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RDC: Mutamba attendu devant son juge ce mercredi

C’est le grand jour pour Contant Mutamba. L’ancien ministre d’Etat en charge de la Justice est attendu mercredi 9 juillet à la Cour de cassation pour l’ouverture de son procès. Il est accusé d’avoir détourné plus de 19 millions de dollars dans une affaire portant sur la construction d’une prison à Kisangani, dans la province de la Tshopo. 

Des sources judiciaires ont confirmé que l’ex-Garde des Sceaux a déjà reçu sa citation à comparaître pour cette procédure judiciaire qui intervient après l’autorisation des poursuites accordée, depuis le 15 juin, par l’Assemblée nationale. Avant cette étape, le procureur général près la Cour de cassation, Firmin Mvonde, avait obtenu, dans un premier réquisitoire, l’autorisation d’ouvrir une action judiciaire à charge de Mutamba, alors ministre.

Une innocence à prouver…

Le parquet lui reproche de n’avoir pas respecté la procédure et d’avoir payé des fonds à une société fictive, Zion Construction, bénéficiaire du contrat, dont les actionnaires sont aujourd’hui en fuite et recherchés par la justice. Les enquêtes du parquet n’ont pas non plus permis de localiser le site prévu pour la construction. Sans respecter la procédure, Mutamba a conclu un marché de gré-à-gré avec cette entreprise.

Pour payer, il a puisé dans les caisses du Fonds de réparation et d’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda en RD-Congo -FRIVAO. Cet organisme est à la base chargé d’indemniser les victimes de la guerre des six jours, avec une dotation de 195 millions USD, déjà versée par l’Ouganda, sur les 325 millions USD fixés par la Cour Internationale de Justice. Mutamba accuse, de son côté, le Procureur d’«inimitié manifeste».

L’ancien Garde des sceaux a également rejeté les accusations portées contre lui. Il l’a fait savoir au président de la République dans sa lettre de démission, mettant en avant les réformes qu’il a engagées au sein de l’appareil judiciaire RD-congolais, tout en jurant n’avoir pris «aucun dollar de l’Etat». Devant la justice, l’ancien locataire du Palais de la justice de Kinshasa devra prouver cette innocence et tenter de sauver sa carrière politique face au parquet qui n’a pas encore fini de l’accabler de preuves.

… et une carrière politique à sauver

À seulement 37 ans, Mutamba se retrouve ainsi à la croisée des chemins de sa jeune carrière politique. Candidat à la présidentielle de 2023, il rêve d’une trajectoire à la Lumumba. Comme son modèle, il jure être victime d’un «complot politique». Dans un communiqué, publié récemment à Kinshasa, la  Nouvelle génération pour l’émergence du Congo -NOGEC- , son parti politique, a appelé à une mobilisation populaire pour dénoncer ce complot visant à disqualifier son leader de la scène politique.

Ce mercredi, Mutamba devrait être accompagné de militants de son parti comme ce fut déjà le cas lors de ses auditions au parquet. Le procès Mutamba, annoncé en direct sur la télévision nationale, va certainement marquer une étape importante de la justice en RD-Congo, un pays cité sur les listes sombres en matière de corruption et d’impunité.

Hénoc AKANO

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