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RDC: Les jours de la Monusco désormais comptés

Le briefing de mardi 2 août 2022 a mis face à la presse trois membres du gouvernement des Warriors, à savoir: Julien Paluku, Modeste Mutinga et bien entendu Patrick Muyaya Katembwe, respectivement ministre de l’Industrie, des Affaires sociales et Solidarité, et de la Communication et Médias, porte-parole du gouvernement.

Au cœur du problème, restituer à l’attention de l’opinion, la mission d’inspection qu’ils ont menée dans la province du Nord-Kivu à la suite des événements malheureux ayant mis dernièrement aux prises la MONUSCO et la population de la province du Nord-Kivu. Le bilan qui était auparavant de 15 morts et limité aux villes de Goma et Butembo, a été largement revu à la hausse. 36 morts dont 4 Casques bleus sur l’ensemble des lieux visités, soit Goma, Butembo, Kanyabaonga, etc.

Cette mission du gouvernement, sous la conduite du ministre en charge de l’Intérieur et Sécurité, Daniel Aselo, a également connu la participation de deux autres Warriors présents au briefing. Julien Paluku et Modeste Mutinga. Juste le temps d’annoncer les couleurs de ce face-à- face avec la presse, lequel était consécutif à la restitution faite la veille au Chef de l’Etat sur la même mission, Patrick Muyaya a passé la parole à Julien Paluku pour résumer la quintessence de cette mission. Dans son discours, le ministre en charge de l’Industrie, fort de sa longue expérience pour ses 12 ans passés à la tête du Nord-Kivu, a édifié l’auditoire sur les tenants et les aboutissants de la cohabitation devenue aujourd’hui impossible entre la MONUSCO et la population locale.

Des entretiens qu’ils ont eus avec les mouvements citoyens, les différentes organisations sociales et les mouvements des jeunes, il est ressorti que toute la population locale en avait ras-le-bol. En conclusion, la MONUSCO n’a plus sa raison d’être en RD-Congo. Un peu partout, c’est-à-dire à Goma comme à Butembo, les mêmes éléments de réponses fournis aux ministres. Et le tout s’articulait autour du contexte de guerre qui dure depuis trois décennies. Mais, deux décennies durant, l’inutilité de la MONUSCO apparaît à l’œil nu.

Les tueries continuent et la paix est toujours loin d’être assurée. A cela s’ajoutent les déclarations fracassantes du porte-parole de la mission de l’ONU, considérées comme étant un aveu d’échec de la MONUSCO face aux agresseurs. Bien plus, la population ne sent plus, comme en 2013, l’appui des Casques bleus de l’ONU aux FARDC. D’où, il est aujourd’hui inutile que ces Casques bleus puissent se retrouver aux côtés des Forces armées de la RD-Congo. 

En clair, c’est l’option du retrait rapide de cette mission qui se dessine. Alors que d’après les couches sociales rencontrées, certaines souhaitaient même la voir immédiatement quitter le pays. Le gouvernement évoque le recours à un cadre de concertation, déjà existant, en vue de mettre sur pied un mécanisme rapide pour le retrait de cette force de l’ONU du territoire RD-congolais comme c’est déjà le cas au Tanganyika et au Kasaï. Quitte à savoir comment la RD-Congo va gérer l’après MONUSCO, pour ne pas la faire regretter au cas où… Quant au gouvernement, il est déjà prêt à renforcer son système de défense, question d’hériter des missions jadis attribuées à la MONUSCO. Mutinga a dit avoir atténué le choc de la crise, grâce aux moyens débloqués par le gouvernement à cette fin.

J.J.M.

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