La deuxième: ses auteurs évitent vraisemblablement de dire que là où les investisseurs nord-coréens ont le plus d’argent c’est TMB. Que là où ils ont fait plusieurs transactions, les plus grosses, avec l’étranger, c’est encore TMB. La troisième: contrairement aux allégations des enquêteurs, Afriland Bank ne travaille plus avec BMCE Paris. Elle travaille avec BMCE Bank Internacional Madrid. Quatrième et dernière faiblesse: l’identification d’un réseau bien actif sur Twitter, le même qui répercute ces rapports polémiques et les campagnes de sape contre des personnalités, des hommes d’affaires et des structures opérant en RD-Congo.

Le réseau et son mécanisme de propagande fichés

Le jeu semble désormais connu, affirment les analystes accrochés à toutes les péripéties du dossier Global Witness-PPLAAF-Afriland-Gertler. Ils disent avoir constaté l’activisme d’un groupe bien identifié autour de la production de ces ONG. Le mécanisme de propagande du réseau est désormais connu, selon le constat suivant: «On prend une ONG extérieure, on sort un rapport. On fait faire le relais par des ONG et mouvements citoyens locaux. Sonia Rolley relaie… Après Sonia Rolley, leurs comptes twitters partenaires reprennent Kavanagh, Sasha Lezhnev, Anneke VanWoudenberg, Ida Sawyer…- intensifient vilain travail.

«Les vrais coupables sont identifiés mais épargnés. C’est de l’acharnement organisé contre Afriland Bank. L’idée c’est de la présenter comme instrument de blanchiment de capitaux et plaque tournante des personnalités et entreprises sanctionnées», dénoncent les observateurs.

YA KAKESA

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