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RDC: Bras de fer Église-UDPS autour de la Constitution

La tension est montée d’un cran samedi entre l’Église catholique et le parti présidentiel. Lors d’un rassemblement au siège de l’UDPS à Kinshasa, le secrétaire général et président intérimaire, Augustin Kabuya, a publiquement rejeté la déclaration de la CENCO contre toute révision constitutionnelle, avant de jeter le document à terre sous les huées des militants qui l’ont déchiré. «Nous sommes un pays laïc. À quoi sert cette déclaration?», a lancé Kabuya devant la foule, contestant la légitimité des évêques à se prononcer sur la loi fondamentale. Quelques heures plus tôt, la Conférence épiscopale nationale du Congo avait haussé le ton contre les «velléités de révision» de la Constitution du 18 février 2006. «Nous n’y voyons ni la nécessité, ni l’urgence, ni l’opportunité», avait déclaré son porte-parole, Mgr Donatien Nshole, au terme d’un «profond discernement».

La CENCO dénonce une «manœuvre visant à offrir un nouveau cycle de mandat au président en exercice» et qualifie la démarche de «rupture du pacte républicain». L’épiscopat met en garde contre toute atteinte aux matières verrouillées par l’article 220, présenté comme un «rempart contre la dictature et la privatisation de l’État». Y toucher ferait courir au pays des «risques énormes», dont la balkanisation et une nouvelle guerre civile, selon les évêques. La priorité, martèle l’Église, reste «la paix, le bien-être social, l’unité et la cohésion nationale».

Le geste de l’UDPS intervient alors que l’Archevêché de Kinshasa a dénoncé, le même jour dans un communiqué, l’occupation «sans autorisation» de l’espace situé devant ses bureaux par des militants se réclamant de la Force du progrès, mouvement affilié au parti présidentiel. Selon la Chancellerie, les faits se sont produits en fin de matinée. Les occupants y ont tenu des activités et implanté des insignes du parti. Invités à libérer les lieux, ils ont proféré «des injures et des menaces» envers les autorités ecclésiastiques. Le calme a été rétabli «grâce à l’intervention diligente» de la Police nationale, précise l’Archidiocèse, saluant le «professionnalisme» des forces de l’ordre. Il dénonce toutefois une «provocation inacceptable» et une «atteinte grave au droit de propriété, au respect dû aux institutions ecclésiastiques et à la sacralité des lieux de culte».

Rappelant sa récente alerte sur l’insécurité dans les paroisses, la Chancellerie exhorte les autorités à «garantir effectivement la sécurité des personnes et de leurs biens». Elle appelle les fidèles «à la vigilance, au calme et à la prière», réaffirmant son attachement «à la paix, au dialogue et au vivre-ensemble harmonieux».

Dimanche, des incidents similaires ont été signalés à Kananga. Sur son compte X, le journaliste Stanis Bujakera a rapporté que des partisans de l’UDPS avaient «envahi l’archevêché de Kananga et plusieurs paroisses de la ville» pour protester contre la signature, par leur évêque, de la déclaration de la CENCO. Ces faits interviennent un jour après l’épisode de Kinshasa.

À six mois de la fin théorique du second mandat de Félix Tshisekedi, le débat sur la Constitution cristallise l’affrontement entre un pouvoir qui évoque un «toilettage» du texte et une Église catholique décidée à défendre l’article 220 comme un totem républicain.

KISUNGU KAS

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