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Kongo central : CRAC appelle Atou au respect des dispositions légales

Le retour à la légalité conformément à l’article 198 de la Constitution stipulant la désignation du Vice-gouverneur de province en place pour faire l’intérim, éviterait de vaines et interminables discussions à ce sujet, en attendant l’organisation des élections conformément aux dispositions constitutionnelles

La province du Kongo Central traverse, depuis peu, une situation politique hors du commun, que l’on peut assimiler à un insolite. Déchu par l’Assemblée provinciale, le gouv’Atou Matubuana a fait face à la décision des élus en s’accrochant à la tête de la province jusqu’à ce jour grâce à la protection du Vice-premier et Ministre de l’Intérieur et sécurité. Pire encore, tout récemment, il venait de réserver une réponse faisant opposition à la lettre du Procureur général près la Cour constitutionnelle l’obligeant à déposer sa démission sans délai. Et contre toute attente, face à la pression locale, le gouverneur déchu serait en phase de négociation avec Kinshasa pour placer son ministre provincial des Finances, Pierre Kabangu, comme gouverneur ad intérim du Kongo Central. Erreur grave! S’agit-il d’une entorse aux textes légaux existants? C’est la question que se posent plusieurs observateurs politiques et juridiques qui rappellent, par ailleurs, qu’il existe des dispositions légales quant à ce. Dans la même optique, le Cercle de réflexion et d’action pour le changement -CRAC- qui suit de près ce dossier du Kongo Central, a fait une déclaration demandant au Président de la République et au VPM de l’Intérieur à barrer la route à la démarche initiée par Atou Matubuana. Basés à Matadi, les cadres et membres de cette structure de réflexion et d’éducation sur les problèmes communautaires estiment que le ministre provincial des Finances représente «l’aile radicalement dure de la gouvernance destructrice du gouverneur déchu». «Pierre Kabangu est l’autre Atou, prédisposé à assurer la continuité de cette politique qui a appauvri et endeuillé des familles, une politique de terreur, de discrédit de l’autorité de l’Etat dont la gestion était assurée dans la rue et par la rue», ont-ils expliqué dans leur déclaration.

Vivement le Vice-gouverneur

De leur avis, le retour à la légalité conformément à l’article 198 de la Constitution stipulant la désignation du Vice-gouverneur de province en place pour faire l’intérim, éviterait de vaines et interminables discussions à ce sujet, en attendant l’organisation des élections conformément aux dispositions constitutionnelles. Ils exhortent le Chef de l’Etat et le VPM de l’Intérieur à prêter une oreille attentive à l’avis général de la population du Kongo Central en souffrance.   

«Pourquoi, quand il s’agit du Kongo Central, les décisions sont toujours appliquées sur mesure ou ne le sont pas carrément ? Le VPM de l’Intérieur qui avait opté de confier les intérims aux vice-gouverneurs dans les provinces où les gouverneurs sont visés par des motions, ne l’a pas fait pour le Kongo Central. De même, pour le Congo Central, la décision de la justice rendue par la plus haute cour est bafouée. Le tout, sous la barbe du Chef de l’Etat et du VPM de l’Intérieur, censés pourtant tous deux être les plus respectueux de la loi», s’interrogent les Ne Kongo. Visiblement, la situation laisse à désirer dans l’ensemble au Kongo Central. Par cette attitude irresponsable d’Atou Matubuana, la justice y est bafouée, personne n’a peur d’aucune juridiction, ni de ses animateurs. L’effet de contamination que le CRAC craignait depuis son premier avertissement devient une réalité. Au Sankuru, voilà que le gouverneur visé par une motion, refuse de s’y soumettre, se référant au cas du Kongo Central. Cette situation similaire à une saga pousse à se demander si Atou Matubuana devient-il plus fort que la loi, plus fort que le Président de la République ou encore plus fort que le VPM de l’Intérieur?

Tino MABADA

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