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RDC: Makila vaccine l’opposition contre un dialogue verrouillé

Pas de cri. Pas de boycott. Juste trois questions. Mardi 11 août, José Makila Sumanda a dégainé l’arme de la prudence sur X. Et elle risque de faire mouche. Le ténor de Sauvons le Congo et ancien vice-Premier ministre s’adresse à «ses camarades de l’opposition et à la société civile congolaise». Le message est limpide: avant de dire oui au dialogue national, méfiez-vous.

Le vaccin Makila: 3 doses contre le simulacre

L’ancien cadre du FCC s’affiche comme un acteur qui connaît la musique. En République Démocratique du Congo, un dialogue sans règles claires finit toujours par servir celui qui l’organise. Sa première dose: l’inclusivité: «Le dialogue sera-t-il réellement inclusif ? Ou certains acteurs majeurs de la crise nationale seront-ils volontairement écartés?»

Deuxième dose: le cadre: «Qui fixera son ordre du jour et ses règles ? Serons-nous de véritables parties prenantes à la définition du cadre, ou devrons-nous simplement nous conformer à un format déjà arrêté?»

Et la troisième: l’objectif. «Cherchera-t-il à résoudre en profondeur la crise nationale, ou servira-t-il à accompagner un agenda institutionnel déjà déterminé?». Et Makila de trancher: «Ces trois questions sont simples, mais leurs réponses détermineront notre attitude». 

La leçon du vieux routier

José Makila joue les profs de science politique. «Ne nous précipitons ni dans l’enthousiasme ni dans le rejet. Réfléchissons d’abord», écrit-il. Traduction: ne pas servir de caution. Ne pas valider un processus dont l’issue serait déjà écrite.

«Car lorsqu’on entre dans un dialogue, il faut savoir pourquoi on y va, avec qui, pour discuter de quoi et surtout pour obtenir quoi», ajoute l’ancien vice-premier ministre des Transports. 

Sa conclusion est un rappel à l’ordre historique: «La responsabilité historique nous impose de ne pas nous tromper de combat». Makila a encore présent à l’esprit le report de la manifestation prévue par la C64 le 22 juillet face à la promesse non tenue du Pouvoir de convoquer le dialogue. 

Kinshasa dos au mur?

«En posant ces 3 questions, Makila met le pouvoir de Félix Tshisekedi face à ses contradictions. Vouloir l’union nationale face à la crise dans l’est, mais refuser de lâcher sur le contrôle du processus», analyse un diplomate en poste à Kinshasa.  Avec ce «vaccin» politique, la figure de Sauvons le Congo oblige désormais la Présidence à prouver sa bonne foi. Faute de quoi, l’opposition aura un prétexte tout trouvé pour faire parler la rue, chute-t-il. 

Natine K.

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