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RDC: le plan choc d’Olenghankoy pour sauver la nation

Le Conseil national de suivi de l’Accord et du processus électoral – CNSA – a lancé un véritable pavé dans la mare politique, mardi 7 juillet, à l’issue de sa session ordinaire qui a duré dix heures. Entre débats et résolutions, l’institution dirigée par Joseph Olenghankoy a réfléchi aux solutions à la crise qui bat son plein en RDC. Le verdict est cinglant. Pour le CNSA, l’organisation d’un dialogue politique inclusif, sans aucune exclusion, est l’unique alternative à la guerre qui ravage l’Est du pays.

Cette prise de position intervient dans un climat de tension extrême, marqué par l’échec relatif des initiatives diplomatiques précédentes. La session de ce mardi est intervenue au lendemain des consultations menées par le président burundais, qui a reçu des opposants congolais et des leaders religieux. Pour le CNSA, les assises de Bujumbura ont été la «rencontre de la dernière chance dans la recherche d’une solution politique à la grave crise» qui secoue la RDC.

Mettre fin aux invectives

Le constat dressé par l’institution d’appui à la démocratie est sans appel. Pour Olenghankoy et les autres conseillers, les tentatives actuelles de sortie de crise montrent leurs limites et l’État semble paralysé par une impasse qui nécessite un dépassement audacieux. Pour débloquer la situation, le Conseil préconise un consensus fondamental qui dépasse les simples déclarations d’intention.Selon les conclusions de cette plénière, la nation est aujourd’hui menacée par un venin plus insidieux que la guerre frontale: la montée d’une haine tribale et ethnique manifeste. «Il faut veiller à ce que les différends politiques ne se transforment pas systématiquement en invectives, voire en conflits interethniques ou anti-Kasaïens. Il y va de l’unité nationale», prévient le CNSA, qui en appelle à la responsabilité des leaders d’opinion et des partis politiques.

Élargir la table du dialogue

L’originalité, et sans doute la part la plus controversée de cette proposition, réside dans l’élargissement inédit du cercle des participants. Le CNSA insiste sur le fait que la paix ne pourra être totale et durable que si tous les protagonistes de la crise sont assis à la même table.

Cela inclut non seulement l’Union sacrée, chère au président Tshisekedi, mais aussi les différentes couches de l’opposition, y compris le clan Kabila et les rebelles. Pour le CNSA, l’AFC/M23 est un «interlocuteur nécessaire» pour le gouvernement dans le processus de paix.

Pour garantir la sérénité de ces assises, le Conseil plaide pour des mesures de confiance fortes, notamment l’assurance de la sécurité physique des participants et, de manière plus sensible, l’abandon des poursuites et des sanctions judiciaires visant certains acteurs politiques.

Abandonner la loi sur le référendum

Enfin, le CNSA a lancé un appel direct au chef de l’État afin de «prendre toutes les initiatives susceptibles de suspendre et d’écarter la mise en œuvre de la loi portant organisation du référendum, adoptée par le Parlement».Pour Olenghankoy, ce texte, actuellement soumis à la Cour constitutionnelle pour contrôle de constitutionnalité, n’a pas lieu d’être «alors que le pays est en proie à la guerre depuis quatre ans et a besoin de son unité». «Il n’y a ni nécessité ni utilité pour cette loi et ces débats qui sont venus, au contraire, approfondir les divisions», tranche le CNSA.

Pour mettre fin à ces débats «néfastes», Olenghankoy dit compter sur la «sagesse responsable du chef de l’État» afin de «sauvegarder et privilégier l’intérêt supérieur de la Nation». En lançant cet énième appel au dialogue, le CNSA confirme sa position. En janvier déjà, l’institution insistait sur l’urgence de la décrispation politique afin de «créer des conditions minimales de confiance pour engager un dialogue national inclusif». Six mois plus tôt, Olenghankoy avait lancé l’idée d’une mission auprès de Kabila pour une démarche politique visant à affirmer la souveraineté nationale dans la résolution de la crise sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo. «Il faut casser ce mythe ! Celui qui consiste à croire que la paix à l’Est ne peut venir que de l’extérieur, que nous devons rester spectateurs pendant que d’autres décident pour nous. Ce serait un crime», lançait-il en juin 2025.

WIDAL

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