
Le message du ministre des Ressources hydrauliques et de l’électricité, Aimé Sakombi Molendo, était clair et destiné à rassurer: la mise en service de la centrale de Kakobola ne signe pas un «bradage» des biens publics, mais l’organisation d’un partage de responsabilités bien pensé pour préserver la souveraineté de l’État tout en assurant l’exploitation efficace de l’ouvrage. Lors d’un briefing tenu jeudi 26 mars à Bandundu‑Ville dans le Kwilu, le ministre a détaillé rôles, coûts et échéances. La vidéo de son intervention est disponible.
Séparation des responsabilités pour garantir la souveraineté
Sakombi Molendo a expliqué que la production et la distribution locale seront confiées à un opérateur privé retenu, Hydro‑Kwilu, tandis que la colonne vertébrale du système électrique -les lignes de transmission- restera sous la maîtrise de la Société Nationale d’Électricité -SNEL SA. «Les lignes de transport, ça, c’est de la souveraineté de la République», a‑t‑il insisté. La maintenance sera assurée par le constructeur, Angelique International Limited -AIL-, afin de garantir la qualité d’exploitation et de remédier rapidement à toute malfaçon.
Des chiffres précis pour couper aux rumeurs
Pour contrer les allégations selon lesquelles l’ouvrage aurait été cédé pour des millions, le ministre a livré des éléments chiffrés: le coût de l’ouvrage principal est évalué à 55 millions de dollars, financés par une coopération impliquant la China Exim Bank et le soutien de New Delhi via son ambassade à Kinshasa. Les lignes de transport sont estimées à environ 41 millions de dollars -soit près de 400 000 dollars par kilomètre, selon les chiffres avancés- et un chantier additionnel, situé à deux kilomètres du site principal, doit ajouter 15 mégawatts à la capacité existante.
Un calendrier et des contrats encadrés
Sakombi a indiqué que les trois contrats liant l’État aux entreprises retenues seront signés «dans les très prochains jours». Ces conventions, a‑t‑il souligné, traduisent la volonté de l’État de garantir l’acheminement et la commercialisation du courant produit, tout en conservant le contrôle des infrastructures stratégiques. Le ministre a invité les populations à «préserver et jalouser» l’ouvrage, rappelant sa valeur financière et stratégique pour la province.
Kakobola, levier de développement régional
Au‑delà des garanties institutionnelles, le ministre a présenté Kakobola comme un projet à fort impact socio‑économique: relancé après une décennie d’abandon, le site, repris par un constructeur «de premier plan» -AIL-, pourrait permettre à la province du Kwilu de disposer, d’ici deux ans si le calendrier est respecté, d’une énergie suffisante pour soutenir l’industrialisation locale et desservir l’ensemble des ménages. La première unité du chantier de Katende dans le Kasaï Central, porté par le même groupe, devrait quant à elle être opérationnelle en 2027, selon les prévisions évoquées.
Neutraliser la désinformation par la transparence
La volée de détails fournis par le ministre a eu l’avantage de neutraliser la désinformation: en rendant publics les opérateurs, les coûts kilométriques, les financeurs et le calendrier, le gouvernement a anticipé et réussi à transformer des rumeurs vagues en éléments vérifiables. Cette approche se veut à la fois politique et opérationnelle: préserver la souveraineté nationale tout en facilitant un partenariat technique qui, s’il est bien encadré, doit servir l’intérêt public.

