
La Première ministre Judith Suminwa Tuluka a été récompensée par le Global Power Forum 2025 pour son leadership remarquable à la tête du gouvernement de la République Démocratique du Congo, le 25 octobre en marge de la 80e Session de l’Assemblée générale de l’ONU. Elle a été couronnée aux côtés de Sylvanie Burton, la première femme présidente de l’île de la Dominique. La Première ministre a reçu son prix des mains de Philip Davis, le Premier ministre des Bahamas, un pays en plein essor, classé par la Banque mondiale parmi les nations à revenu élevé avec un PIB par habitant de 33 968 dollars pour l’année 2023-2024, tandis que l’île de la Dominique, dirigée par Sylvanie Burton, a enregistré un PIB de 9 172 dollars en 2024.
Ce prix constitue sans doute une reconnaissance internationale du travail acharné accompli par Judith Suminwa depuis son entrée en fonction malgré la guerre d’agression imposée à la République Démocratique du Congo par le Rwanda. Depuis son arrivée à la tête du gouvernement en mai-juin 2024, Suminwa a mis en œuvre des avancées significatives -la stabilité du franc congolais face au dollar, la baisse des prix de l’essence et du diesel, la protection du pouvoir d’achat de la population avec la chute des prix de certains biens de consommation courante, le doublement des salaires des militaires et des policiers, ainsi qu’une amélioration des services scolaires et de santé, tandis que les recettes internes tendent vers la crête de 12 milliards de dollars-, suscitant l’admiration des partenaires.
Le Génocost, un massacre à grande échelle à réparer et un crime économique à résoudre
Sous le thème «Le changement de pouvoir: les femmes réinventent le leadership, l’héritage et la prospérité mondiale», Suminwa a prononcé un discours percutant devant les acteurs internationaux présents lors de la cérémonie, réaffirmant les priorités de son gouvernement pour bâtir une République Démocratique du Congo résiliente. Elle a rendu hommage aux femmes de l’Est congolais, symboles de courage et de résilience au quotidien.
«Mon pays a fait de la lutte contre les violences sexuelles une priorité tant nationale qu’internationale. Nous avons défendu cette cause devant les Nations Unies et l’Union africaine, soulignant que le viol, utilisé comme arme de guerre, constitue non seulement une tragédie individuelle, mais également une attaque contre l’humanité. Il est crucial de donner une voix institutionnelle aux survivantes, d’assurer justice, de renforcer la protection et d’éliminer les causes du conflit», a-t-elle déclaré.
La Première ministre a également plaidé pour la fin du Génocost et pour la traçabilité des minerais stratégiques. «Il y a une réalité à nommer: le Génocost. C’est le coût humain inacceptable payé par les populations de l’Est de la RDC pour l’exploitation illégale et criminelle de nos minerais stratégiques, comme le cobalt et le coltan, qui alimentent les technologies à travers le monde. Chaque smartphone, chaque batterie, porte une part de ce paradoxe: d’une part, l’innovation; de l’autre, le sang de femmes et d’enfants pris dans une guerre financée par des chaînes d’approvisionnement opaques. Le Génocost n’est pas seulement une problématique congolaise: c’est un crime économique qu’il faut résoudre. Cela nécessite la transparence des chaînes d’approvisionnement, la traçabilité des minerais, la sanction des financiers de guerre, et des partenariats audacieux entre investissement responsable, industrialisation locale et prospérité partagée. Mettre fin au Génocost, c’est refuser que notre prospérité s’appuie sur la souffrance des femmes et des enfants congolais», a-t-elle insisté, appelant à investir dans l’éducation des filles, les STEM, et l’entrepreneuriat féminin.
Plaidoyer pour la promotion des alliances Sud-Sud
Suminwa a également encouragé l’Afrique et les Caraïbes à construire des alliances Sud-Sud pour une prospérité durable et partagée. «C’est essentiel de donner une voix institutionnelle aux survivantes, de garantir la justice, de renforcer la protection et d’éliminer les sources du conflit», a-t-elle conclu.
Natine K.
