Réuni en session ordinaire ce mardi 10 mars 2026, le Conseil national de suivi de l’accord et du processus électoral -CNSA- a dressé un diagnostic sombre de la situation nationale. Sous la présidence de Joseph Olenghankoy Makundji, l’institution a réitéré l’urgence absolue d’un dialogue politique inclusif pour extirper la RD-Congo de l’impasse. Le point saillant de cette séance a été le compte-rendu de l’audience accordée la veille par Joseph Olenghankoy au rassemblement «Génération Rupture».
Ce collectif, composé de partis politiques et d’organisations citoyennes, a plaidé pour la mise en œuvre de voies et moyens susceptibles de sortir le pays de la crise multiforme qui l’étouffe. Le CNSA a pris acte de la volonté de ces acteurs de participer activement à un dialogue inclusif.
Pour l’institution, cette démarche s’inscrit en droite ligne avec les récentes annonces du chef de l’État. Le Conseil a encouragé d’ailleurs l’ensemble de la classe politique à emboîter le pas à cette initiative pour donner de la consistance au projet de pacification nationale. Outre les questions politiques, le CNSA a exprimé sa vive préoccupation face à la recrudescence de l’insécurité qui frappe plusieurs régions du pays.
Fidèle à sa mission de suivi, le Conseil a placé la priorité et la primauté de la recherche de la paix au sommet de son agenda pour les semaines à venir. Par ailleurs, le CNSA a déploré une insécurité désormais “omniprésente” qui frappe les citoyens jusque dans l’intimité de leurs domiciles. Ce climat de terreur, exacerbé par le phénomène Mobondo, a indiqué le CNSA, renforce une impression négative d’incapacité manifeste des autorités, jetant un discrédit profond sur l’appareil étatique. Face au conflit qui ravage l’Est de la RD-Congo, le CNSA a dénoncé fermement une «vanité des velléités bellicistes».
Pour l’organisation, s’obstiner à ne chercher la fin de la guerre que par le prisme d’une victoire militaire est une erreur stratégique et humanitaire. Le Conseil a fustigé l’indifférence coupable des partisans de la guerre à tout prix. «Pendant que les débats s’éternisent sur les tactiques de terrain, le bilan humain s’alourdit: des millions de déplacés internes, des centaines de milliers de réfugiés et une économie nationale exsangue», a rappelé l’organisation.
Pour le CNSA, la solution ne viendra pas des canons, mais d’une volonté politique réelle de dialogue. L’organisation a insisté sur la priorité et la primauté de la recherche de la paix pour stopper l’hémorragie humaine et les destructions physiques qui ruinent l’avenir de la région. Selon le CNSA, le Président Félix Tshisekedi a opéré un choix réfléchi et assumé. En s’engageant dans un accord de paix avec le Rwanda et en acceptant une série de cessez-le-feu avec l’AFC/M23, a renseigné le CNSA, Félix Tshisekedi privilégie officiellement la voie politique pour mettre fin au calvaire des populations civiles.
«C’est le moment de la mise en œuvre de ces engagements», a souligné l’organisation, reconnaissant au passage que le chemin vers la paix est, par nature, «toujours difficile» et parsemé d’écueils. En invoquant l’article 69 de la Constitution, le Conseil a rappelé que le chef de l’État est le garant de l’intégrité du territoire, justifiant ainsi la légitimité de cette orientation diplomatique.
Le message du CNSA se veut également être un rappel à l’ordre à l’égard de la classe politique et de la société civile. L’institution a pointé du doigt les débats divers lancés comme en l’air qui, en ces moments cruciaux, détournent l’attention de l’opinion publique de l’objectif principal : la survie de la nation. Pour le Conseil, rien ne doit plus distraire les efforts. «Les débats qui accaparent actuellement le temps médiatique et politique sont perçus comme des interférences face à une priorité existentielle», a précisé le CNSA. L’appel est clair, tout en appelant les forces vives de la nation à se fédérer derrière cette vision présidentielle pour abréger les souffrances «dans la chair et dans la vie» des RD-Congolais.
Hénoc AKANO

