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RDC: la CENCO taille Bemba en pièces

Dans une déclaration ferme lue le jeudi 12 juin 2025, la Conférence épiscopale nationale du Congo -CENCO- a répondu avec virulence aux accusations portées contre elle par Jean-Pierre Bemba Gombo, vice-premier ministre en charge des Transports et ancien chef de guerre. C’est Mgr Fulgence Muteba, président de la CENCO, qui a porté la voix des évêques catholiques pour dénoncer ce qu’il qualifie d’«inepties».

Sur les ondes de Top Congo FM, Jean-Pierre Bemba a récemment affirmé que la CENCO, en complicité avec l’ancien président Joseph Kabila et Moïse Katumbi, aurait fomenté un complot visant l’élimination physique du président Félix Tshisekedi et un départ précipité de ce dernier de la Cité de l’Union africaine. Des propos jugés «gratuits» et «graves» par les évêques, qui estiment qu’ils relèvent davantage de la provocation que de la réalité politique.

«Ces accusations ne nous surprennent pas, mais elles exigent une mise au point», a déclaré Mgr Muteba, qui a rappelé à Bemba son propre passé violent, marqué par des épisodes sanglants à Kisangani, dans la province de la Tshopo,  lors de la guerre de six jours, et à Kinshasa en avril 2007, lorsque sa milice affronta les forces loyalistes à l’arme lourde.

Un retour à la violence?

La CENCO s’interroge sur les intentions réelles du VPM aux Transports. «Au regard du contexte socio-politique actuel, cette belliqueuse sortie médiatique donne à croire que M. Jean-Pierre Bemba peine à accepter l’option courageuse et salutaire prise par les institutions de la République et l’ensemble de la nation: celle de résoudre, par des voies pacifiques, la crise actuelle qui menace l’unité nationale et l’intégrité territoriale», a souligné Mgr Fulgence Muteba. Selon lui, de telles déclarations, dénuées de «raison, de bon sens et de respect pour les institutions», témoignent d’une animosité inquiétante de la part de Bemba envers ses concitoyens. Pire, elles participent à «la promotion de la violence» dans un climat déjà fragilisé par l’occupation rebelle dans certaines régions du pays.

Silence troublant des autorités

Après avoir taillé en pièces l’ex-chef rebelle, la CENCO n’a pas caché sa déception face à l’inaction des autorités publiques. «Le silence des responsables politiques face à la gravité de ces propos est tout simplement incompréhensible», a fustigé Mgr Muteba, appelant le Procureur général près la Cour de cassation ainsi que le bureau de l’Assemblée nationale à se saisir d’office du dossier. L’objectif: faire toute la lumière sur ces allégations et en tirer les conséquences juridiques nécessaires.

Appel à la vigilance et à l’unité

En conclusion, la CENCO a exhorté le peuple congolais à faire preuve de vigilance et à ne pas céder à la manipulation, aux discours de haine ou de division. «Plus que jamais, notre nation a besoin de cohésion, de dialogue et de solidarité. Le vivre-ensemble doit demeurer le socle de notre unité nationale», a-t-il insisté. Dans une période particulièrement délicate pour la RDC, les propos de Jean-Pierre Bemba viennent raviver de vieilles blessures et jeter de l’huile sur le feu. La réponse sans équivoque de la CENCO sonne comme un rappel à l’ordre –et peut-être aussi comme un signal fort en faveur d’un débat politique fondé sur la vérité, la responsabilité et le respect mutuels. 

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