
La première édition des “Rencontres – Culture – Mémoire – Fraternité” s’est achevée ce samedi au Sultani River, à Kinshasa, après quatre jours d’échanges et de réflexion sur les défis sociopolitiques et culturels de la République Démocratique du Congo. Présent à la cérémonie de clôture, le ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya, a livré une intervention forte, marquée par un appel à la vigilance face à la montée de la désinformation et des discours de haine, qui menacent l’unité et la cohésion nationale.
La désinformation, un danger existentiel pour la nation
Dans son allocution, le porte-parole du gouvernement a pointé du doigt la propagation de fausses informations, de propagande étrangère et de récits biaisés liés au conflit à l’Est du pays. Ces «dérives informationnelles», selon ses termes, donnent une image déformée de la RD-Congo, notamment dans certains médias internationaux et organisations non gouvernementales. «Ce que nous affrontons, c’est une guerre de l’information. Une guerre qui ne tue pas directement, mais qui fragilise les nations, détruit les réputations et sape la stabilité», a martelé Patrick Muyaya. Il a ainsi plaidé pour une régulation concertée de l’espace numérique, tout en appelant à une prise de conscience collective face à l’impact des réseaux sociaux et de l’intelligence artificielle dans la fabrication et la diffusion de contenus trompeurs.
Unité nationale : tolérance et inclusion face aux tensions identitaires
Sur le terrain des tensions communautaires et identitaires, le ministre a fermement rejeté toute accusation de stigmatisation visant certaines communautés, notamment les Tutsis ou les Banyamulenge. Il a souligné que la RD-Congo est une nation composée de plus de 450 tribus, dont aucune n’est plus minoritaire que les autres. «L’unité nationale n’est pas une option. Elle est la condition de notre survie en tant que peuple», a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité de préserver la fraternité et la cohabitation pacifique, dans un pays historiquement fondé sur la diversité ethnique.
Réécrire le récit congolais, retrouver la place du pays dans le monde
Patrick Muyaya a également saisi l’occasion pour inviter les Congolais à un changement de narratif. «Il est temps de reprendre le contrôle de notre histoire, de notre image et de notre destin», a-t-il lancé. Revenant sur les conséquences de l’ouverture des frontières après le génocide rwandais de 1994 -un épisode qu’il qualifie de «déclencheur de décennies d’instabilit»-, il a invité à ne pas instrumentaliser les ressources du pays comme justificatif aux conflits armés.
Sur un ton plus prospectif, il a rappelé le rôle central de la RD-Congo dans la transformation écologique et technologique du XXIe siècle. Qualifiée de «pays-solution», la RD-Congo est, selon lui, appelée à jouer un rôle stratégique dans les enjeux globaux grâce à ses forêts tropicales, ses tourbières, et ses minerais stratégiques tels que le cobalt et le coltan, indispensables à l’économie verte.
Un appel vibrant à la paix entre peuples voisins
Enfin, dans un message fort adressé aux partenaires régionaux, notamment au Rwanda, le ministre de la Communication a appelé à la fin des antagonismes et au retour de la coopération pacifique. «Il n’y aura pas de développement durable sans paix. Ni en RDC, ni dans la région des Grands Lacs», a-t-il conclu.
WIDAL
