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RDC : Kamerhe exhume les casseroles de Nicolas Kazadi

Une commission d’enquête parlementaire en trombe pour établir les responsabilités individuelles et réserver un châtiment exemplaire à tout éventuel coupable…

Ancien ministre des Finances, Nicolas Kazadi garde, dans ses placards, des cadavres à forte puanteur, dont certains ont été exhumés par Vital Kamerhe, président de l’Assemblée nationale, lors de la plénière du mardi 29 octobre 2024 à l’hémicycle. A la faveur de l’examen du projet de loi portant reddition des comptes de l’exercice budgétaire 2023, Vital Kamerhe a assuré avoir fait la découverte des «dépassements budgétaires incroyables» et des «actes de mégestion» qui ne cadrent en rien avec les priorités définies dans le programme du gouvernement.

A titre illustratif, le speaker de la Chambre basse a brossé une comparaison entre les dépenses liées au paiement des dettes non certifiées et celles relatives au financement du Programme de développement local des 145 territoires -PDL-145T.

Nicolas Kazadi, alors ministre des Finances, a payé 450.000 milliards de francs congolais de la dette non certifiée, dont 51% en procédure d’urgence, contre 98.000 milliards de francs congolais pour le PDL-145T, le programme qui traduit la vision du Président de la République.

«On se demande où se trouve la priorité de l’Etat RD-congolais? Est-ce que le gouvernement n’avait pas contredit tout ce que le Président de la République avait décliné comme priorité et se concentrer finalement au confort des individus?», s’est questionné Kamerhe avant d’épingler d’autres «actes de mégestion» posés par Nicolas Kazadi durant son passage aux commandes du ministère des Finances.

Il a notamment évoqué les dépenses d’investissement dont 85% ont été affectées aux études. «Quelles études alors que tous les ministères y compris l’Assemblée nationale et le Sénat ont des bureaux et directions d’études? Quelles études peuvent coûter autant d’argent?», s’est de nouveau interrogé VK qui se refuse de rester amorphe face à cette «mauvaise manipulation» des deniers publics constatée par l’Autorité budgétaire.

Le président de l’Assemblée nationale est décidé à «établir les responsabilités de chaque responsable de ces actes de mégestion» pour des sanctions appropriées, à n’en point douter.

Dans cette logique, l’Assemblée nationale a levé l’option, au cours de la plénière du mardi, d’instituer une commission d’enquête chargée d’établir les responsabilités de chaque intervenant dans la manipulation des fonds publics en ce qui concerne les irrégularités et fautes de gestion relevées par les députés nationaux à la faveur de l’examen du projet de loi portant reddition des comptes de l’exercice budgétaire 2023 au niveau de la Commission ECOFIN.

La commission d’enquête devra, en plus d’établir les responsabilités, déterminer les mesures à prendre contre les personnalités reconnues auteures des actes de mégestion afin de décourager pareilles actions dans le futur.

Par ailleurs, Nicolas Kazadi a aussi été accusé d’avoir fait de la procédure d’urgence pour les dépenses publiques, la norme, tant 51% des dépenses ont été engagées suivant cette procédure. Il serait en outre auteur des «dépassements budgétaires incroyables» et marqué par une attitude de favoritisme.

A en croire Kamerhe, certains secteurs de la vie publique ont été favorisés au détriment des autres secteurs qui «ne reçoivent absolument rien».

«On doit aussi relever le fait qu’il y a des imputations mensongères de transfert des fonds aux provinces et aux ETD qu’elles n’ont jamais vus ni jamais reçus», a révélé le speaker de la Chambre basse.

Sale temps pour Nicolas Kazadi qui va devoir faire face aux conséquences de sa gestion des finances publiques, longtemps objet des critiques les plus acerbes, car axée sur des pratiques illicites, selon plusieurs organisations de la société civile.

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