
En ouverture de l’année pastorale 2026-2027, samedi 27 septembre à Kinshasa, le cardinal Fridolin Ambongo a choisi la fermeté. Pas de détour, une ligne de démarcation. «Nous ne sommes pas des protestants. Nous n’avons rien contre les protestants, mais nous ne sommes pas des protestants. Nous ne sommes pas des kimbanguistes. Nous n’appartenons pas à une Église évangélique. Nous ne sommes pas membres de ce qu’on appelle les Églises de réveil, qui se distinguent par le bruit». Le message est clair, le diagnostic l’est tout autant. À l’issue d’une semaine de réflexion au Centre Nganda avec son presbyterium, l’archevêque de Kinshasa dit avoir constaté qu’«une certaine mentalité s’installe»: celle d’«imiter les pasteurs des sectes» pour capter des fidèles, au risque de brouiller le rite catholique.
Face à «tout ce désordre au nom de Jésus, au nom de Dieu», Ambongo appelle à un retour à l’essentiel. «Nous avons besoin des fidèles catholiques qui connaissent leur foi, qui connaissent leur identité catholique. Qu’ils l’aiment. Qui en vivent et qui sachent en rendre compte avec intelligence, avec douceur, avec courage». L’enjeu, pour lui, n’est pas d’ordre esthétique mais bien théologique.
L’identité catholique est «une manière évangélique de vivre dans le monde, de le servir et de le transformer de l’intérieur». Et elle a une histoire: «L’Église catholique n’est pas comme ça. Elle est d’ailleurs reconnue par toutes ces nouvelles Églises comme la maison mère. Il est impensable, inimaginable que la maison mère se mette à copier des excroissances qui sont venues de l’Église catholique. L’Église qui remonte aux apôtres. L’Église fondée par Jésus: Pierre, tu es Pierre et sur cette pierre, je bâtirai mon Église». Le recadrage est frontal mais sans hostilité. «Nous les aimons bien», précise-t-il, visant protestants et évangéliques. Il ne s’agit pas de rompre, mais de rappeler l’ordre des filiations. Dans une Kinshasa où le marché religieux est saturé et où la surenchère charismatique dicte les audiences du dimanche, le primat refuse la course au bruit.
Cette identité retrouvée sera le cœur du prochain plan pastoral quinquennal 2027-2032 de l’archidiocèse, a-t-il annoncé: former des catholiques qui ne singent pas, mais qui assument leur appartenance à une Église «instituée par le Christ» pour durer «jusqu’à son retour».
Natine K.






