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132 signatures blindent la pétition annoncée par Niango, plus que 119 autres pour assurer une majorité absolue lors d’un possible vote de déchéance, Mboso court un réel danger !

Le député réélu de Bandundu-ville a pris dans son viseur le président de l’Assemblée nationale à cause, entre autres, de la mauvaise interprétation et la violation du Règlement intérieur…

Christophe Mboso Kodia M’Pwanga passe-t-il ses derniers moments au perchoir? Quelques jours après avoir dirigé la plénière à l’origine de la destitution du ministre de l’Économie, Jean-Marie Kalumba, le speaker pourrait voir les députés nationaux se prononcer sur son propre avenir au bureau de l’Assemblée nationale. Il est visé par une motion révélée par le député réélu de Bandundu-ville, Papy Niango Iziamay Mushemvula. La pétition y relative a déjà recueilli 132 signatures. Même s’il ne manque plus que 119 signatures pour la majorité confortable et absolue de 250+1, Niango a déjà largement dépassé le seuil de recevabilité de sa pétition, fixé à un quart des effectifs de la Chambre basse du Parlement, c’est à dire 125 députés sur 500.

De ce point de vue, l’initiative devra être reçue et soumise au débat en plénière alors que le danger semble réel pour Mboso. Samedi sur «Top Congo FM», l’enfant terrible de Bandundu-ville a annoncé l’amplification de la croisade. Il a appelé ses «collègues à se regarder droit dans les yeux et à se dire que l’Assemblée nationale connait davantage des dérives», les invitant à se rendre lundi à 11h au Palais du peuple «réfléchir sur l’intensification des signatures qui devraient dépasser 250 en vue d’obtenir le départ du président Mboso».

Au nombre de dérives à charge de Mboso, Niango a évoqué la mauvaise interprétation du Règlement intérieur, caractérisée par la «déchéance illégale» du ministre de l’Économie Jean-Marie Kalumba. «Le vote a eu lieu, oui. Mais quel est l’acte qu’on peut communiquer au ministre, au Premier ministre et au Président de la République qui sanctionne l’autorité mise en question? Ce n’est pas le procès-verbal de la plénière de ce soir. C’est plutôt la résolution que la plénière devait prendre pour sanctionner le ministre. La conséquence juridique est que tout ce à quoi on a assisté tout à l’heure n’était qu’une aventure… Les députés l’ont fait juste pour se faire plaisir. Juridiquement, techniquement, il -le ministre, NDLR- reste en fonction. Peut-être qu’il sera en fonction jusqu’aux élections de 2023», avait fait remarquer le juriste Niango, peu après la plénière consacrée à la destitution du ministre de l’Économie. Près de 20 jours après cette déclaration du député national Niango sur la «déchéance» du ministre de l’Economie, aucune notification n’a encore été adressée à Jean-Marie Kalumba. Il reste toujours en fonction, sans pour autant jouir de toutes les prérogatives de ministre de l’Economie.

Et Niango, en colère, a imputé ce dysfonctionnement à Mboso Kodia M’Pwanga et cru bon de lancer la campagne pour l’éviction du président de l’Assemblée nationale, qui a préféré minuter une correspondance à l’insu de la plénière pour tenter de contourner la résolution ayant fait défaut. Daniel Mbau Sukisa, réputé proche du n°1 de la Chambre basse, a rejeté toutes ces allégations contre Mboso.

Via «Top Congo», il a dit que pareille pétition vise à troubler le bon fonctionnement des institutions et retarder le cours normal du traitement de la Loi électorale, ce qui n’assurerait aucun bénéfice à la population. Samuel Mbemba Kabuya Tanda, directeur de cabinet du président de l’Assemblée nationale, a, dans une mise au point faite qualifié la pétition en gestation d’une stratégie du Front commun pour le Congo -FCC- pour déstabiliser les institutions.

«Nous savons tous que le FCC ne veut pas aller aux élections. Il préfère pérenniser la culture du glissement et de partage de pouvoir», a-t-il déclaré. Le Dircab Mbemba est d’avis que Niango «est en train de désacraliser le prestige du fonction député national depuis un temps». Et de tempêter: «le député national Papy Niango déclare détenir une pétition signée par 132 députés, ce qui est probablement faux car l’Union sacrée compte à ce jour 390 députés, sur 500 députés de l’Assemblée et il en reste donc 110 députés que le FCC se partage avec d’autres forces politiques. Si par aventure, il venait déposer son dossier, mon administration lui exigera l’authentification de chaque signature par la copie de carte de légitimation de chaque député signataire».

Les enjeux actuels

Alors que le chef de l’administration du bureau du président de l’Assemblée nationale est dans les calculs, les enjeux sont en train de démontrer que Mboso a peut-être déjà fait son temps.

À en croire un cadre de l’UDPS/Tshisekedi, les cartes, au stade où le dialogue est de plus en plus réclamé, voudraient que Mboso, issu d’un petit parti politique, avec seulement deux députés, son Dircab et lui-même, puisse perdre son strapontin au profit d’une grande formation de l’Union sacrée, probablement l’UDPS/Tshisekedi «pour véritablement combler le vide laissé par le départ de Jean-Marc Kabund et rétablir les équilibres, surtout que la Primature, le Sénat et l’Assemblée nationale sont occupés par des personnalités qui ne sont pas de l’UDPS/Tshisekedi».

Ce cadre a le sentiment que, dans la perspective d’un dialogue institutionnel de plus en plus réclamé autour de la Loi électorale et de la recomposition de la CENI, personne au sein du parti présidentiel ne verrait d’un mauvais œil le retour au bureau, du moins au niveau de la première vice-présidence de la Chambre basse, d’un élu FCC.

À Mboso de bien se regarder dans un miroir, surtout après la crise frontale créée avec le camp de Modeste Bahati et sa mauvaise gestion des ambitions des élus d’Ensemble et du PPRD Mosaïque. Deux semaines avant l’ouverture de la session en cours, le député Gratien Iracan d’Ensemble pour la République avait initié avant de la retirer une pétition contre le président de l’Assemblée nationale et tout son bureau, priés de justifier la gestion de près de 64 millions USD de cette institution.

Tino MABADA

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