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RDC: Kambinga appelle à la quatrième République

Dans un décor politique secoué par la guerre à l’Est et des oppositions fragmentées, Germain Kambinga Katomba a choisi la rentrée politique pour poser un cap clair: unité nationale et refonte des institutions. À la tête du mouvement «Le Centre», l’ancien député et ex‑ministre a plaidé, vendredi 27 mars, pour une «Quatrième République» et une reconstruction institutionnelle destinée, selon lui, à sortir la République Démocratique du Congo d’une crise profonde de sens et d’organisation.

«Pauvre Congo…», a lancé Kambinga en ouverture, résumant d’emblée la tonalité de son adresse: ferme, critique et porteuse d’un projet. Le leader centriste a fustigé une opposition qu’il juge «divisée» et souvent réduite à «la haine viscérale du Président» ou à des ambitions personnelles. Selon lui, l’heure n’est plus aux postures morales stériles mais à la rénovation d’un État «qui fonctionne réellement».

Au cœur de son discours, la conviction que la souveraineté populaire doit être mise à contribution par des mécanismes constitutionnels -référendum et révision- pour permettre une transformation durable. «La Constitution prévoit sa révision», a‑t‑il rappelé, arguant que le peuple doit trancher les grandes orientations institutionnelles. Le Centre se dit favorable à l’instauration d’une Quatrième République, envisagée comme le cadre nécessaire pour restaurer efficacité et légitimité des institutions. Sur le front sécuritaire, Kambinga a durci le ton.

Pour lui, la guerre à l’Est n’est pas une «distraction»: elle relève d’une agression extérieure -qu’il assimile à une pression rwandaise via des forces alliées- et menace l’unité nationale. Il met en garde contre la «congolisation» du conflit, c’est‑à‑dire la tentation de le transformer en instrument de crise interne, et avertit contre une possible «soudanisation» du pays, où plusieurs légitimités éclateraient l’autorité de l’État. Abordant la question des échéances électorales, Kambinga pose une question brutale: peut‑on organiser des élections crédibles alors qu’une partie du territoire est occupée et des millions de citoyens déplacés? Sa réponse est stratégique: la priorité doit être la restauration de l’intégrité territoriale et de la cohésion nationale. Si la guerre n’est pas gagnée, dit‑il, un calendrier électoral classique ne saurait être imposé au prix d’une légitimité contestée.

Le discours combine critiques et bilans. Kambinga défend des réalisations du président Félix Tshisekedi -croissance du budget, gratuité de l’enseignement primaire, amélioration des services de maternité- tout en reconnaissant que la guerre entrave l’efficacité des politiques publiques.

Il condamne aussi les «moralisateurs» qui, selon lui, substituent indignation morale à réflexion politique et, en refusant tout débat sur la réforme des institutions, finissent par préserver les mécanismes qui nourrissent la crise. Kambinga propose un choix: continuer les accusations et la division ou engager une refondation institutionnelle par la voie démocratique. Le Centre veut porter la seconde option, en misant sur le référendum comme instrument de légitimation populaire. Reste à savoir si cet appel au rassemblement et à la Quatrième République trouvera un écho suffisant dans l’échiquier politique national et auprès des partenaires du pays.

YA KAKESA

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