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RDC : Etat de siège, Sesanga trouve à redire!

À la faveur d’un meeting organisé pour célébrer le 31ème anniversaire de la libéralisation de l’espace politique, le président du parti Envol a donné sa position face aux mesures arrêtées par le Président de la République pour lutter contre l’insécurité au Nord-Kivu et en Ituri…

Le 24 avril 2021 a marqué le 31ème anniversaire de la commémoration de l’annonce par le Maréchal Mobutu du processus démocratique en RD-Congo. Pour célébrer cette journée qui a consacré la rupture avec la dictature et le système du parti unique ouvrant ainsi le pays au multipartisme politique, Delly Sesanga Hipungu, président national du parti politique Envol, a organisé un meeting le samedi 1er mai au terrain Malula du Collège Sebyera au quartier Mbala de la Cité Badiadingi, dans la commune de Selembao à Kinshasa. Militants et cadres de ce parti ont été mobilisés, à cet effet, pour suivre le message de leur président national Delly Sesanga qu’ils ont surnommé «Le gendarme des réformes» à la suite du combat politique qu’il mène à l’Assemblée nationale en faisant des propositions de loi, avec ses collègues députés dont ceux du Groupe de 13 députés nationaux et personnalités -G13- pour amener le pays à des réformes profondes. Le choix de ce terrain n’est pas fortuit. Le Collège Sebyera est la seule école conventionnée catholique du quartier Mbala, dans la commune de Selembao à Kinshasa. Les élèves et leurs parents étaient mêlés nombreux aux militants de l’Envol pour suivre le message de Sesanga dans une manifestation agrémentée par le Groupe folklorique Manono. Cet oral étant intervenu le jour où la pluie a arrosé depuis la nuit jusqu’au matin la ville de Kinshasa, toutes les conditions ont été réunies pour faire présenter les difficultés auxquelles ce quartier est confronté. Un exercice auquel s’est livré le président fédéral de l’Envol de Selembao.

Tout en saluant la présence de Delly Sesanga dans sa juridiction, il a remercié les cadres et militants ainsi que la population pour l’accueil chaleureux lui réservé. Le fédéral après avoir dressé le tableau sombre de ce coin du pays -manque de routes, l’eau et l’électricité, des érosions partout etc.-, a fait savoir que Delly Sesanga n’y est pas allé les mains vides. Il a apporté son assistance au Collège Sebyera, notamment en finançant les travaux de construction d’un nouveau bâtiment qui abritera deux bureaux pour la direction du Collège, une salle de réunion et des sanitaires. Le geste a réjoui les populations de Selembao.

Le peuple dédouané vis-à-vis des politiciens!

«En organisant ce meeting, nous avons voulu évaluer les 31 ans du processus démocratique dans notre pays depuis l’annonce faite par feu Président Mobutu le 24 avril 1990 et attirer l’attention de notre peuple sur son combat. Ce n’est pas une campagne électorale précoce, c’est dans les attributions reconnues aux partis politiques», a souligné le leader de l’Envol. Puis: «C’est une grande date depuis l’indépendance de notre pays en 1960. Nous devons informer notre base, sensibiliser nos militants et redynamiser notre parti, consolider la démocratie à la base. Aujourd’hui, la démocratie n’est pas encore mise au service de la société. Il faut que la société s’approprie cette démocratie».

Dans cette logique, le président de l’Envol a fait éclater une vérité qui dédouane le peuple RD-congolais vis-à-vis des dirigeants politiques. Il a informé ses partisans que le pays n’a plus de dette envers des familles politiques. Les pionniers de l’indépendance comme Kasa-Vubu et Lumumba en 1960 en passant par Mobutu, ayant régenté le pays durant 32 ans, jusqu’aux Kabila père et fils et aujourd’hui Tshisekedi, toutes les grandes familles politiques ont chacune dirigé la République pendant un moment. Selon lui, en 2023, il sera temps de changer de fusil d’épaule et de goûter à d’autres recettes. Il appelle le peuple d’en décider, insistant sur la responsabilité citoyenne.

«Les pères de l’indépendance ont combattu les colonisateurs, Kasa-Vubu et Lumumba ont pris le pouvoir en 1960. Ils ont été combattu par Mobutu qui a récupéré ce même pouvoir en 1965 et cela durant 32 ans. Les Lumumbistes restés en vie ont combattu Mobutu avec Tshisekedi père. Kabila père et Gizenga ont accédé au pouvoir. Et nous avons combattu les Kabila avec Etienne Tshisekedi. Ainsi dit, depuis l’avènement de Félix Tshisekedi au pouvoir en 2019, le peuple n’a plus de dette envers les politiciens», a souligné Sesanga.

À la question des journalistes, le député national Delly Sesanga s’est dit indigné après l’arrestation des élèves qui manifestaient à Beni pour exiger le retour de la paix dans cette contrée de la RD-Congo. L’élu de Luiza a appelé à leur libération. «Arrêter les enfants en pleine manifestation, les enfants sans armes et qui n’ont posé aucun acte de violence est inacceptable, inhumain même et ne devrait être toléré par aucun camp politique. C’est pourquoi nous exigeons la libération de ces enfants qui n’exigeaient que la paix», a-t-il martelé, s’attirant les applaudissements de la foule réunie au terrain Malula.

En sa qualité de législateur, Sessanga a rappelé qu’il avait proposé une loi, lors de la législature passée, autorisant les enfants à manifester leurs droits. Malheureusement, a-t-il noté, Joseph Kabila n’avait pas voulu que cette loi passe. «Vous savez dans la loi que Joseph Kabila n’avait pas voulu signer, j’avais proposé que les enfants avaient des droits comme les autres citoyens sur un certain nombre de sujets comme celui-là, avoir le droit de manifester. Je crois que c’est un abus d’autorité que pouvoir aller jusqu’à ces extrêmes, ces enfants n’ont commis aucune infraction», a fustigé le cadre du G13. Enfin, concernant l’État de siège décrété au Nord-Kivu et en Ituri par le Chef de l’État, Sesanga a laissé entendre qu’à la place de Félix-Antoine Tshisekedi, il aurait décidé autrement.

«Je crois que la situation sécuritaire dans la partie Est du pays, méritait qu’on prenne des dispositions. Maintenant est-ce que les dispositions qui ont été prises sont les plus adaptées? J’aurais fait quelque chose de différent si j’avais été en position de devoir décider. Je crois que le Président a beaucoup plus d’éléments pour pouvoir aller dans ce sens mais je crois qu’il avait d’autres possibilités que d’aller directement vers l’État de siège», a-t-il dit. Quand Sessanga affirme qu’il s’y serait pris autrement à la place de Tshisekedi, est-ce à dire qu’il est opposé à l’initiative du Président de la République? La question reste posée.

Mais connaissant le pointu intellectuel, il n’aurait pas fait une sortie hasardeuse s’il n’avait pas une proposition concrète. Il doit en avoir une certainement. Il lui reste seulement l’occasion propice pour pouvoir la dévoiler. Ce moment ne saurait pas être loin. Croisons les doigts! Par ce meeting, Sesanga et son Envol ont électrisé tout Selamabao et fait passer leur message. L’homme a été très applaudi par la foule nombreuse ayant pris part à cette manifestation. Sesanga pourra y retourner dans les prochains mois pour inaugurer le bâtiment administratif du Collège Sibyera qu’il a financé.

Octave MUKENDI

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