
Sous la voûte du stade Tata Raphaël, la Journée internationale des droits des femmes a pris des allures d’appel à la rupture dimanche 8 mars: pas de promesses creuses, a lancé la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, l’autonomisation des femmes «n’est ni un privilège ni un cadeau, c’est un droit fondamental».
À ses côtés, la Première dame Denise Nyakeru Tshisekedi et la ministre du Genre, Famille et Enfant, Micheline Ombaé Kalama, ont porté la même exigence de passage des paroles aux actes. La salle était un kaléidoscope de la société congolaise: femmes politiques, militantes de la société civile, maraîchères, représentantes des cultes et associations féminines, toutes venues porter la même attente. Un temps de prière a ponctué la cérémonie, en mémoire des victimes des violences à l’Est et pour confier l’avenir des Congolaises à la paix et à l’unité nationale.
Denise Nyakeru a salué la détermination des femmes congolaises et appelé à l’unité: «La force des femmes et leur engagement constituent un levier pour notre société. C’est ensemble que nous sommes plus fortes». Son intervention a souligné le rôle social et moral des femmes dans le redressement du pays.
Judith Suminwa a, pour sa part, placé l’autonomisation au cœur de l’action gouvernementale. «Avec mon Gouvernement, l’autonomisation durable des femmes et des filles n’est plus un simple thème: elle constitue désormais un axe central de notre action publique», a déclaré la cheffe du gouvernement, en égrenant les secteurs concernés -politique, sécurité, économie, éducation, culture- et en rappelant l’ambition de transformer droits proclamés en droits exercés.
La ministre Micheline Ombaé Kalama a lancé un appel à la solidarité nationale envers les femmes des territoires occupés de l’Est, rappelant que la promotion des droits des femmes reste une urgence humanitaire et politique. «La femme est un pilier de paix et de cohésion sociale», a‑t‑elle affirmé, encourageant la reconnaissance et la valorisation des réussites féminines.
Le gouvernement inscrit ces priorités dans son Programme d’actions, PAG 2024‑2028, qui place l’amélioration de la condition féminine au premier plan. Reste la question cruciale: la mise en œuvre. Entre engagements solennels et réalités du terrain, beaucoup attendent de voir des mesures concrètes, des budgets affectés et des résultats mesurables. Ce 8 mars à Kinshasa a rappelé une évidence simple et pressante: l’autonomisation des femmes ne peut se limiter à un slogan de circonstance. C’est une exigence de justice et une condition de développement durable. Les regards sont désormais braqués sur l’exécutif. Il lui revient de transformer la rhétorique en leviers tangibles pour toutes les Congolaises.

