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RDC : Un couvre-feu pour contrer la 2ème vague du Coronavirus

«A dater du même jour, les mesures barrières notamment le port obligatoire des masques, le respect de la distanciation physique, le lavage systématique des mains et la prise de température seront de stricte application», prévient la Présidence de la République

Le Coronavirus continue à décimer de centaines de milliers de personnes à travers la planète. Notre pays, la RD-Congo n’est pas épargnée. La première vague est passée, elle était moins mortelle. Mais face à la 2ème vague de Covid-19, jugée très dangereuse en RD-Congo, étant marquée par une recrudescence des cas de malades, le Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo est entré en danse, prenant une série de mesures drastiques ayant été communiquées, depuis mercredi 16 décembre, par le porte-parole du gouvernement et ministre d’Etat de la Communication et médias, David-Jolino Makelele.

C’est au cours de la réunion multisectorielle que le Chef de l’Etat a personnellement  présidée, mardi 15 décembre 2020 dans la soirée au Palais de la Nation, qu’il a pris des décisions pour lutter contre la propagation de cette pandémie. C’est ainsi qu’il a été décidé, à dater de ce vendredi 18 décembre, un couvre-feu de 21 heures à 5 heures du matin sur toute l’étendue du territoire national.

«A dater du même jour, les mesures barrières notamment le port obligatoire des masques, le respect de la distanciation physique, le lavage systématique des mains et la prise de température seront de stricte application», a rapporté la presse présidentielle. Puis: «A ces mesures s’ajoutent l’interdiction  de marches publiques, des productions artistiques et des kermesses, l’interdiction des cérémonies festives et des réunions de plus de 10 personnes, la poursuite des compétitions sportives à  huis-clos, le transport des dépouilles mortelles directement aux lieux d’inhumation sans aucune autre cérémonie ainsi que le fonctionnement des églises et des débits de boisson avant le début du couvre-feu en respectant les mesures barrières».

Puis encore: «Le respect des mesures barrières dans tous les lieux publics et dans les transports publics et privés, à savoir: les véhicules, avions, bateaux, motos et trains seront de stricte observance».

Des cours suspendus momentanément

Dans cette perspective, au niveau de l’Enseignement supérieur et universitaire, la reprise des cours initialement prévue le mercredi 16 décembre est renvoyée à une date ultérieure tandis qu’au niveau primaire et secondaire, les élèves devraient aller en vacances anticipées dès ce vendredi 18 décembre. Ce n’est pas fini.

Concernant les mouvements migratoires, les tests obligatoires devraient se poursuivre pour les voyageurs internes et ceux en provenance et en partance pour l’étranger. «La circulation pendant le couvre-feu est soumise à une autorisation spéciale de l’autorité provinciale à l’exception des personnes se trouvant dans des situations d’urgence sanitaire», a-t-on prévenu. Puis: «Toutes ces mesures entrent en vigueur dès ce vendredi 18 décembre».

Des réactions musclées

Du coup, la population kinoise s’inquiète. Elle se dit préoccupée par le couvre-feu en ce qui concerne l’heure de son début. «Les mesures prises par les hautes autorités du pays sont salutaires pour nous. Cependant, à Kinshasa, à cause de casse-tête de transport en commun, les autorités pouvaient fixer l’heure du couvre-feu à partir de 23 heures», a indiqué Cabu, vendeur ambulant au Marché central de Kinshasa, habitant dans la commune de N’Djili. Son point de vue est partagé par d’autres Kinois.

«Décréter le couvre-feu à 21 heures, c’est très tôt. Il nous arrive de fois à rentrer à la maison à 23 heures voire minuit par manque de transport», a renchéri Rashidi, un vendeur des souliers au marché Gambela, dans la commune de Kasa-Vubu, habitant dans la commune de la Nsele. Si certains posent le problème de transport difficile pour exiger que l’heure de début du couvre-feu soit repoussée de 21 à 23 heures, les autres ne sont pas de cet avis, soulignant qu’en cas d’urgence et surtout concernant la menace sanitaire où les vies humaines sont en danger, on ne transige pas avec les décisions prises.

«Le Coronavirus tue. Nous devons revoir nos horaires de travail et surtout limiter nos déplacements non nécessaires», s’est exprimée, pour sa part, une femme vendeuse des fruits. Lors de son discours sur l’état de la Nation, lundi 13 décembre dernier, le Président Tshisekedi avait évoqué la question de la deuxième vague de la pandémie de Covid-19 en RD-Congo due aux cas importés et au relâchement des mesures barrières. Ce qui justifie toutes ces mesures drastiques en vue d’épargner la population d’une situation plus dramatique.

«Plusieurs autorités civiles et militaires ont pris part à cette importante réunion multisectorielle  notamment le Comité de riposte à la Covid-19», a-t-on conclu.

Octave MUKENDI

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